Edito: EUREKA, EURECA, …EUROCANULAR ?

CRISE DE L’EURO

EUREKA, EURECA, …EUROCANULAR ?

Quelques réflexions sur un « plan miracle » proposé par un cabinet de Consultants

 Roland Berger Consultants (RBC), Cabinet très prestigieux  outre-Rhin, n’était pas bien connu en dehors de l’Allemagne. Maintenant, c’est fait et c’était probablement bien là le but ultime de ce plan élaboré, sans doute à la va-vite  mais avec beaucoup de brio,  pour « sauver » la Grèce et l’euro grâce à une idée lumineuse bien que peu originale : la vente massive d’actifs pour éponger au moins une partie de la dette. Une fois ceci fait, tout deviendrait si simple, vraiment si simple, enfin presque….

Pour bien faire comprendre l’idée, transposons la à la France qui, elle aussi, pourrait faire face à des problèmes comparables avec une dette qui vient d’atteindre 86% de son PIB. Dans le plan RBC, c’est très simple, il faudrait vendre tout ce qui pourrait  être vendu pour atteindre un niveau acceptable de dette qui deviendrait gérable. Donc, imaginons la mise en vente : D’abord, toutes les participations de sociétés cotées (le plus simple), puis SNCF, RFF (Réseau Ferré de France), CEA, les Ports dont Marseille, les Sociétés de Navigation, comme la SNCM, … et, pourquoi pas ?, les Musées (Pompidou, Louvre), …les Châteaux à visiter, …bref tout ce qui serait susceptible de générer des revenus à l’avenir et, donc, qui a une valeur capitalistique ( je ne sais si RBC suggère aussi de vendre les Œuvres d’Art qui, elles, ont une valeur d’usage instantanée et pourraient rapporter gros). Il est facile de se rendre compte immédiatement que, derrière cette liste à la Prévert, chaque actif présente des problèmes spécifiques : (1) il y a des « loss makers » chroniques dont les pertes ne disparaitront du jour au lendemain et qu’il faudra éponger pendant un temps plus ou moins long, (2) des gens qui  sont protégés par des myriades de statuts en « béton » et donc non « ajustables » sur demande, d’autres qui ont des anciennetés qu’il faudra indemniser et (3) des tas de problèmes juridiques à débrouiller…  La liste des actifs grecs à vendre n’est pas donnée par RBC, ni la méthode de calcul de la valeur des actifs et de tous les frais afférents, mais il est facile de présumer que tout ceci a été fait avec une « grosse louche », disons à 50% près ….. avec un objectif bien précis : que ce soit assez « cher » pour se rapprocher de l’objectif requis  de réduction de la dette et sans que cela signifie vendre toute la Grèce « utile » (pour les financiers, bien sûr).

 Passons maintenant à une analyse plus détaillée et plus centrée sur la Grèce en distinguant 5 points.

(1)   Le niveau de départ de la dette : RBC part du niveau actuel de 145% comme si la réalisation de cette vente à une « holding » européenne pouvait se faire demain. Comme nous le montrons en (2), c’est  hautement improbable et il vaut mieux prévoir 1 à 2 ans  minimum, soit un niveau du ratio  Dette/PIB plus proche de 150/160 ( voire plus) que de celui retenu. Bien sûr, en bon financier, il serait toujours possible d’imaginer un « bridge financing » mais vu l’incertitude sur le prix des actifs, cela reviendrait à mutualiser d’emblée la dette grecque au niveau européen contre la promesse d’un collatéral à la valeur bien aléatoire….

(2)    Le prix des actifs dans la transaction : Contrairement au schéma de la « Treuhand »[1], souvent cité, dans lequel  tous les actifs de l’ancienne Allemagne de l’Est avaient été apportés à une valeur nulle puisqu’ils n’appartenaient à personne, il s’agirait ici d’apporter des actifs à une holding détenue par un consortium d’Organismes européens pour un montant de 125 milliards d’euros. Il serait donc nécessaire d’évaluer les actifs et de  déterminer leur prix de transfert. Pour cela, il faudrait : (1) évaluer les postes du bilan (valeur à la casse) (2) évaluer les revenus potentiels de l’entreprise sur un horizon d’au moins  10 ans et toutes les économies, notamment de frais de fonctionnement (personnel en particulier) qu’il faudrait réaliser, (3) estimer toutes les charges de restructuration (indemnisation des employés licenciés par exemple) et régler les problèmes de prise en charge des droits à la retraite. …. Bref, faire un vrai « business plan » dont dépendra en définitif le   prix à payer pour chacun des actifs, sachant que le prix à payer sera : valeur estimée de l’actif- dettes reprises…. Une petite nuance dont il faut tenir compte car, on peut présumer que toutes ces entreprises croulent sous les dettes et que l’on trouvera très souvent, après redressement des  comptes, des valeurs nettes négatives.  JE PRETENDS QUE, MÊME EN ENGAGEANT TOUTES LES BANQUES D’INVESTISSEMENT DE LA   PLANÈTE, IL FAUDRAIT AU MOINS DEUX ANS POUR DÉBROUILLER TOUS LES PROBLÈMES ET TRACER DES PERSPECTIVES CLAIRES POUR CHACUN DES ACTIFS RETENUS.

(3)   A SUPPOSER CES PROBLÈMES RÉSOLUS, EST-CE QUE LE PROBLÈME DE LA DETTE SERAIT EN VOIE DE RÉSOLUTION ?  Certes des économies seraient réalisées sur le paiement des intérêts de la dette et sur les remboursements à effectuer, mais la dette resterait encore aux alentours de 100% (peut-être plus encore compte tenu de tous les nouveaux coûts extériorisés par le processu d’évaluation,  que le budget devrait prendre en charge, comme les régimes de retraite des entreprises publiques « vendus » par exemple) dans un contexte qui resterait très dépressif (voir point 4). Il est plus que probable que les taux d’intérêt sur la dette restante seraient supérieurs au taux de croissance de l’économie et que la dette se remettrait à croitre à nouveau sauf à dégager un excédent primaire significatif, ce qui accroitrait la pression déflationniste dans un contexte marqué par un taux de chômage extrêmement élevé (toute l’économie grecque serait en restructuration, avec dégraissages massifs)

(4)    LE TAUX DE CROISSANCE POSTULÉ APRÈS RESTRUCTURATION (+5% CONTRE -5%/-7% ACTUELLEMENT) EST COMPLÈTEMENT IRRÉALISTE : Il a été en fait calculé pour les besoins de la cause en postulant que (1) les fonds liés à la restructuration de l’appareil productif, qui s’ajouteraient aux fonds d’aide européens, joueraient un rôle de stimulus ; (2) les banques, débarrassées, au moins pour une part, des obligations publiques qu’elles détenaient, se remettraient à prêter, réamorçant ainsi la machine économique. En fait, réfléchissons un peu : (1) le problème de la non-compétitivité de la Grèce n’aurait pas été résolu ; (2) la politique budgétaire resterait globalement déflationniste avec  la poursuite des économies budgétaires et des tentatives de faire mieux rentrer des impôts augmentés ;  (3) les agents économiques, dans une économie en pleine restructuration, auraient plutôt tendance à se retrancher et à augmenter leur « bas le laine » ; (2) l’impact net des fonds de restructuration serait moins important qu’il n’est dit car ils seraient versés une fois (multiplicateur bien éphémère dans le contexte que nous venons de décrire), les fonds européens ayant, eux, un impact conjoncturel nul puisqu’ils existent déjà, (3) De plus, il faudrait que, très rapidement,  des dividendes prennent le chemin de la holding pour que celle-ci puisse rembourser les apporteurs des 125 milliards.

(5)   ….ET BIEN SÛR, TOUT CELA SANS COMPTER LES OBSTACLES SOCIAUX ET LES PROBLÈMES POLITIQUES :   les gens ne vont pas voir tout remis en cause, y compris leurs libertés politiques,  sans réagir dans une Grèce qui deviendrait une espèce de « colonie » d’un consortium européen, avec des « gauleiters » (comme l’actuelle « Troïka », la bien nommée) européens, à dominante allemande, venant « casser les reins » des syndicats grecs. Il faut ici laisser nos lecteurs à leur imagination……

                                                    **************

Au début de la crise, des journaux allemands avaient suggéré à la Grèce de vendre toutes ses îles à des investisseurs internationaux et cela avait fait jaser et …. frémir les grecs. Or, ce plan est un « remake » de la même idée, présenté de manière plus sophistiquée, avec tout le brio et la côté bonimenteur des grands professionnels du « Consulting » et Roland Berger Consulting fait partie de ceux-là. Qu’une telle idée ait pu être prise au sérieux et rapportée dans de grands journaux et dans d’autres grands media comme un possible remède miracle pour résoudre la crise européenne et écraser les « méchants spéculateurs »  montre la profondeur de la désespérance de certains milieux pro-européens mais aussi une  incompétence problématique.  Heureusement, Angela Merkel et Wolfgang Schaüble ne font pas partie de ceux-là et gardent « la tête sur leurs épaules » !

Christian Gomez


[1] Treuhand : organisme chargé au début des années 90  des opérations de restructuration et de privatisation des entreprises industrielles et commerciales d’Allemagne de l’Est.

8 commentaires pour Edito: EUREKA, EURECA, …EUROCANULAR ?

  1. C.E.C. dit :

    Commentaire posté sur Médiapart ( http://blogs.mediapart.fr/blog/andre-jacques-holbecq/021011/euroca-eurocanular
    ___________________________

    02/10/2011, 19:17 par MARIE CAROLINE PORTEU

    Le fait que je sois sans doute la première personne à poster un commentaire ne vous étonnera pas j’imagine .

    Mais là pour le coup , je ne suis pas d’accord avec Monsieur Gomez pour une raison très précise :

    Le dépeçage a dans les faits commencé depuis un an ..

    Vous trouverez ici la liste des services publics Grecs devant être privatisés, avec les échéances et le niveau des participations .

    C’est sur la base de cette liste sur laquelle le gouvernement et les députés ont donné leur accord que le FMI et la Troika ont construit les solutions élaborées le 21 juillet dernier .

    Le dépeçage a donc commencé , mais la tonte également puisque les salariés de OTE viennent d’apprendre (semaine dernière) qu’ils subiraient une baisse de salaire de 11% .

    Je ne parle pas des baisses des retraites , ou des blocages des salaires des fonctionnaires à 60% du montant actuel ..

    Donc le programme a effectivement démarré . Et qui sont les acheteurs?

    Sans doute les mêmes prédateurs que ceux qui ont déjà racheté nos concessions de gaz par exemple : Goldman Sachs ou JP Morgan .. comme ils ont également racheté le gaz Espagnol avec Endesa . Quand au prix, vu la publicité dont ont bénéficié la vente de nos services publics , il est tout sauf sûr que ces ventes se soient faites dans l’intérêt des contribuables !!!!

    Arrêté du 19 janvier 2010 autorisant la société Goldman Sachs International (GSI) à exercer l’activité de fourniture de gaz

    Arrêté du 5 janvier 2010 autorisant la société JP Morgan Markets Limited (JPMML) à exercer l’activité de fourniture de gaz naturel

    Enel’s Endesa Sells Spanish Gas Distribution Assets to Goldman Sachs Funds

    Alors si j’étais Grec , je préférerais quand même un plan qui fait que mes services publics restent en Europe , gérés par des institutions qui à défaut d’être parfaites , devraient théoriquement bénéficier d’un minimum de légitimité démocratique , plutôt que de les voir partir dans les mains de banques étrangères , pour qui l’humain n’est qu’une variable d’ajustement comme une autre . Cette citation était celle d’un Lakshmi Mittal , après son rachat d’Arcelor … Mais il est vrai que Monsieur Mittal a également cette particularité , il a été Vice Président de Goldman Sachs . Et il faudrait demander aux salariés actuels d’Arcelor , menacés par les fermetures des filiales , si ils n’auraient pas préféré être gérés par des Européens plutôt que par des gens formés à l’école Goldman Sachs , comme on pourra le demander dans quelques années aux salariés français ou espagnols des concessions de distribution de notre gaz naturel .

    Les allemands ont des défauts , mais ils ont toujours essayé de protéger leurs industries et leurs emplois industriels . Par exemple , en faisant aussi rentrer les régions dans le capital de leurs groupes .. Ce qui a provoqué des gags financiers comme ce que l’on a appelé le Corner Wolskwagen !!!! le jour ou les hedge funds avaient vendu à découvert les titres de WW alors que Porsche était en train de racheter la société et que les landers contrôlaient le reste du capital .

    Si en plus les Allemands avaient la bonne idée de demander au même moment une modification de l’article 123 du Traité de Lisbonne , ce serait en plus une solution qui serait applicable non seulement à la Grèce , mais à tous les Etats , dont la France qui sont en train de vendre leurs services publics en catimini aux prédateurs financiers outre Atlantique , ceux là n’ayant rien d’européen à ma connaissance .

    Et j’ajouterais que cela pourrait même être la première pierre angulaire de services publics européens , dans le domaine des développements durables ..

    Mais on a le droit de rêver aussi ^^^^

    Par contre , je suis d’accord avec l’un de vos commentaires sur le Billet Contre la crise créer de la monnaie :

    http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/170911/contre-la-crise-creer-de-la-monnaie?onglet=commentaires

    Je précise que je considère qu’il est trop tard : même des monétisation des dettes par la BCE ne régleront pas les problèmes de disparités diverses dans cette zone monétaire qui n’a aucune caratéristique lui permettant de fonctionner

    Et je pense comme vous que d’une part les disparités sont insurmontables et que d’autre part , il est trop tard ..

    Liste des services publics déjà approuvés par le Gouvernement Grec :

    – OTE, numéro un des Telecoms en Grèce. L’Etat détient16% et envisage de céder l’intégralité de sa participation avant la fin juin.

    – Banque Postale. Les 34% du capital pourraient être cédés avant le 31 décembre.

    – Les ports du Pirée et de Salonique L’Etat détient encore 75% des deux principales infrastructures portuaires du pays. Il n’exclut pas de s’en défaire totalement d’ici la fin de l’année.

    – Société d’eau de Salonique. L’objectif affiché du gouvernement est de céder jusqu’à 40% des 74% du capital q’uil détient.

    – EAS. Cette entreprise spécialisée dans les systèmes de défense est détenue à 100% par l’Etat. L’objectif est de céder jusqu’à 66% du capital au 4e trimestre.

    – Loterie nationale. La part du capital détenu par l’Etat doit passer de 100% à 51% voire 33% avant la fin de l’année.

    – Le groupe gazier DEPA. Aujourd’hui controlé à 65%, cette entreprise ne le sera plus qu’à 32% d’ici le 31 décembre.

    – Trainose. La compagnie nationale des chemins de fer pourrait être totalement privatisée. L’Etat prévoit en effet de céder de 49 à 100% du capital au 4e trimestre.

    – Larco. L’Etat entend céder les 55% qu’il détient encore dans le groupe minier avant la fin de l’année.

    – Odie, l’ambition du gouvernement est de céder dans le courant du 4èeme trimestre 100% du capital de cet équivalent du PMU en France.

    – Casino Mont Parnes L’Etat prévoit de céder les 49% qu’il détient encore avant le 31 décembre.

    – Les licences de téléphonie mobile seront cédées à 100% au quatrième trimestre.

    – Hellinikon. Cet ancien aéroport détenu à 100% devrait être totalement privé d’ici la fin de l’année.

    Le programme pour 2012 et 2013 (entre parenthèse, le capital détenu, la part que le gouvernement prévoit de céder et la date prévue pour cette privatisation)

    – Aéroport International d’Athènes (55% – jusqu’à 21% – 1e trim 2012)

    – Autoroute Egnatia Odos (100% – jusqu’à 100% – 1e trim 2012)

    – Poste Hellénique (90% – jusqu’à 40% – 1e trim 2012)

    – Opap Paris sportifs (34% – jusqu’à 34% – 1e trim 2012)

    – Ports régionaux (77-100% – 43 à 66% – 2012)

    – Société d’eau Athènes (61% – jusqu’à 27% – 3e trim 2012)

    – EVO, défense (51% – jusqu’à 16% – 2e trim 2012)

    – Caisse des dépots&consignes(100% – 2012)

    – DEI Electricité de Grèce (51% – jusqu’à 17% – 4e trim 2012)

    – Sie autoroute Hellene 1 (100% – 2012)

    – Aéroports régionaux 1 (100% – jusqu’à 49% – 2012)

    – Hellinikon, IIe tranche ( 2012)

    – Participations bancaires (jusqu’à 100% – 2013)

    – Banque agricole ATE (76% – jusqu’à 25% – 2013)

    • christian GOMEZ dit :

      Merci Marie Caroline pour ces commentaires.
      C’est le genre de discussions que j’aimerais voir fleurir sur ce blog à la lumière si possible des enseignements d’Allais: présentation des faits, interprétation à partir d’une analyse aussi rigoureuse que possible, propositions pour l’action.

      Dans le cas qui nous occupe, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de divergences entre nous. J’avais réagi à la publication de ce plan car il était présenté par la presse française comme une panacée, une arme secrète qui allait résoudre le problème grec et briser la « spéculation »… Alors qu’il n’était pour moi qu’une illusion sans intérêt.Ceci dit, je savais qu’il y avait €50 mds de privatisations dans le « Pipe » (plus de 125 dans le « Plan » Berger) et que l’UE pressait pour qu’elles soient réalisées le plus vite possible ( ce qui me parait aussi assez illusoire compte de la situation et des problèmes à régler).

      Pour ma part, je ne vois pas de solutions au problème grec sans passer par l’ajustement des niveaux de vie à la situation réelle du pays et ce, dans tous les cas de figures, ce qui va impliquer une chute trés significative des revenus présents et futurs (retraites) qui est déjà en cours mais qui va s’accentuer:
      – le déficit public est une chose
      -le déficit extérieur en est une autre et il n’est pas le moins grave même si on en parle moins.
      Les grecs ont été complétement « enchantés » ( j’emploie ce terme à dessein et dans son sens magique) par une classe politique corrompue qui a distribué sans compter ses prébendes à ses clients et vendu de l’illusion aux électeurs en mettant en place une très classique chaine de Ponzi…. C’est terminé.

      Il n’y a à vrai dire pas beaucoup de solutions qui ne soient pas dramatiques pour le peuple grec (dans l’euro ou hors euro).Je ne peux les détailler ici.

      Je décèle dans votre mail une grande rancoeur contre la « finance internationale ». Je ne vais certainement pas défendre Glodman Sachs et consorts…. Mais, honnêtement, je pense que vous vous trompez de cible. La cause des malheurs grecs , ce sont les grecs eux-mêmes: leurs politiciens qui les ont bernés et les électeurs eux-mêmes qui se sont laissé berner par les premiers qui voulaient, comme d’autres ailleurs, « réenchanter le rêve »…. en allant emprunter les sous aux « affreux » capitalistes.

      La crise grecque pose un problème grave: le fonctionnement de nos systèmes démocratiques qui laissent libres cours à la démagogie la plus éhontée et sacrifient d’une manière systèmatique le futur au présent.

      Dans ce brouillard, un rayon de lumière cependant: l’exemple irlandais. J’y reviendrai dans une rubrique prochaine.

      Christian GOMEZ

  2. Shadok dit :

    Bonjour Christian
    André Jacques m’a prévenu de votre réponse .
    J’y reviendrais aussi j’ai peu de temps en ce moment .

    Je pense néanmoins que le week end est décisif à cause de ce qui se passe en Grèce . Et au delà de l’Irlande pour alimenter votre réflexion et nos échanges , je voudrais vous faire lire deux informations qui me paraissent essentielles dans les périodes troublées que nous vivons .

    « L’Islande, sur la voie d’un désentettement rapide, demande des comptes à l’Union européenne
    D’après un récent rapport du Fonds Monétaire International (FMI), l’Islande est sur la voie d’un désendettement rapide.

    Plus encore : elle demande des comptes : le président islandais Olafur Ragnar Grimsson a demandé dimanche à l’Union européenne de mener une enquête pour déterminer comment elle a pu permettre à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas d’exercer une telle pression sur l’Islande pour tenter de transférer sur le contribuable islandais les sommes dues par la banque Icesave en faillite.

    Nous applaudirons sans modération le gouvernement islandais pour sa fermeté et son patriotisme, et nous ferons observer que le remboursement de dettes privées par le contribuable, cela s’appelle du détournement de fonds publics et, là où la justice fonctionne normalement, cela mérite la paille humide des cachots.

    « Selon le Prix Nobel d’économie Paul Krugman, l’Islande s’est relevée plus vite parce qu’elle n’a jamais adopté l’euro. “Elle a fortement dévalué sa monnaie et imposé un contrôle des capitaux. Il s’est alors passé quelque chose d’étrange : bien qu’elle ait traversé la pire crise financière de l’Histoire, elle a été bien moins lourdement sanctionnée que d’autres nations.” Deux ans après le début de la crise, la couronne islandaise a perdu 30 %, les fonderies d’aluminium tournent à plein régime pour satisfaire la demande étrangère, tandis que les produits locaux ont remplacé les légumes exotiques et autres tomates de serre importés. »

    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/l-islande-sur-la-voie-d-un-100081

    Et également ce que vient de décider la Hongrie pour ses banques, décision qui met visiblement les eurocrates en émoi :

    Elle a en effet décider de faire plier ses banques et de leur faire supporter les pertes liées aux contrats exotiques qu’elles ont proposé aux Hongrois .

    Si nos politiques avaient eu ce courage , nous n’en serions pas au point ou nous en sommes arrivés avec dexia

    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-hongrie-veut-faire-plier-les-102468

  3. christian GOMEZ dit :

    Ces « petits » pays nous donnent des leçons….

    Si je ne me trompe pas, les britanniques ont fait pression sur l’Islande pour que celle-ci (les islandais) prenne en charge les dépôts des citoyens de sa Gracieuse M qui avaient trouver malin de prêter aux banques islandaies à des taux défiant toute concurrence (et pour cause…). Cette demande est proprement scandaleuse car les déposants devaient savoir les risques qu’ils prenaient en prêtant à des taux (très) au dessus des taux de marché.

    ceci dit, l’Islande comme l’Irlande sont aussi des exemples en matière de redressement économique:
    – L’Islande qui grâce à la maitrise de sa monnaie, a pu faire une politique de relance de ses exportations par la dévaluation tout en comprimant la demande interne, ce qui lui a permis de redresser drastiquement ses comptes extérieurs (QUI EST L’ESSENTIEL, COMME ON L’OUBLIE TROP SOUVENT)
    -L’Irlande qui m’épate par le stoïcisme de ses habitants (magnifiques irlandais!): baisse de 20% des coûts salariaux (dévaluation interne), redressement des comptes extérieurs, maintien des avantages aux entreprises et donc relance des investissements… (je voulais faire une chronique sur l’hirondelle irlandaise, mais je n’en ai pas eu encore le temps)

    C’est tellement plus rassurant de voir ces exemples plutôt que ces « pauvres  » grecs qui défilent « contre l’austérité » (soutenus par les journaux gauchisants français…) comme s’il y avait le choix!

    Quant à l’exemple hongrois, je le soutiens à 100%.
    En tant qu’ancien banquier d’investissement, je considère que le comportement des banques qui ont prêté en francs suisses ou en yens aux ménages hongrois (c’est le cas dans beaucoup de pays) EST CRIMINEL et que les banques doivent indemniser leurs clients, les dirigeants étant virés sans aucune indemnité, à défaut de poursuites pénales qui me paraissent difficiles à engager. IL EXISTE DANS NOTRE METIER UN DEVOIR DE CONSEIL ET UNE DISTINCTION CLAIRE A FAIRE ENTRE LES CLIENTS PROFESSIONNELS ET LES AUTRES. On ne vend pas n’importe quoi à n’importe qui.

    Plus proche de nous, je considère que DEXIA et toutes les banques qui ont fait des prêts toxiques aux collectivités locales DOIVENT PRENDRE LES PERTES. C’est inadmissible de se comporter de la sorte pour , simplement, faire des marges plus élevées et « s’engouffrer » de plus gros bonus.

    CG

  4. Shadok dit :

    Juste une petite réflexion sur votre dernier commentaire .

    Entre les Grecs et les Islandais , il y a une énorme différence :
    Les Islandais ont eu le loisir et leurs dirigeants ont eu l’honneteté de les laisser choisir leur propre destin .
    Les Grecs n’ont pas eu ce choix : tout leur a été imposé .

    Je ne fais pas partie de ceux qui passent leur vie à dire que le problème Grec ne tient qu’à eux .

    Tout d’abord , remontons à cet invraisemblable montage truqué qui leur a permis de rentrer dans l’Euro .. montage soi disant ignoré de Monsieur Draghi , qui a pourtant réalisé le même en 1996 en Italie alors qu’il était Directeur du Trésor .
    http://www.melvineenaction.com/Europe/Draghi-Un-Bankster-a-la-tete-dune-Bad-Banque.html

    Ou sont les sanctions ?

    Puis il y eut les jeux Olympiques .. Le coût des infrastructures sur lesquelles il faut une longue période d’amortissement , période qui n’a pas eu vraiment le temps de voir le jour . Vous remarquerez d’ailleurs que quelques unes de ces infrastructures font partie du programme de privatisation énoncé plus haut .

    Il y a eu également ces invraisemblables commandes d’armes faites en particulier auprès de sociétés Françaises . Commandes qui trouvent certainement leurs racines dans une pression géopolitique extérieure , l’urgence du renforcement de l’armement grec étant tout sauf évidente, au vu justement de leur intégration européenne .. Par contre , les Turcs commençaient à ce moment précis à faire la sourde oreille aux demandes américaines concernant le développement de leurs bases de l’Otan .

    Enfin , la Grèce est un pays de production agricole et de tourisme .
    En cela , la force de l’euro , j’ai envie de dire la stupide force de l’euro , les a achevés .

    Alors oui quelque part , pendant une très courte période , entre 2005 et 2008 , le niveau de vie de la population grecque s’est élevé. Mais par quels sacrifices insensés leur demande-t-on d’en payer la facture aujourd’hui , sachant que l’équation est quoiqu’il arrive insoluble, puisque les intérêts financiers représentent désormais plus de 70% de la charge budgétaire annuelle .

    Et malgré leurs demandes répétées de référendum , leur gouvernement est totalement autiste .

    A part la rue , que leur reste-t-il comme autre solution ??

    Pour la réaction britannique au Non islandais , non vous ne vous trompez pas . Le référendum islandais a provoqué un véritable émoi à la City qui a eu très peur que d’autres pays ne soient contaminés par cette réaction !!! .

    Et enfin , pour Dexia , le problème est que compte tenu de sa structure de capital , même si elle prenait ses pertes , ce serait à l’Etat de les payer , donc au contribuable .

    Encore une fois ou sont les sanctions contre les dirigeants et les responsables ? Non pas pour chercher des boucs émissaires , mais juste à titre d’exemplarité , pour montrer que le « devoir de conseil » existe et que les dirigeants se doivent de montrer l’exemple .

    Sans parler de l’invraisemblable rapport du premier semestre 2011 , publié le 4 Aout et qui, suivant les termes mêmes des réglements AMF, aurait dû immédiatement générer une enquête . Rappelons quand même que pour des faits à peu près similaires , les dirigeants d’Enron ont été condamnés à plusieurs années d’emprisonnement .

    Il ressort de tout cela que ce qui est en train de disparaitre de nos démocraties , c’est aussi la notion d’Etat de Droit .. et quelque part, je dirais que cette disparition représente le vrai danger , car aucune démocratie ne saurait vivre sans un Etat de Droit .. qui fait que l’égalité du citoyen est d’abord celle qui existe devant les lois en vigueur qui s’appliquent théoriquement à tous . Aujourd’hui , on a l’impression que les financiers sont au dessus des lois qui nous gouvernent et sont toujours exonérés de toute responsabilité .

    D’ailleurs , avec le nouveau projet insensé de MES , il semblerait même que cette exonération totale et ces immunités deviennent statutaires !!!! …

    Nos démocraties sont en train de mourir , mais elles meurent surtout du fait de la prise de pouvoir d’une junte financière pour qui le terme « intérêt général » n’a aucune signification .

  5. christian GOMEZ dit :

    Il y a beaucoup de points que je partage avec vous sur (1) l’Islande (2) le fait que les maquillages de la comptabilité grecque étaient parfaitement connus par les plus hautes autorités de l’UE mais mis sous le tapis au nom des grands sentiments (« La Grèce, mère de la Démocratie », dont l’adhésion était un symbole) (3) le problème DEXIA et la responsabilité des dirigeants qu’il faudrait pouvoir sanctionner pénalement ( ma remarque incidente, peut-être maladroite, ne soulignait que cette impossibilité de fait actuellement)

    Sur les problèmes des grecs, il s’agit d’abord d’une responsabilité grecque renforcée par l’irresponsabilité générale régnant au sein de l’UE et d’une tolérance générale pour le déficit et la dette publics.. Souvenons nous des coups de menton de nos dirigeants (UMP et PS) pour proclamer haut et fort que le pacte de stabilité était caduc et combien d’économistes (surtout d’obédience socialiste), qui la « ramènent » aujourd’hui, nous disaient que tous ces déficits et niveaux de dette n’étaient pas un problème pour un état. Il a des coups de pieds….. qui se perdent!
    Quand je parle des grecs , je parle bien sûr de leur système politico-syndical dont les bases ont été posées par le père du présent papaandréou, Andreas. Le fait est qu’un laxisme généralisé s’est installé pour récolter les votes et conserver ses clientèles. La Compagnie de Chemins de Fer est emblématique de ce point de vue.
    Maintenant, le mal est fait. Le vin est tiré , il faut le boire: La Grèce doit coûte que coûte restaurer ses « grands équilibres » comme on disait jadis sous De gaulle et cela signifie une baisse du niveau de vie moyen de l’ordre probablement de 25 à 30%. C’est atroce pour le pauvre grec moyen. En temps normal (hors euro), une dévaluation aurait pu aider à soutenir la croissance mais , dans un pays comme la Grèce, aucun miracle n’est à attendre même de ce côté.
    Vous dites que les grecs n’ont plus qu’à descendre dans la rue et se mettre en grève. Peut-être mais dans un but purement exutoire, car cela ne changera strictement rien à la nature des choses et à la nécessité d’arrêter l’hémorragie budgétaire et de rétablir la balance des paiements dans les plus brefs délais.

    Quand on se laisse aller au laxisme et à la facilité, il ne faut pas s’étonner des conséquences:
    – perte de son indépendance
    – appauvrissement général inévitable
    En dépit de toutes les rodomontades, la France , qui est en déficit depuis la fin de l’époque raymond Barre, est largement engagée sur cette pente. Mais, c’est une autre question sur laquelle nous reviendrons.

  6. Shadok dit :

    Puis-je me permettre de vous faire partager ici mon dernier billet de blog Mediapart .

    Au nom du droit des peuples à disposer d’eux mêmes

    Le droit des peuples à disposer d’eux mêmes est une notion inscrite dans la Charte des Nations Unies de 1945 .

    Nous nous sommes mêmes permis d’intervenir dans de nombreux pays pour faire respecter cette notion .

    Au nom de ce droit des peuples , les Suédois et les Danois ont refusé de rejoindre la mascarade Euro , et leur situation actuelle montre qu’ils ont eu tout à fait raison de refuser cette monnaie démente et chimérique , mal montée qui nous ruine .

    Encore plus insensé : on vient de refuser au peuple grec ce droit de disposer de lui même .. au nom de contraintes technocratiques en total déni de tout fondement démocratique .

    Un nouveau plan d’austérité grand guignolesque qui ne servira à rien et ne résoudra rien , si ce n’est une nouvelle réduction du pouvoir d’achat des ménages et une aggravation de la récession française vient de nous être anoncé hier .. par un gouvernement dont les réactions totalement incohérentes et contradictoires montre la désorientation et l’incapacité à conduire le bateau France dans la tourmente planétaire actuelle , causée par l’irresponsabilité criminelle d’une caste financière qui ne cherche plus qu’à se sauver elle même à n’importe quel prix.

    Alors au nom du Droit des Peuples à disposer d’eux mêmes , c’est au niveau Européen que ces référendums doivent avoir lieu , dans chaque pays de la zone Euro .

    Et à l’heure ou les Chinois se permettent de faire des déclarations assez surréalistes sur notre indolence et notre paresse , en partie dues à nos modèles sociaux … je leur rappellerais que la Suède n’est pas dans l’euro , et que justement , c’est son modèle social qui lui permet de surmonter cette crise de manière beaucoup plus efficace que la plupart des pays de la zone euro .

    « Je pense que les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l’indolence, plutôt qu’à travailler dur. Le système d’incitation est complètement détraqué », a poursuivi M. Jin. « Pourquoi est-ce que les habitants de certains pays de l’eurozone devraient travailler jusqu’à 65 ans ou plus alors que dans d’autres pays, ils prennent aisément leur retraite à 55 ans et se prélassent sur la plage ? »

    Et pour Noel , j’achèterais à mes enfants et à mes petits enfants des jouets fabriqués en Suède ..

    Le référendum français de 2005 a été bafoué . Il est temps de revenir aux fondements démocratiques et à cette notion essentielle : le droit des peuples à disposer d’eux mêmes . Non ce droit n’a pas été cédé aux technocrates de Bruxelles . Il nous appartient encore et nous avons le droit de décider nous mêmes de ce que doivent être nos modèles sociaux , quoique puisse en penser Monsieur Jin et quoique puissent en penser les membres de l’Eurogroupe .

    Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes fut aussi consacré par l’article premier du Pacte sur les droits civils et politiques du16 décembre 1966 : « Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. »

  7. Shadok dit :

    Malheureusement , vous aviez raison

    Ignoble ..
    décidé par des technocrates non élus ..

    Le Fonds de Défaisance Européen

    Par Thomas, le Cimbre, le 9 novembre 2011

    Il n’y a pas de crise de l’euro et les « bons » critères (libéraux) de Maastricht prévoyaient que les dettes cumulées des États adhérents de l’Euro-Zone ne dépassent pas 60% du PIB, ce qui était respecté jusqu’en 2008, avant que les budgets nationaux ne servent directement à renflouer les banques et les assurances en faillite.

    Le Conseil allemand des experts économiques vient de donner à la chancelière allemande Angela Merkel son rapport annuel intitulé « Prendre conscience des responsabilités pour l’Europe » dans lequel figure la proposition de la création au niveau européen d’un Fonds de défaisance dans lequel sont délocalisées toutes les dettes des pays adhérents de l’Euro-Zone qui se situent au-dessus du seuil des 60% des critères de Maastricht.

    Il s’agit de collectiviser partiellement les dettes publiques, dans lesquelles ont été transférées les dettes privées des banques depuis 2008.

    Angela Merkel rejette pour l’instant cette proposition « qui nécessiterait de modifier les Traités européens ».

    Ce Fonds, qui n’est rien d’autre qu’une Europe Bad Bank, rachèterait toutes les dettes des États de l’Euro-Zone et les rembourserait dans une période allant de 20 à 25 ans. Ce serait, comme pour le FESF – Fonds Européen de Solidarité Financière, une manière de monétiser les dettes des États souverains.

    Pour permettre au Fonds de Défaisance Européen le rachat des dettes nationales, les États adhérents de la Zone-Euro devraient lui remettre leurs réserves d’or et de devises, qui sont la propriété des peuples qui repose dans leurs banques centrales nationales.

    Pour compléter sa force de feu, ce Fonds européen de défaisance serait aussi alimenté par un impôt spécial européen et une augmentation obligatoire de la TVA et de l’impôt sur le revenu des personnes physiques.

    Le Fonds de Défaisance Européen émettrait, lui aussi comme le FESF, des Obligations Européennes, des Euro-Bons. Mais comme pour le FESF, il faudrait encore être sûr que les marchés financiers internationaux veuillent bien acheter de la titrisation de dette européenne issue officiellement de la pourriture rachetée des banques.

    En échange du « rachat » des dettes européennes régionales, le Fonds de Défaisance Européen imposerait un code de bonne conduite aux pays de la zone-euro qui lèguent leurs actifs toxiques ou en pourrissement.

    Ce Fonds serait comme le FESF une entité ad hoc totalement indépendante de la Commission européenne, et n’aurait pas de compte à rendre au Parlement européen.

    Ce Fonds de Défaisance européenne de 2300 milliards d’euros remplacera très rapidement – dès que l’Italie, l’Autriche… la Suède, la Société Générale, BNP Paribas et Deutsche Bank seront torpillées – le FESF qui n’aura jamais pu exister, et son successeur l’ESMA / MES qui sera mort dès 2011/12 avant d’avoir pu naître officiellement en janvier 2013 comme il était prévu.

    Principalement aux profits des grands impactés, l’Italie, la France et l’Allemagne, l’Euro-Gouvernance serait de facto instaurée par une seule entité financière ad hoc, sans doute de droit privé luxembourgeois comme le FESF.

    Ce Fonds de Défaisance ne serait pas en conflit avec le doit constitutionnel allemand s’il est garanti qu’il ne soit pas une institution permanente destinée à refinancer en flux-tendus les dettes des États de l’Euro-Zone. Il semble qu’un horizon temporel de 20 à 25 ans ne confèrerait pas au Fonds de défaisance Européen cet aspect d’entité permanente.

    Le Fonds Européen de Défaisance imposerait une stricte discipline fiscale répondant à de seuls critères financiers. Il imposerait les plans d’austérité, de privatisation généralisée, de désengagement élargi de l’État régalien au lieu d’instaurer une politique économique, sociale et fiscale européenne.

    Pour donner au Fonds Européen de Défaisance une tunique démocratique il pourrait dépendre d’un Super-Commissaire, égal au Commissaire à la Concurrence et au Marché Intérieur qui est le seul Commissaire européen qui ne doit pas rendre de compte au Parlement Européen.

    Une telle créativité est nécessaire pour contourner et violer légalement le Traité de Lisbonne et les statuts de la BCE.

    Il est fascinant comme les gouvernants europicides et leurs conseillers sont ingénieux pour sauver les banques et assurances au lieu de contribuer au développement de l’IDH – Indice du Développement Humain. Depuis 2006 je parle des deux décades perdues et duPIB furtif et fictif d’initié.

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