Propositions

Nous allons inclure progressivement sur cette page permanente un résumé vulgarisateur des propositions importantes de Maurice Allais. N’hésitez pas à commenter: votre aide sera la bienvenue

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A propos de la bourse et de la spéculation

Pour être fondamentalement utiles, ce qu’ils peuvent être, les marchés boursiers doivent être réformés :

-le financement des opérations boursières par la création de moyens de paiement ex nihilo par le système bancaire, doit être rendu impossible ;

-les marges correspondant aux achats et ventes à terme doivent être considérablement augmentées et elles doivent consister en liquidités ;

-la cotation continue des cours doit être supprimée et remplacée sur chaque place financière par une seule cotation par jour pour chaque valeur ;

-les programmes automatiques d’achat et de vente doivent être supprimés ;

-la spéculation sur les indices et les produits dérivés doit être supprimée.

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A propos de la création monétaire et du système bancaire

Les principes de la réforme radicale du crédit proposée par Maurice Allais.

Maurice Allais énonce — après les avoir démontrés et après avoir répondu aux principales objections — les principes d’une réforme structurelle du système du crédit, du système financier et monétaire international, et du système des échanges commerciaux internationaux, seuls à même, d’interdire la réapparition d’une crise systémique semblable à celle qui menace à présent la prospérité et la liberté dans nos société, voire dans le monde entier.

Son diagnostic peut en effet se résumer ainsi  :

« Le système actuel du crédit, dont l’origine historique a été tout à fait contingente, apparaît comme tout à fait irrationnel, et cela pour huit raisons :

1. la création (ou la destruction) irresponsable de monnaie et de pouvoir d’achat par les décisions des banques et des particuliers

2. le financement d’investissements à long terme par des fonds empruntés à court-terme

3. la confusion de l’épargne et de la monnaie

4. la très grande sensibilité du mécanisme du crédit actuel à la situation conjoncturelle

5. l’instabilité foncière qu’il engendre

6. l’altération des conditions d’une efficacité maximale de l’économie

7. l’altération de la distribution des revenus

8. et enfin l’impossibilité de tout contrôle efficace du système du crédit par l’opinion publique et le Parlement, en raison de son extraordinaire complexité.

Au regard d’une expérience d’au moins deux siècles quant aux désordres de toutes sortes et à la succession sans cesse constatée des périodes d’expansion et de récession, on doit considérer que les deux facteurs majeurs qui les ont considérables amplifiées sinon suscitées, sont :

1. la création de monnaie et de pouvoir d’achat ex nihilo par le mécanisme du crédit.

2. le financement d’investissements à long terme par des fonds empruntés à court-terme.

Il pourrait cependant être aisément remédié à ces deux facteurs par une réforme d’ensemble qui permettrait, sinon de mettre fin aux fluctuations conjoncturelles, tout au moins d’en réduire très considérablement l’ampleur.

Cette réforme doit s’appuyer sur les deux principes tout à fait fondamentaux :

1. La création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul. Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la Banque Centrale doit être rendue impossible, de manière que disparaissent les « faux droits » résultant actuellement de la création monétaire bancaire.

2. Tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts à des termes plus longs, ou tout au moins de même terme.

Les principes de la réforme du système du Crédit que propose Maurice Allais peuvent donc se résumer comme suit  :

Cette double condition implique une modification profonde des structures bancaires et financières reposant sur la dissociation totale des activités bancaires telles qu’elles se constatent aujourd’hui, et leur attribution selon trois catégories d’établissements distincts et indépendants :

1. des banques de dépôt assurant seulement, à l’exclusion de toute opération de prêt, les encaissements et les paiements, et la garde des dépôts de leurs clients, les frais correspondants étant facturés à ces derniers, et les comptes des clients ne pouvant comporter aucun découvert ;

2. des banques de prêt empruntant à des termes donnés et prêtant les fonds empruntés à des termes plus courts, le montant global des prêts ne pouvant excéder le montant global des fonds empruntés.

3. des banques d’affaires empruntant directement auprès du public, ou aux banques de prêt et investissant les fonds empruntés dans les entreprises

Dans son principe, une telle réforme rendrait impossible la création monétaire et de pouvoir d’achat ex nihilo par le système bancaire, ainsi que l’emprunt à court terme pour financer des prêts de terme plus long. Elle ne permettrait que des prêts de maturité plus courte que celle correspondant aux fonds empruntés. Les banques de prêt et les banques d’affaire serviraient d’intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs. Elles seraient soumises à une obligation impérative : emprunter à long terme pour prêter à plus court terme, à l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui.
Une telle organisation du système bancaire et financier permettrait la réalisation simultanée de six conditions tout à fait fondamentales :

1. l’impossibilité de toute création monétaire et de pouvoir d’achat en dehors de celle de la monnaie de base par les autorités monétaires ;

2. la suppression de tout déséquilibre potentiel résultant du financement d’investissements à long terme à partir d’emprunts à court ou à moyen terme ;

3. l’expansion de la masse monétaire globale, constituée uniquement par la monnaie de base, au taux souhaité par les autorités monétaires ;

4. une réduction majeure, sinon totale, de l’amplitude des fluctuations conjoncturelles ;

5. l’attribution à l’État, c’est-à-dire à la collectivité, des gains provenant de la création monétaire, et l’allégement en conséquence des impôts actuels ;

6. un contrôle aisé par l’opinion publique et par le Parlement de la création monétaire et de ses implications.

Cette réforme apparaît comme une condition nécessaire de survie d’une économie décentralisée et de son efficacité.

Maurice Allais, propose donc de confier l’exclusivité de la création monétaire ex nihilo à une Banque Centrale – indépendante constitutionnellement des pouvoirs politiques, son objectif statutaire constitutionnel étant de préserver la stabilité des prix, c’est-à-dire une hausse des prix annuelle qui n’excède pas 2%, le rythme annuel de cette création monétaire étant calé sur le rythme de croissance du PIB réel.

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A propos de la fiscalité

(lire le billet  » Pour une réforme de la fiscalité » )

La fiscalité proposée en remplacement des fiscalités actuelles repose essentiellement sur trois éléments :

1.un impôt sur le capital assis sur les seuls actifs réels.
2.l’appropriation par la seule collectivité des profits provenant de la création de nouveaux moyens de paiement par le mécanisme du crédit.
3.une taxe générale et homogène sur la valeur des biens de consommation.

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Un protectionnisme raisonné et raisonnable

Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l’est de l’Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d’Afrique ou d’Amérique latine.

L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur. Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services.

De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu’il y ait des mouvements qui se généralisent, j’en suis d’accord, mais ce terme de « bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L’essentiel du chômage que nous subissons —tout au moins du chômage tel qu’il s’est présenté jusqu’en 2008 — résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l’échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu’une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l’est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.

Crise et mondialisation sont liées

Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu’une partie des causes du problème. Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point essentiel qu’est la libéralisation nocive des échanges internationaux

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Que Faire ?

Des organisations régionales

Une Communauté économique ne peut être réalisable et viable que sous deux conditions :

– ne pas être trop vaste et appartenir à un même espace géographique ;

– rassembler des pays (ou des peuples) ayant atteint un niveau de développement économique comparable et constitués d’un tissu sociologique et politique semblable.

La libéralisation des échanges ne vaut qu’à l’intérieur d’Organisations régionales, dotées de marchés communs prenant place dans des cadres politiques communs.

Une protection contingentaire de chaque organisation régionale

Chaque organisation régionale doit pouvoir mettre en place une protection raisonnable vis-à-vis de l’extérieur pour éviter les distorsions indues de concurrence et les effets pervers des perturbations extérieures, et pour rendre impossibles des spécialisations in­désirables et inutilement génératrices de déséquilibres et de chômage, tout à fait contraires à la réalisation d’une situation d’efficacité maximale à l’échelle mondiale associée à une répartition internationale des revenus communément acceptable.

Devant la nécessité incontournable de protéger raisonnablement chaque économie régionale contre les perversions d’un libre-échangisme illimité le choix reste en tous cas entre deux solutions :

ou bien une protection tarifaire avec des taxes compensant les effets pervers du libre-échangisme ;

ou bien une protection contingentaire avec des licences d’importation.

Une protection tarifaire ne peut que se heurter à des difficultés majeures. Les avantages indus des productivités élevées ou des bas salaires des pays tiers ou les avantages indus de change diffèrent de pays à pays, et leurs calculs se heurteraient à des difficultés mani­festement insurmontables.

La seule possibilité alternative qui soit à la fois réaliste et tout à fait efficace, ce sont des contingents d’importation. Mais si l’on veut éviter que ces contingents ne créent pour les importateurs des rentes gratuites et discriminatoires qui aboutiraient inéluctablement et rapidement à une corruption généralisée, la seule solution appropriée est de vendre les licences d’importation aux enchères.

Le principe général serait que dans chaque secteur de chaque or­ganisation régionale un pourcentage donné de la consommation communautaire, par exemple 80 % en moyenne, soit assuré par la production communautaire. C’est là en fait, au regard de la situa­tion actuelle, une disposition fondamentalement libérale.

Un tel système n’aurait pas pour effet de s’opposer au libre jeu d’une économie de marchés communautaire, mais au contraire de lui permettre de fonctionner correctement en la mettant à l’abri des effets pervers d’un prétendu ordre mondial qui actuellement n’est en réalité que désordre et anarchie.

Il ne s’agirait en aucune façon d’isoler totalement une Communauté régionale de la concurrence extérieure par un protectionnisme illimité. Il s’agit seulement de mettre fin aux effets désastreux d’un libre-échangisme mondialiste sans limite et d’une libération inconditionnelle des mouvements de capitaux qui en l’absence d’institutions appropriées ne cessent de développer leurs effets pervers.

Il s’agirait de réaliser une situation permettant de protéger, là où il est nécessaire, chaque Communauté régionale tout en sauvegardant les avantages du libre-échange là où ils existent effectivement, et en permettant à la concurrence internationale de s’exercer efficacement.

Un nouvel ordre international

C’est une profonde erreur que de vouloir faire face aux difficultés actuelles en recherchant aujourd’hui des compromis à réaliser dans le cadre des objectifs généraux actuels de l’OMC et des procédures qui leur correspondent.

Ce sont en effet les objectifs actuels de l’OMC, savoir essentiellement un libre-échangisme mondial sans limite et sans considération de ses aspects monétaires, qu’il convient de modifier, et ce sont de plus les moyens techniques à mettre en œuvre qu’il convient de modifier, savoir la généralisation de taxes tarifaires de plus en plus faibles et l’exclusion de protections quantitatives.

L’objectif général de l’institution nouvelle à créer fusionnant dans une même organisation l’OMC et le F.M.L, devrait être la constitution d’organisations économiques régionales, chacune fondée sur un libre-échange intra-communautaire, et chacune se protégeant raisonnablement par des contingents d’importation dans tous les cas où des activités essentielles sont considérées comme devant être maintenues, et dans tous les cas où les perturbations extérieures compromettent un fonctionnement efficace de l’économie communautaire.

La réforme du système monétaire international

Au regard du rôle essentiel joué par les taux de change et de l’impact de leurs distorsions une réforme essentielle sur le plan in­ternational devrait reposer sur l’abandon total du système des taux de change flottants et son remplacement par un système de changes fixes, mais éventuellement révisables.

En fait, l’OMC et le FMI devraient être fusionnés en une même et unique organisation. C’est là une urgente nécessité. Les négocia­tions sur la libéralisation des échanges internationaux et celles sur le fonctionnement du système monétaire international forment en effet un tout indissociable.

La lutte contre une spéculation déstabilisatrice

On déclare tous les jours qu’il n’y a rien à faire devant l’extraordinaire puissance des marchés monétaires mondiaux. Mais ces marchés ne sont manipulés que par de petits groupes de golden boys qui au sein des grandes banques ont pour mission de réaliser des profits en spéculant contre les monnaies avec des moyens de paiement créés ex-nihilo.

Il est tout à fait faux de soutenir qu’on ne peut rien faire contre les mouvements irrésistibles de capitaux qu’ils déclenchent. En réalité, il suffirait que les grandes nations adoptent une législation interdisant aux banques de spéculer pour leur propre compte, ce qui est parfaitement possible, pour que les spéculations massives et déstabilisatrices deviennent impossibles.

 

8 commentaires pour Propositions

  1. CAYOL dit :

    La TSVA est différente de la TVA Sociale en ce qu’elle transfère sur la consommation les charges salariales en plus des charges patronales.
    Il en résulte une augmentation du pouvoir d’achat des salariés, supérieur à l’augmentation TTC des prix. Elle protège mieux. Ci-dessous le résumé de mon projet.

    COMMUNICATION
    LE FINANCEMENT DE LA SECURITE SOCIALE UNIVERSELLE
    A L’USAGE DE TOUT PAYS QUI SOUHAITE LA CONSERVER OU L’INSTAURER.
    TAXE SOCIALE SUR LA VALEUR AJOUTEE ( TSVA )
    D’après l’« Eradication du chômage » ( livre VII du DEFI )
    Par Raoul louis Cayol

    Définition de la TSVA :
    La Taxe Sociale sur la Valeur Ajoutée ( TSVA ) telle que nous la définissons, sert à financer la totalité ( part patronale et part salariale ) des charges de sécurité sociale universelle qu’un pays se donne.
    Avantages de la TSVA : elle permettrait de faire participer au financement social la consommation des importations et celle de la production des machines
    Cercle économique vertueux. Le travail demeurerait le meilleur moyen d’augmenter la consommation de chacun. Par la Taxe Sociale sur la Consommation ( TSVA ), il est possible de dynamiser l’emploi par moins d’importations désormais soumises à la Taxe Sociale et plus d’exportations non taxées ( baisse globale des prix à l’exportation de 16 %1au début, chiffre appelé à baisser sensiblement avec la baisse du chômage. Les importations seraient freinées par la taxe sociale de 42 %2 au début, chiffre appelé à baisser sensiblement avec la baisse du chômage. Il s’ensuivrait une incitation à relocaliser des productions et un avantage évident pour les salariés plus motivés par le salaire effectivement reçu du fait de la suppression des charges salariales, même déduction faite de l’augmentation ( globale ) des prix TTC de 10 % au début seulement de la réforme.
    Les salaries enregistreraient une augmentation du pouvoir d’achat appelé à croître avec la baisse du chômage. Cette baisse du chômage serait facilitée par la réforme qui conduirait à plus de production, une baisse du taux du taux des impôts et charges entraînant une revalorisation immédiate du pouvoir d’achat de 10 % calculé pour un chômage à 12 % comme en 1997 ; 24 % pour un chômage à 6 % ; 26 % pour un chômage à 3 % et de 30 % pour une augmentation du PIB d’¼.
    Les calculs montrent que si pour les retraités et les personnes bénéficiaires des minima sociaux3, l’opération serait blanche au début de la réforme, ces catégories de citoyens verraient vite leur pouvoir d’achat augmenter d’une façon significative au fur et à mesure de la baisse du chômage encouragée par la réforme. Aucune catégorie de population ne serait lésée et chacune verrait clairement les bienfaits de cette réforme sur l’amélioration de l’emploi avec augmentation du PIB et du pouvoir d’achat du fait que l’on produirait plus de biens physiques grâce à plus d’heures travaillées notamment par la baisse du chômage en plus du progrès.
    Il en résulterait une augmentation des exportations et de la consommation des produits intérieurs de préférence à certaines importations qui diminueraient, réduisant d’autant le chômage. Il se produirait une croissance naturelle du PIB avec le cortège habituel de ses bienfaits sur les rentrées fiscales qui seraient plus importantes : une réduction des déficits, une résorption plus rapide de la dette, une baisse relative du taux des impôts et des charges. Toutes ces conséquences heureuses stimuleraient la demande et l’offre en renforçant l’économie et la confiance. On entrerait alors dans un cercle vertueux.
    La réforme du financement social désormais basée sur la consommation, serait de nature à provoquer une croissance incomparablement plus élevée que celle que nous pourrions espérer par tout autre moyen.
    Au départ, le taux de la Taxe Sociale sur la Valeur Ajoutée serait de 42, % avec une augmentation des prix TTC de seulement 10 %, compte tenu de la TVA que nous payons déjà et qui pourrait baisser ( à moins de baisser d’autres impôts ). Si nous parvenions à une baisse du chômage au taux de 6% des actifs, la TSVA diminuerait pour passer à 36 % ; pour une baisse du chômage à 3 %, le taux de la TSVA passerait à 34 % ou même 32 % avec une augmentation du PIB d’¼
    Cette baisse du chômage est imaginable en relocalisant 1/3 de nos importations peu chères ou en exportant davantage ( ou un mélange des deux )1 .
    Les salariés verraient une amélioration immédiate globale de leur niveau de vie de 10 % au minimum au début de la réforme jusqu’à 30 % au terme d’une baisse du chômage à 3 % avec augmentation du PIB de 25 %.
    Cette amélioration du pouvoir d’achat pourrait servir à constituer une retraite par capitalisation en complément de la retraite de base par répartition au taux actuel et dont le financement serait assuré par la consommation. Les salariés pourraient aussi décider d’acheter leur maison d’habitation en utilisant une partie de l’amélioration du revenu réel. Leurs fonds de retraite par capitalisation mutualistes pourraient consentir des prêts dont les intérêts amélioreraient la retraite d’une façon significative. Le bâtiment en profiterait.
    L’appréciation du pouvoir d’achat n’entraînerait aucune dépense de la part des entreprises qui, sur le plan social, seraient devenues aussi compétitives que les entreprises des pays qui ne subissent aucune contrainte sociale. Les charges sociales ne gêneraient plus la compétitivité d’un pays. La protection sociale ne ferait plus peur aux entrepreneurs.
    Dans les conditions optimales de ce modèle économique, les échanges commerciaux internationaux français et européens ( si l’Europe nous suivait dans cette démarche ) ne subiraient plus le handicap actuel du poids social qui nous expose à un dumping social injuste et inutile aux pays à basse protection sociale. Le coût unitaire de production hors taxe deviendrait aussi compétitif que celui des meilleures économies occidentales non européennes continentales ( sans toutefois parvenir à égaler l’Asie et les autres pays à bas salaires comme l’Europe Centrale et de l’Est ( PECO ) qui conserveraient un différentiel salarial important qu’ils doivent réduire par de meilleurs salaires pour leur permettre d’acheter leur propre production afin d’élever leur niveau de vie, de préférence à une politique du « tout pour les exportations » qui les appauvrit de leurs richesses exagérément exportées et détruit l’emploi en Europe Occidentale.
    Un plan d’aide du type plan Marshall doit être proposé par l’Europe ( BCE ) pour que les pays pauvres nous rattrapent par leur niveau du PIB par tête d’habitant. En les faisant bénéficier de toutes nos externalités pour y parvenir, nous nous sauverions nous mêmes.
    Du fait de la réforme, les prélèvements obligatoires de la France qui étaient à plus de 54, % en 1997, baisseraient immédiatement à 42 % avec une hypothèse de chômage à 12 % au début comme en 1997, 36 % avec un chômage revenu à 6 %, 32 % avec un chômage qui aurait baissé à 3 % avec un PIB augmenté de 25 %.
    Les prélèvements obligatoires passeraient de 54 % à 32 % et correspondraient à une révolution avant même tout effort d’économie sur les dépenses.
    Le chiffre des prélèvements obligatoires serait alors assez proche de celui des Etats Unis où, officiellement, ne sont pas prises en compte comme en France certaines dépenses de santé qui ont tout de même lieu par le truchement des assurances privées.
    Les importations inopportunes seraient freinées par la taxe sociale qui, au début, serait de 42 % avec vocation à baisser jusqu’à 34 % et même 32 % si nous parvenions à une augmentation du PIB d’¼ , ce qui correspond à une croissance de 6 % par an pendant 4 ans.
    Désormais, les importations financeraient elles-mêmes le chômage qu’elles créent. Elles indemniseraient l’ensemble des besoins sociaux des travailleurs mis au chômage induit par les importations.
    Le chômage induit par les importations serait payé par le consommateur des importations.
    La pression à la baisse sur les salaires produite par les bas prix importés sans importations, serait moins forte du fait de la disparition totale du dumping social des pays à bas salaires.
    La consommation de la production des machines et des robots financerait le chômage créé par ces machines : le progrès ne s’opposerait plus à l’équilibre souhaitable entre la protection sociale et le progrès.

    La nature du cercle vertueux :
    La TSVA aurait les mêmes conséquences bénéfiques inattendues qu’une dévaluation monétaire sans en avoir aucun des inconvénients ( pas de modification de la parité de la monnaie, pas de préjudice porté à l’encontre des monnaies des autres pays ).

  2. Lelibrets dit :

    Bonjour,

    Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous parler de notre projet qui consiste à organiser des e-conférences via Teamspeak.

    A l’heure actuelle, nous souhaitons lancer une initiative : proposer des conférences sur Internet qui auront lieu tous les dimanches. Notre but étant de faire une plateforme qui permettrait aux personnes de tous horizons de pouvoir se former sur différents thèmes (politique, économie, histoire, littérature etc…), et ce, avec une liberté d’expression que nous n’avons plus réélement dans les medias francais.

    Nous serions ravis que vous puissiez y contribuer en tant que conférencier pour nous parler de Maurice Allais et de ses convictions.

    La conférence doit durer entre 30 et 45 minutes, et elle sera suivie d’une discussion avec l’auditoire via Teamspeak. Elle est ensuite normalement montée et diffusée sur dailymotion.

    Cordialement,
    Le Libre TeamSpeak

    • christian GOMEZ dit :

      Très intéressant. Je suis tout à fait prêt à en discuter.
      La formule e-conférence m’intéresse d’autant plus que je ne vis pas en France ( mais je n’en suis pas très loin…).

      Voyons avec André-jacques comment tout cela pourrait être organisé. Personnellement, je ne suis pas exceptionnellement doué dans les manipulations informatiques.

      Bien à vous

      CG

  3. Stéphane dit :

    Bonjour,

    Je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’il faille abolir le privilège de création monétaire des banques privées. Cependant j’ai quelques questions à propos de votre proposition de réforme de la création monétaire et du système bancaire.

    Vous dites « Tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts à des termes plus longs, ou tout au moins de même terme. »

    je ne comprend pas cette condition.

    Ça veut dire qu’on ne pourrait pas financer des projets qui aient besoin d’emprunts à très long terme? Très peu de personnes épargnent sur de très longues périodes (>15ans). Imaginons un particulier ou une PME qui souhaite emprunter pendant 35ans pour s’acheter de l’immobilier, par exemple. Il n’a pas les compétences pour gérer un financement en renouvelant plusieurs emprunts à court terme. N’est-ce pas justement le métier de la banque de proposer un financement clef en main à une entreprise ou un particulier?

    Il me semble que toute la valeur ajoutée d’une banque est justement ce travail de gestion des dates de maturité et des risques du crédit. Une banque doit pouvoir se faire sa marge sur cette bonne gestion des ressources et des emplois grâce au différentiel des taux d’intérêt qu’elle propose de part et d’autre de sa feuille comptable.

    Vous dites aussi qu’il existe une « confusion de l’épargne et de la monnaie » et de fait; il n’y a pas de réelle différence entre un compte épargne avec une terme de 1 jour renouvelable et un compte courant, du point de vue du client. Il ne faut pas essayer de faire une différence binaire entre les comptes bancaires. Ce serait mal aborder la problématique. C’est un problème continu puisque le taux d’intérêt et la date de maturité d’un compte bancaire sont des paramètres continus. En mathématiques, cette problématique est abordée par le concept de fuzzy logic mais parait difficilement applicable au cas du système bancaire. Ne serait-il pas judicieux de remettre en question la conception même du ratio de réserves obligatoires qui est l’origine de la tentative de distinction à tort entre les comptes courants et les comptes épargne?

    De plus, ne pas prêter l’argent qui dort sur les comptes de dépôt est un manque à gagner énorme en émission de crédit. Une pénurie de crédit est très probable si les banques ne peuvent prêter que ce qui est épargné. Une pénurie de crédit va inévitablement engendrer un ralentissement de l’économie. Par ailleurs, les clients des banques privés qui déposent de l’argent sur des comptes courants ne se soucient guère que leur argent soit prêté ou non, surtout avec la contrepartie que les charges sur leurs comptes de dépôts seront amoindries.

    Merci,
    Stéphane.

  4. christian GOMEZ dit :

    Il y a au moins deux questions dans votre mail.

    1) le problème de la transformation:

    Comme je l’ai déjà précisé, il n’y a pas de lien consubstantiel entre le 100% money et la non-transformation. L’adjonction de ce point a pour objet:
    -de vérouiller complètement le système pour éradiquer les problèmes de liquidité lors des refinancements
    -d’éviter toute création monétaire car plus les ressources sont à maturités courtes, plus leur coefficient de substitutabilité à l’encaisse est élevé.

    La réponse d’Allais à cette objection était que, dans un système complètement sécurisé, il n’y aurait aucun problème pour lever toute l’épargne longue nécessaire d’autant plus que les taux s’ajusteraient pour véritablement représenter le « vrai » prix de l’utilisation d’une ressource longue ( condition d’efficacité maximale que l’on retrouve aussi chez les « Autrichiens »).

    Pour ma part, j’ajouterais qu’il y a un vrai besoin aujourd’hui de trouver des actifs à maturité longue ( d’autant plus que les dettes publiques rencontrent les problèmes que nous connaissons) pour les compagnies d’assurances et les fonds de pension qui vont avoir tendance à se développer et que, par des techniques bien connues (titrisation, covered bonds par exemple) il est possible de sécuriser des placements par des actifs tangibles sur de longues périodes (project financing par exemple).

    Par ailleurs, je vous signale que , dans sa mouture actuelle, le ratio de liquidité concocté dans le cadre de Bâle 3, impose aux banques de couvrir les actifs pondérés par leur degré de liquidité par des ressources stables.

    Dans le cadre de la mise en place du 100% M, il faut considérer:

    1) tous les crédits à l’économie continueront à être « adossés » sur le prêt de la BC
    2) les nouveaux crédits ne représenteront qu’une partie de l’épargne générée annuellement;
    3) Le remplacement du prêt de la BC « libèrera » de l’épargne longue qui viendra tout naturellement s’investir dans des actifs de financement à long terme de l’économie sous des formes diverses (intermédiées ou non).

    Et, il sera toujours possible de partir d’un ratio de liquidité moins rigide qui serait resserré progressivement au cours du temps pour arriver à l’objectif qui, encore une fois, n’est pas une condition du 100%M. Après tout, comme le disait Allais, il n’y a pas de création monétaire si un investissement à 20 ans est financé par 4 « vraies » épargnes à 5 ans. C’est vrai:
    – au risque de liquidité près
    – au risque d’une mauvaise allocation des ressources du fait de la prise en compte d’un taux d’intérêt trop faible dans le calcul de la rentabilité de l’investissement à 20 ans.

    2) le problème de la « mobilisation » des lquidités

    Votre objection montre que vous n’avez pas bien assimilé le 100%M et je vous invite à lire Allais ou votre serviteur (articles).

    Je me contenterai ici de dire que vous ne pouvez pas être à la fois contre la création de monnaie par les banques et soutenir ce que vous écrivez sur la mobilisation des encaisses.

    Si vous avez besoin d’explications après lecture, je me ferais un plaisir de vous les préciser.

    ******************
    Je vous remercie de votre intérêt pour la réforme proposée et je vous demande à vous, comme à tous les lecteurs, de ne pas vous arrêter à des objections qui vous paraissent évidentes alors qu’elles ne le sont pas. La question est trop importante pour être traitée avec légèreté car , je le crois fermement, cette réforme répond totalement aux exigences du présent.

    Christian Gomez

  5. Stéphane dit :

    Ne peut-on pas imaginer utiliser les comptes de dépôts comme source d’émission de crédit, tout en évitant la création monétaire privatisée, en imposant un ratio qui le permette; par exemple : Reserves/Liabilities>0,5 (Les créances n’étant plus acceptées comme réserves) ?

    • christian GOMEZ dit :

      Non, Stéphane… Il va falloir bosser Allais (1975) plus intensément….. (je plaisante).

      Par construction, les dépôts dans les CSM auront une vocation transactionnelle et seront vraiment considérés par leurs détenteurs comme des avoirs totalement liquides et disponibles à vue qu’ils vont prendre en compte dans l’établissement de leurs plans de dépenses sur l’horizon qu’ils se fixent. Ce sera d’autant plus vrai que ces dépôts auront un coût (frais de garde) et qu’ils seront poussés à limiter au maximum leurs encaisses par rapport à leurs dépenses prévues et à placer le maximum possible.

      Si vous les prêter, …houp là…. c’est reparti… deux personnes vont considérer au même moment la même somme comme liquide et disponible et il y a donc une création ex nihilo de pouvoir d’achat…. Vous aurez réinventé la banque dans sa forme la plus originelle ( remontons aux orfévres londoniens ou aux agents de change florentins—- d’où est issu le mot Banque, car ils faisaient leurs opérations assis sur des bancs-banca—)

      Mais pourquoi être obnubilé par le crédit et la création de monnaie? Il n’y a véritablement que l’épargne qui compte . C’est elle qui permet la création de richesse. Une vision trop sommaire du keynésianisme nous conduit à toujours croire qu’il faut stimuler la demande par des moyens artificiels.
      Dans le système proposé, TOUS LES EMPLOIS ACTUELS DES BANQUES SONT FINANCÉS, et les incréments seront financés par l’épargne courante, issue des choix libres des agents économiques.

      Garder en tête que la monnaie continue à croître à un taux constant ( et donc le revenu nominal) et que les bénéfices de son émission reviendront à la collectivité, EXACTEMENT COMME L’EMISSION DE BILLETS DE BANQUE AUJOURD’HUI.

      D’ailleurs, oublier les dépôts et imaginer que la réforme consiste à imposer les billets de banque comme instrument légal de transaction. Au fond, les dépôts couverts à 100% sont des « équivalents-billets de banque » qui ont tous les avantages du dépôt en termes de facilité de paiement à l’ère électronique.

      Faites fonctionner le système dans votre tête et vous verrez que beaucoup d’objections a priori vont vite tomber et que vous allez mieux comprendre la signification du 100%M. Je prépare d’ailleurs une présentation pour simplifier au maximum l’explication du système.

      FRANCHEMENT, CELA VAUT LA PEINE DE FAIRE CET EFFORT DE COMPREHENSION, CAR PLUS LE TEMPS PASSE ET PLUS JE SUIS CONVAINCU QUE LE 100%M EST LA SOLUTION AUX PROBLEMES QUE NOUS RENCONTRONS.

      Bon Weekend à tous

      CG

  6. Stéphane dit :

    Bien sur que j’ai fait une petite simulation sur un tableur avant de vous proposer ce ratio.

    A mes yeux, c’est le fait de prêter la même somme d’argent PLUSIEURS fois qui est à l’origine de la création monétaire privatisée. Ceci est rendu impossible avec un ratio tel que :
    Reserves/Liabilities>0,5 (les créances n’étant pas acceptées comme réserves).

    La monnaie issue de la banque centrale ne pourrait être prêtée qu’une seule fois, quelque soit le compte sur lequel elle se trouve. Le problème de distinction binaire entre les dépôts à terme et les dépôts à vue ne se pose même plus.

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