C.Gomez: Conférence Neuchâtel

L’EURO A-T-IL TUÉ LA FRANCE?

LA FRANCE, VA-T-ELLE TUER L’EURO ?

 

LA MAISON DE L’EUROPE TRANSJURASSIENNE

NEUCHÂTEL

CONFÉRENCE DU 22 FÉVRIER 2013

 

LE TEXTE PRÉSENTÉ ICI A SERVI DE CANEVAS À LA CONFÉRENCE

IL CONTIENT DONC DE NOMBREUX DÉVELOPPEMENTS ET CHIFFRES

QUI N’ONT PAS ÉTÉ DONNÉS DANS L’EXPOSÉ ORAL

CHRISTIAN GOMEZ*

 L’euro a-t-il tué la France ?  La réponse est non car la France était déjà dans un processus d’affaiblissement qui remonte loin dans le temps, à sa gestion de la cassure de la croissance économique depuis 1974 plus précisément.  L’euro n’a fait que lui permettre de se détériorer plus encore en éteignat pour un temps tous les signaux d’alarme.

La France va-t-elle tuer l’euro ? La France est-elle « The Time Bomb at the Heart of Europe” comme le proclamait l’hebdomadaire “The Economist” (17 Novembre)? Il y a de fortes chances , en effet qu’elle le soit car elle rencontrera trop de difficultés politiques et sociologiques pour prendre à temps les mesures nécessaires.

Telle est la thèse qui est défendue dans cette conférence.

I-                 LA FRANCE, DES PROBLÈMES QUI REMONTENT LOIN DANS LE TEMPS , À LA RUPTURE DE LA CROISSANCE EN 1974.

11- Les éléments du drame français recomposés

·        La construction d’une « forteresse sociale » consolidée au fil des ans (poussée salariale continue, impact catastrophique du SMIC, cotisations sociales, faiblesse du temps de travail, code du travail)

·        Maintien et entretien d’un chômage de masse apparent et caché (traitement social, mise en place de parkings, inflation de « faux emplois » dans les administrations et les associations subventionnées par l’argent public) => chômage structurel de masse réfractaire à tout traitement de type « keynésien »

·        Une gestion laxiste des finances publiques et une grande insouciance par rapport à la montée de la dette publique

·        L’affaiblissement des entreprises et la destruction de l’industrie

   12-  Le drame français dans son interaction avec l’euro

·        Période de préparation 1992-1998 : un processus qui fut une chance et une contrainte

·        Premières années de l’euro : D’abord une drogue douce qui tourne vite au cauchemar

 

II-                LA FRANCE, UNE « TIME BOMB AT THE HEART OF EUROPE » ?

21- La situation de la France aujourd’hui: un constat très sombre

·        Des coûts salariaux unitaires en dérapage et en décalage complets

·        Une industrie étranglée aux performances médiocres et insuffisamment innovatrice

·        Des entreprises surchargées, prises entre le marteau de la concurrence internationale et l’enclume de coûts difficilement compressibles

·        Un état « diplodocus » au poids de plus en plus écrasant, de plus en plus paralysant et de plus en plus déstabilisant

·        Un déficit extérieur considérable avec des capacités de réactions amenuisées compte tenu de l’effondrement de son secteur manufacturier 

·        Des perspectives sociales désastreuses à court, moyen, long terme

     22- Le destin de l’euro est lié à la situation française,  pour le meilleur et ….probablement pour le pire

·        Les gouvernements successifs et, plus largement, le corps social français ont-ils pris la mesure de la situation ?

·        La France a besoin d’une « thérapie de choc » à tous les niveaux

·        Des doutes sur la France et c’est tout l’édifice qui s’écroule….

                                                           *******************

 

                                                                  Conclusion

Nous sommes aujourd’hui très mal partis et il est difficile de trouver des arguments contraires qui pourraient laisser entrevoir quelques raisons d’espérer une amélioration prochaine

Les atouts « naturels » de la France (positionnement géographique, qualification de la main-d’œuvre, infrastructures, coût de l’énergie) ont été gâchés par des politiques démagogiques et sans vision qui ont accumulé les désavantages comparatifs et englué la France dans une médiocrité générale dont elle aura le plus grand mal à se sortir.

Quant à sa démographie, si souvent vantée en désespoir de cause, c’est un argument de journaliste car toutes les projections montrent que la population en âge de travailler n’augmentera pas dans les prochaines années. Il faudrait augmenter significativement le taux d’emploi améliorer le potentiel de croissance et le mode de financement de la Sécurités sociale,  mais pour cela il faudrait mettre en œuvre les réformes drastiques qui ont été esquissées plus haut.

Certes, les marchés apparaissent aujourd’hui plutôt cléments à l’endroit de la France si l’on en croit l’évolution des taux d’intérêt. Mais, là encore, il convient d’être prudent vu l’impact des banques centrales à la fois directement ( les achats de la Banque Nationale Suisse ou de la Banque du Japon par exemple) et de la renationalisation des marchés de capitaux. Vu la situation française, nous ne pouvons qu’approuver P. Artus (Natixis) quand il prédit à son propos : « Les Marchés, un jour ou l’autre vont s’en apercevoir ».

Et alors, la fin de l’euro sera proche. Sera-ce une si mauvaise éventualité?  Un sujet trop vaste et trop complexe pour être abordé maintenant. Rappelons-nous simplement les circonstances de l’abandon du Gold-standard dans l’entre-deux guerres. Il a fallu plus de 10 ans à la plupart des pays pour prendre la décision de le quitter. Et les premiers qui l’ont fait ne se sont portés que mieux en reprenant la maîtrise de leur destin !

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Article au complet: CONFNEUCHATELv2(1)

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A signaler:

PARUTION  D’UN ARTICLE DE CHRISTIAN GOMEZ DANS UN OUVRAGE RÉCENT

LE CAPITALISME FINANCIER OU COMMENT UN SYSTÈME INSTABLE DEVIENT EXPLOSIF

La crise financière et la création de liquidités

 

IN

HEURS ET MALHEURS DU CAPITALISME

Sous la direction d’Arnaud Diemer, Daniela Borodak et Sylvie Dozome

ÉDITIONS OECONOMIA, JANVIER 2013, 247 PAGES

 

La dernière crise dans laquelle nos économies sont engluées depuis 2007 n’est pas que la conséquence de quelques aberrations avérées, comme la titrisation des « subprimes », mais elle est aussi, et surtout, le dernier avatar des crises financières qui ont ponctué l’évolution des économies de marché depuis des décennies et qui renvoient toutes au fonctionnement fautif d’un système bancaire fondé sur le principe des réserves fractionnaires et sur les mécanismes du crédit qui en découlent.

Dans cet article, l’auteur montre que l’on retrouve dans cette crise les grands traits de la crise financière « classique » mais que les conséquences de ceux-ci ont été encore aggravées par l’émergence d’un système bancaire parallèle encore plus dangereux que «l’officiel », des «innovations» financières menées sans aucune réflexion sur leur impact sur les liquidités et une perte de contrôle de ces dernières dans le cadre d’une politique monétaire impuissante et d’un système financier international défaillant.

C’est ainsi que, face à la crise de l’intelligence qu’a connue la science économique au cours des trois dernières décennies, avec le règne sans partage d’idéologies pseudo-scientifiques, l’auteur en appelle à une nouvelle réflexion sur la notion même de liquidités et sur les moyens de leur contrôle et invite à renouer avec cette tradition qui de Ricardo à Allais, en passant par Mises, Hayek, Fisher, Friedman, Tobin et Minsky, n’a eu de cesse que de proposer une réforme en profondeur du système financier pour réguler l’évolution des économies de marché, magnifier l’esprit entrepreneurial du capitalisme et limiter drastiquement les délires spéculatifs, comme ceux que nous avons connus ces dernières années, qui cassent les ressorts mêmes de nos économies et corrompent nos démocraties.

 

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