Ch. Gomez: Pensée monétaire d’Allais et nationalisation de la monnaie

6 novembre 2012

LA PENSÉE MONÉTAIRE DE MAURICE ALLAIS ET LA NATIONALISATION DE LA MONNAIE

Pour comprendre les raisons qui ont poussé Maurice Allais à proposer des réformes fondamentales du fonctionnement de notre système économique et financier, il faut aller au cœur de sa pensée et détailler point par point son développement logique en partant des analyses des faits effectuées par l’auteur et les modèles empiriquement vérifiés qu’il a élaborés et qui lui ont permis d’en tirer toutes les conséquences tant du point de vue de la maitrise des fluctuations conjoncturelles que des conditions d’une politique monétaire optimale pour maximiser la croissance économique.

Vous trouverez ci-joint deux documents :

1)      Le premier est l’étude que j’ai réalisée pour une Conférence tenue en juillet 2012 (Joint Conference AHE, IIPPE, FAPE,  July 5 – 7, 2012, Paris, France) et dans laquelle une session était consacrée à une discussion des réformes proposées par Allais, non seulement la Réforme Monétaire défendue par moi-même, mais aussi la Réforme fiscale présentée par Arnaud Diemer et Jérôme Lallement.

Ce document est téléchargeable sur ce lien 1

2)      Le second, pour les lecteurs pressés  et comme introduction pour les autres, est l’exposé powerpoint que j’ai présenté et qui doit donner une bonne vue des thèmes évoqués.

Ce power point est téléchargeable sur ce lien 2

 Ce deuxième document devrait être plus explicite que le résumé succinct que vous trouverez ci-après.

 Bien entendu,  je vous en souhaite bonne lecture si vous êtes  intéressés et je reste à votre disposition pour en discuter avec vous.

                                                 Christian GOMEZ, 28/10/2012

  PRÉSENTATION GÉNÉRALE

En visant à interdire la création de monnaie par le mécanisme du crédit bancaire et à remettre ce pouvoir et ses bénéfices à la collectivité, la réforme monétaire proposée par Maurice Allais s’inscrit dans une longue tradition qui remonte en fait à Ricardo et aux tenants de la « Currency school ». Certes, à l’instar des économistes de Chicago (comme Henry Simons), de Fisher ou de Friedman, parmi beaucoup d’autres qui pourraient être cités, il ne s’agit pas de rétablir une couverture or des instruments de nature monétaire, contrairement aux « néo-autrichiens » dans la ligne de Mises ou Rothbard. Il s’agit pour Allais, à travers une couverture intégrale des dépôts par de la monnaie de base, de reprendre le contrôle de la monnaie pour trois raisons essentielles :

(1)     Faire en sorte que les mouvements, euphoriques ou dépressifs, de la psychologie collective n’entrainent, par leur impact sur les comportements de demande de monnaie (thésaurisation) ou de crédit, des fluctuations erratiques de l’activité économique, pouvant parfois déboucher sur des crises systémiques, avec leur cortège de désastres matériels et humains ;

(2)     Chercher les moyens de conduire une politique monétaire optimale pour maximiser le revenu réel par tête ou faciliter le fonctionnement du système économique ;

(3)     Mettre fin aux distorsions de revenu provoquées par la création monétaire privée et en redonner tous les bénéfices à la collectivité afin que celle-ci puisse les utiliser, par exemple, à des réductions d’impôts capables de maximiser le dynamisme entrepreneurial.

Au-delà de quelques divergences sur les modalités de mises en œuvre de la réforme, qui conduisent Allais à insister sur la nécessité de bien distinguer les banques de dépôt, (Compagnies de services monétaires) des banques de prêt dans la mise en œuvre de la réforme,  ce qui différencie ce dernier de tous les autres économistes épousant la même ligne de pensée,  c’est le fait que toutes ses propositions sont justifiées par les résultats empiriques, souvent impressionnants, de toutes les recherches qu’il a menées sur 40 ans dans le domaine monétaire : demande et offre de monnaie, interaction des deux comportements dans la génération des mouvements économiques normaux (fluctuations conjoncturelles) et aberrants (dépressions ou hyperinflations), facteurs explicatifs de l’évolution des taux d’intérêt et analyse de son l’impact  sur la structure capitalistique des économies… Dans tous les cas, une ligne directrice  domine sa pensée : la psychologie des agents est essentiellement fonction des expériences passées avec, peut-être, des influences de nature exogène, et  ses variations, aussi faibles soient-elles, sont profondément déstabilisatrices et ce d’autant plus que les banques sont libres de répondre de manière « élastique » aux « humeurs » des agents économiques. D’où la nécessité de mettre tout en œuvre pour que l’environnement institutionnel tende à amortir l’influence des « esprits animaux » plutôt qu’à l’amplifier,  ce que traduisent ses propositions de réforme du système bancaire et des marchés financiers, comme  son insistance à créer une monnaie de compte stable à travers l’indexation.

C’est par tous ces aspects que l’on peut dire que, si Allais est bien inscrit dans une tradition, il la renouvelle par ses apports et dans une certaine mesure il la refonde en lui redonnant sa modernité.

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Maurice Allais: 2 ans déjà…

25 octobre 2012

Cette compilation, que vous pouvez également lire ici sur le blog d’Olivier Berruyer que nous remercions, mérite toute sa place sur le blog « Osons Allais ».
Précision: ce travail a été effectué par Olivier Berruyer … nous nous sommes contenté de le reprendre sur notre blog « Osons Allais »

[2 ans déjà] Le testament de Maurice Allais (1911-2010)

Le 9 octobre 2010, il y a deux ans, disparaissait Maurice Allais à l’âge respectable de 99 ans, qui avait tout annoncé…

C’était le seul prix Nobel d’économie français. Né le 31 mai 1911, il part aux États-Unis dès sa sortie (major X31) de Polytechnique en 1933 pour étudier in situ la Grande Dépression qui a suivi la Crise de 1929. Ironie de l’histoire, il a ainsi pu réaliser une sorte de “jonction” entre les deux Crises majeures du siècle. Son analyse, percutante et dérangeante, n’a malheureusement pas été entendue faute de relais.

Fervent libéral, économiquement comme politiquement, il s’est férocement élevé contre le néo-conservatisme des années 1980, arguant que le libéralisme ne se confondait pas avec une sortie de “toujours mois d’État, toujours plus d’inégalités” – qui est même finalement la définition de l’anarchisme. On se souviendra de sa dénonciation du “libre-échangiste mondialiste, idéologie aussi funeste qu’erronée” et de la “chienlit mondialiste laissez-fairiste”. Il aimait à se définir comme un “libéral socialiste” – définition que j’aime beaucoup à titre personnel.

Il a passé les dernières années de sa vie à promouvoir une autre Europe, bien loin de ce qu’il appelait “l’organisation de Bruxelles”, estimant que la construction européenne avait pervertie avec l’entrée de la Grande-Bretagne puis avec l’élargissement à l’Europe de l’Est.

Lettre aux français : “Contre les tabous indiscutés”

Le 5 décembre 2009, le journal Marianne a publié le testament politique de Maurice Allais, qu’il a souhaité rédiger sous forme d’une Lettre aux Français.

Je vous conseille de le lire, il est assez court et clair. Je le complète par divers autres textes surtout pour les personnes intéressées – même si cela alourdit le billet.

Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial

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Maurice Allais nous a quitté

10 octobre 2010

Le seul Français à avoir reçu le prix Nobel d’économie est décédé samedi à son domicile à l’âge de 99 ans.

Maurice Allais, le seul citoyen français a avoir reçu le prix Nobel d’économie est mort samedi après-midi à son domicile de Saint-Cloud. Il avait 99 ans et demi. Un hommage lui sera rendu ce lundi ou mardi par le gouvernement. Il devrait être enterré aux Invalides samedi 16 octobre. 

Le Figaro

N’est ce pas l’occasion de relire son avant dernier article paru en décembre dernier dans Marianne ?

La veille de son décès, j’avais édité un article  » Allais: la rupture de 1974″, sur http://ecosocietal.wordpress.com/2010/10/09/allais-la-rupture-de-1974/ , condensé de quelques pages de son livre  » La mondialisation, la destruction des e…mplois et de la croissance » dont vous pouvez trouver un résumé complet ici (résumé par Étienne Chouard ) http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=47


Quelques réponses à l’article de J.Peyrelevade

26 septembre 2010

Jean Peyrelevade a émis sur son blog, le 8 septembre 2010, un article intitulé « Critique d’un prix Nobel  »

Ce n’est pas tant son article qui nous intéresse (il est donc inutile de le recopier ici) mais les précisions qu’a pu apporter Christian Gomez   dans ses commentaires , ainsi que quelques autres que nous avons sélectionné car ils éclairent le débat du « 100% monnaie ».

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Par Laurent Pinsolle

17 juillet 2010

Résumé et analyse de  » Maurice Allais, « La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance » » du 25/01/2009 du blog de Laurent Pinsolle (http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/)

1 – Maurice Allais, le libéral qui a pensé le protectionnisme européen

Cela faisait depuis longtemps que je souhaitais lire un livre de notre prix Nobel* d’économie. Mais il m’a été difficile de trouver un de ses livres, y compris sur Internet. Voici donc le résumé d’un de ses ouvrages de référence, dont la matière intellectuelle compense une forme pas toujours attrayante.

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Discours Thierry de Montbrial- (19/10/1993)

15 décembre 2009

Discours prononcé par Thierry de Montbrial le 19 octobre 1993 à l’occasion de la remise de l’épée d’Académicien à Maurice Allais :

Mon cher maître,

La Communauté scientifique connaît surtout les contributions théoriques, considérables, de Maurice Allais. Ce sont évidemment elles que le jury Nobel a couronnées en 1988. Mais on réduirait singulièrement la dimension du personnage et de son oeuvre si l’on n’en retenait que le versant théorique, aussi monumental soit-il. Toute sa vie, et à partir de 1945 en ce qui concerne ses publications, Maurice Allais a voulu s’impliquer intellectuellement et même personnellement – à travers son appartenance à divers mouvements européens et atlantiques – dans les grands débats de son temps.

Pour lui, la connaissance pure doit déboucher sur l’action. L’économie fondamentale n’a aucun sens si elle ne féconde pas l’économie appliquée, celle-ci s’appuyant nécessairement sur celle-là.

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Maurice Allais, prophète maudit

15 décembre 2009

Le Nobel français d’économie, Maurice Allais, prophète maudit
par Pierre-Antoine Delhommais – L’I-Monde, 24-01-09

La crise se cherche ses prophètes. Les économistes qui, au milieu de l’aveuglement général, avaient prédit le pire, c’est-à-dire la réalité économique et financière actuelle. La presse américaine loue la clairvoyance des universitaires Nouriel Roubini (New York) et Robert Shiller (Yale).

Bien avant eux, un économiste français avait prédit l’apocalypse. Maurice Allais.
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