Rueff, Allais, Artus

29 novembre 2012

Cet article étant, du fait des graphiques, très difficile à transformer dans un format lisible sur le blog, nous avons décidé de le laisser en téléchargement pdf  sur ce lien . (6,7 Mo, c’est assez long…)
Nous nous contentons donc ici d’en copier l’introduction.

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Christian GOMEZ
Note de Travail
Version1/working paper
1
st Draft/24/11/2012

CHÔMAGE ET COÛTS SALARIAUX: LE RETOUR DE LA “LOI DE RUEFF”

Il y a en économie quelques « lois d’airain » que, bien entendu, les « progressistes » de toutes nuances refusent d’admettre et ne songent qu’à subvertir car elles se mettent sans cesse en travers de leurs utopies et sont des forces de rappel irrésistibles contre leurs divagations. Elles ne se manifestent souvent qu’à travers les conséquences catastrophiques que leur violation a entrainées. La faillite des expériences socialistes est là pour nous le rappeler. Et, parmi ces lois, il y en a une qui, depuis quelques années dans les pays occidentaux, beaucoup plus récemment en France, revient sur le devant de la scène de l’actualité : c’est la relation qui établit que les coûts salariaux, quand ils ne sont pas en ligne avec la productivité de l’économie ou trop rigides pour s’adapter aux conditions de l’offre et de la demande de travail, sont la cause principale du chômage et, en particulier, d’une de ses formes les plus pernicieuses et persistantes : le chômage chronique. Un chômage différent du chômage technologique/frictionnel qui est un coût d’adaptation au changement et que traduisent les flux « normaux » interentreprises et intersectoriels de salariés pour une durée de recherche « normale ». Un chômage différent aussi de celui résultant des fluctuations conjoncturelles de la dépense globale (chômage conjoncturel) ou de celui qu’une politique différente en matière de commerce international parviendrait à réguler, voire à combattre (chômage de type « mondialiste » comme l’appelait Maurice Allais). Dans cette brève note, en partant du travail fondateur de Rueff et des recherches de Maurice Allais, il est possible de montrer comment les préoccupations fondamentales qui guidaient ces deux grands économistes s’expriment aujourd’hui à travers les recherches d’un des très rares brillants économistes français cumulant la dextérité théorique  avec une connaissance approfondie des faits: Patrick Artus.


Gaël Giraud et le 100% money

29 novembre 2012

Cet article est extrait de Revue Banque n°752

Rendre le monopole de la création monétaire aux banques centrales ?

Dans les années 1930, un groupe d’économistes de l’université de Chicago, associé à Irving Fisher, a proposé un plan de retour au monopole public de la création de monnaie. Qu’impliquerait aujourd’hui la mise en place de cette règle dite du 100% money ?

Shadow Banking : pas si obscur…

On a pu croire résolue la question du contrôle de la masse monétaire en circulation par la Banque Centrale, mais l’expérience récente montre qu’il n’en est rien. Si, au cours des années 1990, la règle de Friedman (qui portait uniquement sur la croissance d’un agrégat monétaire de référence) a été abandonnée – partiellement seulement du côté européen, complètement du côté américain –, c’est après que les banquiers centraux se sont rendu compte que la manipulation de M0 ne leur permettait plus d’agir efficacement sur l’évolution de M1 et des autres agrégats [1]. Le trop faible impact des politiques de quantitative easing adoptées depuis 2008 et d’abaissement des taux courts à leur plancher (ZIRP [2]) rappelle que la manipulation du taux d’intérêt n’est pas nécessairement plus couronnée de succès que celle de la masse monétaire : tout comme nous avons assisté à un découplage de M1 et de M0, nous observons depuis quelques années un découplage de M1 et du taux de refinancement de la Banque Centrale. C’est dans ce contexte qu’une réflexion autour des réserves fractionnaires des banques de second rang est menée à frais nouveaux, notamment au FMI.

La fin des réserves fractionnaires

Dans les années 1930, en effet, un groupe d’économistes de l’université de Chicago associé à Irving Fisher [3] – l’économiste américain de Yale, qui a certainement proposé l’interprétation la plus convaincante du phénomène de déflation par le désendettement, phénomène que nous observons à l’œuvre aux États-Unis aussi bien qu’en Europe et au Japon – a proposé un plan de retour au monopole public de la création de monnaie. L’idée était de contraindre les établissements financiers à détenir des réserves auprès des banques centrales égales à 100 % de leurs comptes-courants, par opposition au régime de réserves fractionnaires. [cet article étant en copyright, nous ne pouvons le diffuser en entier: vous trouverez la suite sur ce lien]