The Chicago Plan Revisited (FMI)

23 septembre 2012

C’est une très longue étude (70 pages) de deux économistes du Fond Monétaire International qui est téléchargeable ici
Je me contente sur ce billet de copier la conclusion, le résumé (abstract) et l’introduction… L’ensemble de l’étude est très favorable au « 100% monnaie », ce n’est hélas pas pour autant que le FMI va préconiser ce basculement

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IMF Working Paper
The Chicago Plan Revisited
Jaromir Benes and Michael Kumhof

© 2012 International Monetary Fund    WP/12/202
IMF Working Paper
Research Department

Working Papers describe research in progress by the author(s) and are published to elicit comments and to further debate.

Abstract
At the height of the Great Depression a number of leading U.S. economists advanced a proposal for monetary reform that became known as the Chicago Plan. It envisaged the separation of the monetary and credit functions of the banking system, by requiring 100% reserve backing for deposits. Irving Fisher (1936) claimed the following advantages for this plan:
(1) Much better control of a major source of business cycle fluctuations, sudden increases and contractions of bank credit and of the supply of bank-created money.
(2) Complete elimination of bank runs.
(3) Dramatic reduction of the (net) public debt.
(4) Dramatic reduction of private debt, as money creation no longer requires simultaneous debt creation.

We study these claims by embedding a comprehensive and carefully calibrated model of the banking system in a DSGE model of the U.S. economy. We find support for all four of Fisher’s claims. Furthermore, output gains approach 10 percent, and steady state inflation can drop to zero without posing problems for the conduct of monetary policy.

Commençons par la conclusion de l’article:

VIII.    Conclusion
This paper revisits the Chicago Plan, a proposal for fundamental monetary reform that was put forward by many leading U.S. economists at the height of the Great Depression. Fisher (1936), in his brilliant summary of the Chicago Plan, claimed that it had four major advantages, ranging from greater macroeconomic stability to much lower debt levels throughout the economy. In this paper we are able to rigorously evaluate his claims, by applying the recommendations of the Chicago Plan to a state-of-the-art monetary DSGE model that contains a fully microfounded and carefully calibrated model of the current U.S. financial system. The critical feature of this model is that the economy’s money supply is created by banks, through debt, rather than being created debt-free by the government.
Our analytical and simulation results fully validate Fisher’s (1936) claims. The Chicago Plan could significantly reduce business cycle volatility caused by rapid changes in banks’ attitudes towards credit risk, it would eliminate bank runs, and it would lead to an instantaneous and large reduction in the levels of both government and private debt. It would accomplish the latter by making government-issued money, which represents equity in the commonwealth rather than debt, the central liquid asset of the economy, while banks concentrate on their strength, the extension of credit to investment projects that require monitoring and risk management expertise. We find that the advantages of the
44 The lending volume of the aforementioned non-bank investment trusts could also be regulated by coun-tercyclical capital adequacy requirements.

Chicago Plan go even beyond those claimed by Fisher. One additional advantage is large steady state output gains due to the removal or reduction of multiple distortions, including interest rate risk spreads, distortionary taxes, and costly monitoring of macroeconomically unnecessary credit risks. Another advantage is the ability to drive steady state inflation to zero in an environment where liquidity traps do not exist, and where monetarism becomes feasible and desirable because the government does in fact control broad monetary aggregates. This ability to generate and live with zero steady state inflation is an important result, because it answers the somewhat confused claim of opponents of an exclusive government monopoly on money issuance, namely that such a monetary system would be highly inflationary. There is nothing in our theoretical framework to support this claim. And as discussed in Section II, there is very little in the monetary history of ancient societies and Western nations to support it either.

Si vous souhaitez lire l’introduction, la voici … pour le reste nous vous laissons télécharger l’article complet

I.    Introduction
The decade following the onset of the Great Depression was a time of great intellectual ferment in economics, as the leading thinkers of the time tried to understand the apparent failures of the existing economic system. This intellectual struggle extended to many domains, Lire le reste de cette entrée »

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Le 100% au Parlement britanique

18 octobre 2011

Du site  » révolution monétaire »

La réforme 100% proposée au parlement britannique

       En Novembre 2010, le parlementaire britannique Douglas Carswell a proposé un projet de loi visant à instaurer un système 100% au Royaume-Uni. La proposition est la même que la notre : séparer les comptes bancaire en deux catégories clairement distinctes, des comptes courant avec des réserves de 100% et des comptes d’investissement. Lors de son discours au parlement, Carswell expose  une argumentation clairement inspirée par l’école autrichienne (Ludwig Von Mises, Hayek…) où il dénonce la création destructrice de crédit sans épargne préalable.
(Rappelons que la réforme 100% est également soutenue par de prestigieux économistes monétaristes (Fisher, Friedman), Keynesiens (Tobin) ou indépendants (Allais))
Ce premier projet de loi dans un pays occidental visant à proposer le système 100% depuis près de 50 ans est évidemment un grand pas dans la lutte visant à mettre en place une monnaie saine libérée de la mainmise des banques. Ce projet de loi a suivi de près les déclarations fracassantes de Mervyn King, le président de la Banque d’Angleterre, faisant du système 100% proposé par Fisher, Friedman, Tobin et Kay une piste de réforme possible pour le système financier.
Traduction du discours de Douglas Carswell du 19 Novembre 2010 :
« Je propose un projet de loi visant à interdire aux banques de prêter l’argent déposé sur compte à vue [compte courant] sans la permission du détenteur du compte […].
«  Qui est le propriétaire de l’argent sur votre compte en banque ? Cette simple question a de sérieuses implications ? Selon un sondage effectué par IPSOS MORI, plus de 70% des britanniques pensent que l’ argent déposé à la banque leur appartient – mais ce n’est pas le cas. L’argent déposé dans un compte en banque est, comme établi par une loi datant de plus de 200 ans, la propriété légale de la banque et non celle du détenteur du compte. Si l’un des honorables membres de ce parlement devait aller déposer 100£ à la banque cet après-midi, […] la banque aurait le droit d’en prêter approximativement 97 livres. Même avec  les nouveaux ratios de capital, la banque pourrait prêter plus de 90% de ce qui a été déposé. En effet, la banque A pourrait prêter 97£ du dépôt initial à une autre banque – la banque B – qui pourrait à son tour prêter  97% de ce montant. Le processus de prêt  continuerait à tourner jusqu’au moment où, comme nous l’avons vu lors du pic du boom du crédit, pour chaque 1£ déposé à la banque, les banques auraient accumulé l’équivalent de plus de 40£ sous une forme ou une autre de crédit.
« Les banques profitent d’une forme de privilège légal qui n’existent pour aucune autre branche de l’économie à ma connaissance. Je suis persuadé que certains des honorables membres de ce parlement, en conformité avec les règles de l’IPSA, ont loué un appartement, et ils n’ont pas besoin de moi, ou plutôt de l’IPSA, pour leur expliquer qu’ils n’ont en général pas le droit de sous-louer cet appartement à une autre personne. Quiconque ferait cela serait probablement éjecté de cet appartement par le propriétaire. Alors pour quelles raisons les banques ont-elles la permission de sous-louer l’argent des gens plusieurs fois sans leur consentement ?
Mon projet de loi donnerait au détenteur du compte la propriété légale de son dépôt, à moins qu’il n’indique  autrement lors de l’ouverture de son compte. En d’autres mots, il y aurait dorénavant deux catégories de comptes bancaires : des dépôts à des fins d’investissement et des dépôts à des fins de stockage.
Les banques auraient le droit de prêter l’argent déposé sur les comptes d’investissement, mais n’auraient pas ce droit avec l’argent déposé sur compte de stockage. […]
Mon projet de loi n’est pas juste une mesure de protection des consommateurs ; il vise à retirer une curieuse loi d’exception pour les banques qui a de sérieuses conséquences pour l’économie dans son ensemble. Précisément parce qu’elles peuvent utiliser le dépôt d’une personne comme un investissement au sein d’une gigantesque pyramide de crédit, les banques peuvent créer de toute pièce du crédit. Dans la plupart des industries, quand la demande augmente, les entreprises produisent plus pour y répondre. Ce privilège légal dont bénéficient les banques empêche ce mécanisme fondamental du marché de fonctionner, avec des conséquences désastreuses.
[…] Si le mécanisme de marché  fonctionnait comme il le faut, une fois que la demande de crédit a commencé à augmenter  dans une économie, les banques augmenteraient le prix du crédit – le taux d’intérêt – afin d’encourager plus d’épargne. Plus de gens épargneraient à mesure que le taux augmenterait. Cela permettrait aux banques d’augmenter leur crédit à mesure que l’épargne augmente. Si les banques fonctionnaient comme n’importe quelle entreprise elles verraient que quand la demande pour ce qu’elles fournissent explose, le mécanisme de variation des prix contraindrait leur capacité à fournir du crédit. Ce n’est, hélas, pas le cas avec notre système financier de réserves fractionnaires. Capables d’utiliser l’argent des gens comme le leur, les banques peuvent continuer à le prêter, sans pour autant augmenter le prix du crédit. Le mécanisme de variation des prix ne joue pas son rôle régulateur dans la croissance du crédit comme il le faudrait. Non-contrainte par le mécanisme de variation des prix, nous obtenons les bulles de crédit. Pour satisfaire une demande insatiable de crédit, les banques produisent cette friandise en grande quantité.   Au départ, le goût du sucre est agréable, mais cette ruée sur les friandises de crédit crée une expansion des capacités de l’économie qui n’est pas adossée à une véritable épargne. Cette expansion n’est pas justifiée par l’acte de personnes de remettre à plus tard leur consommation, ainsi le boom du crédit entraine une surconsommation non-durable.
Certains politiques […] ont dû faire face au choix peu enviable entre laisser l’édifice de ce capitalisme de copinage s’écrouler, avec de calamiteuses conséquences pour le reste d’entre nous, et d’imprimer encore plus d’argent véritable pour consolider tant bien que mal cette pyramide de Ponzi et les gens qui l’ont créée, dévaluant notre monnaie pour garder cette pyramide à flot
Depuis que le Credit Crunch nous a touché, une succession sans fin d’économistes, dont la plupart n’ont pas vue la crise venir, est apparue sur nos écrans de télévision pour en expliquer les causes avec autorité. La plupart tend à voir le manque de crédit comme le problème, plutôt que comme le symptôme. Nous ferions peut-être mieux de commencer à écouter ces économistes qui ont vu que la surabondance de crédit qui a précédé le crash était le problème.  Le Cobden Centre, le Ludwig Von Mises Institute et Huerta de Soto ont tous aperçu que la surproduction de crédit-friandise avant la crise en était la cause. Il est temps de prendre leurs idées sur une monnaie honnête et une finance saine au sérieux.
Les économistes Keynésiens-monétaristes vont peut-être sursauter en horreur à cette idée, parce que l’orthodoxie maintient que sans ce privilège légal des banques, il y aurait pénurie de crédit. Ils disent que l’huile qui fait fonctionner la machine économique serait à sec et que la machine ralentirait sérieusement, mais ce n’est pas le cas. Si mon projet de loi passe, le crédit existerait toujours mais ce serait du crédit provenant d’une épargne. En d’autres mots, ce serait un crédit qui pourrait alimenter une expansion économique en mesure avec  l’épargne et la consommation différée. Ce serait pour utiliser un poncif actuel, une expansion durable.
Les ministres ont parlé de leur louable ambition de rééquilibrer l’économie vers la production et moins vers la consommation. Un premier pas serait de voter une loi qui permet des comptes en banque de stockage  n’autorisant pas les banques de produire en masse du crédit bidon favorisant les consommateurs et les débiteurs et allant contre ceux qui créent de la richesse. Avec une monnaie honnête, au lieu de la nation de consommateurs endettés que nous sommes devenus, les britanniques redeviendraient peut-être les producteurs et les épargnants qu’ils étaient.
Avec un choix entre les nouveaux comptes de stockage et les comptes d’investissement, plus aucun citoyen ne sera sans le savoir en train d’investir dans des instruments invraisemblables que même peu des membres du conseil d’administration semblent comprendre. »
Labels: réserves fractionnaires création monétaire MP bulle du crédit banque Douglas Carswell réforme 100%