Allais: la rupture de 1974

Extraits du livre de Maurice Allais (ed Clément Juglar 2007)

« La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance »

____________________________

1974 ; UNE ANNÉE DE RUPTURE

L’année 1974 apparaît comme une année de rupture entre la période 1950-1974 de prospérité continue et la période 1974-1997 essentiellement marquée par une croissance massive du chômage, une diminution considérable des effectifs industriels, et une très forte réduction de la croissance.

La rupture de l’année 1974 peut être illustrée par quelques graphiques très significatifs représentant respectivement les évolutions de 1950 à 1997 du chômage au sens du BIT, du sous-emploi total (qui tient compte du traitement social du chômage), de leurs taux par rapport à la population active, des emplois dans l’industrie et de leur pourcentage dans la population active, et du produit intérieur brut réel global et par habitant.

La représentation correspond à la période 1950-1997 et à la situation telle qu’elle se constate au début de 1999 au regard des données statistiques effectivement disponibles.

On constate que les nouveaux points représentés en gras se placent effectivement au voisinage des tendances calculées en 1994 et correspondant à la période 1974-1993. Le plus souvent les nouveaux points se placent presque exactement sur les tendances calculées en 1994.

En fait, les tendances des périodes antérieure et postérieure à 1974 sont profondément différentes.

La période 1974-1997 est marquée par la destruction des emplois, la destruction de l’industrie, et la destruction de la croissance.

Le chômage au sens du BIT

Sur le Graphique I représentatif de 1950 à 1993 du chômage C au sens du BIT la Cassure de 1974 apparaît particulièrement nette au regard de l’évolution locale observée de 1950 à 1974 et représentée par l’interpolation parabolique en traits fins

De 1950 à 1974 le nombre de chômeurs au sens du BIT a crû de 340 à 630 mille en passant par un minimum de l’ordre de 180 mille aux environs de 1957.

Par contre, de 1974 à 1987, le chômage au sens du BIT s’est accru très rapidement et il a atteint en 1987 le chiffre d’environ 2 millions 600 mille. Après une brève diminution de 1987 à 1990, le nombre de chômeurs au sens du BIT a dépassé en 1993 le chiffre de 2 millions 900 mille, correspondant ainsi à un taux de 11,6 % relativement à la population active totale de 25 millions 190 mille.

De 1974 à 1993 l’accroissement moyen du chômage au sens du BIT a été de l’ordre de 120 mille par an. La droite en traits fins de 1974 à 2000 représente la tendance correspondant à l’interpolation linéaire des données de 1974 à 1993 par la droite des moindres carrés passant par le point représentatif du chômage en 1974

En raison de la politique de l’emploi le chômage de 1993 à 1997 a pu être maintenu en dessous de la tendance observée de 1974 à 1993. De 1993 à 1997 le chômage au sens du BIT ne s’est élevé que de 2 millions 930 mille à 3 millions 192 mille, soit un accroissement moyen annuel d’environ 65 mille, très inférieur à l’accroissement moyen annuel de 120 mille de 1974 à 1993.

Le sous-emploi total

Le Graphique II représente le sous-emploi total C* (chômage au sens du BIT plus traitement social du chômage) de 1950 à 1993 et de 1950 à 1997 5.

Pour apprécier la situation réelle de l’emploi, l’indicateur C* du sous-emploi total est bien plus significatif que l’indicateur C du chômage au sens du BIT, car le traitement social du chômage diminue artificiellement le chômage qui se constaterait en l’absence de toute intervention de l’Etat

De 1950 à 1973 le sous-emploi total C* est resté égal au chômage au sens du BIT. Après 1973, et en raison du développement progressif du traitement social du chômage, le sous-emploi total s’est accru bien plus rapidement que le chômage au sens du BIT.

Ici encore la Cassure de 1974 apparaît particulièrement marquée au regard de la tendance locale de 1950 à 1974 représentée par l’interpolation parabolique en traits fins.

D’environ 750 mille en 1974 le chiffre du sous-emploi total s’est élevé régulièrement jusqu’à 4 millions 500 mille en 1987. Après s’être abaissé à environ 3 millions 900 mille en 1990, il est remonté rapidement à nouveau à 5 millions 100 mille en 1993, correspondant à un taux de 20 % de la population active totale. De 1974 à 1993 le sous-emploi total C* s’est ainsi accru en moyenne d’environ 230 mille par an, accroissement approximativement double de l’accroissement moyen de 120 mille par an du chômage au sens du BIT.

La droite en traits fins de 1974 à 2000 correspond à l’interpolation de 1974 à 1993 de la courbe du sous-emploi total C* par la droite des moindres carrés passant par le point représentatif de l’année 1974 et estimée en 1994. Elle représente la tendance moyenne de l’accroissement du sous-emploi total de 1974 à 1993.

Les quatre points correspondant aux années 1994-1997 se situent presque exactement sur la tendance calculée en 1994 pour la période 1974-1993. On voit que l’augmentation du sous-emploi total correspond à un mouvement de fond qui transcende les fluctuations conjoncturelles.

De 1993 à 1997 le sous-emploi total s’est élevé d’environ 5 millions 100 mille à 6 millions 50 mille correspondant à un accroissement moyen annuel d’environ 240 mille, peu différent de l’accroissement moyen de 230 mille constaté de 1974 à 1993.

 

Le taux de chômage au sens du BIT

La population active est passée de 19 millions 20 mille en 1950 à 22 millions 270 mille en 1974, puis à 25 millions 640 mille en 1997. Les taux d’accroissement correspondants ont été respectivement de 17 % et de 15 %, soit au total un taux d’accroissement d’environ 35 % par rapport à 1950.

Si on considère la période 1974-1997 le taux de chômage au sens du BIT est passé de 2,84 % à 12,45 %, soit un accroissement de 1 à 4,4, alors que le chômage au sens du BIT s’accroissait de 632 mille à 3 millions 192 mille, soit un accroissement de 1 à 5,1.

Le Graphique V représente le taux de chômage y au sens du BIT de 1950 à 1993 et il correspond au Graphique I représentatif du chômage C au sens du BIT.

La Cassure de 1974 apparaît particulièrement nette au regard de l’évolution locale observée de 1950 à 1974 et représentée par l’ajustement parabolique 1950-1974 en traits fins.

Le taux de chômage y au sens du BIT s’est accru de 1,8 % en 1950 à 2,8 % en 1974, et de 2,8 % en 1974 à 11,6 % en 1993. La droite en traits fins de 1974 à 2000 représente la tendance linéaire correspondant à l’interpolation des données de 1974 à 1993 par la droite des moindres carrés passant par le point représentatif du chômage en 1974.

En raison de la politique de l’emploi ces points se sont placés en dessous de la tendance calculée en 1994.

Le taux du sous-emploi total

Le Graphique VI* représente les taux du sous-emploi total C* par rapport à la population active de 1950 à 1993 et de 1950 à 1997.

De 1950 à 1974 le taux y* s’est élevé de 1,8 % à 3,4 %. Il a très peu varié. Par contre à partir de 1974 le taux T* s’est élevé très rapidement de 3,4 % en 1974 à 18,3 % en 1987. Il s’est abaissé à 15,7 % en 1990 pour s’élever à nouveau à 20,3 % en 1993.

Au regard de l’ajustement parabolique de 1950 à 1974 la Cassure de 1974 est particulièrement marquée. Sur le Graphique la droite d’ajustement par les moindres carrés passant par le point 1974 représente la tendance linéaire d’accroissement du taux y* de 1974 à 1993.

Les quatre nouveaux points se placent presque exactement sur la tendance linéaire calculée en 1994.

Chômage français et chômage de l’Union Européenne

Le chômage qui se constate en France n’est pas spécial à la France. Il frappe tous les pays de l’Union Européenne.

Le Graphique VII montre en effet, de 1967 à 1994, un parallélisme total entre les taux de chômage standardisés au sens du BIT de la France et de l’ensemble de l’Europe des Douze. Il en est encore de même pour l’Europe des Quinze comme le montre le Graphique VIII. Ainsi, et contrairement aux affirmations de nombreux analystes, l’accroissement massif du chômage en France ne peut être considéré comme résultant d’effets qui lui seraient spécifiques.

La situation actuelle, économique et politique, de l’Union Européenne, comme celle de la France, est dominée par la question du chômage.

La tendance de fond de l’accroissement du chômage, pratiquement identique pour la France, l’Europe des Douze et l’Europe des Quinze, ne peut s’expliquer que par des facteurs communs à la France et à l’Union Européenne.

Cette tendance de fond n’a pas un caractère mondial, car dans la même période les « tigres asiatiques » ont connu une grande prospérité. Elle ne saurait non plus s’expliquer par le progrès technologique, car dans la même période le taux de chômage standardisé du Japon ne s’est élevé que de 1,3 à 2,2 %.

Produit intérieur brut réel par habitant

Le Graphique XI* représente le produit intérieur brut réel par habitant de 1950 à 1997. Ce Graphique met en évidence un ralentissement très important de la croissance du produit national brut réel par habitant à partir de 1974. De 1950 à 1974 le taux de croissance a été d’environ 3,9 % par an. Ce taux n’a plus été que de 1,8 % par an de 1974 à 1991, soit une diminution d’environ 50 %.

La discontinuité de 1974 est particulièrement nette au regard des ajustements linéaires relatifs aux deux périodes 1950-1974 et 1974-1991 15. Si la tendance de la période 1950-1974 s’était poursuivie au delà de 1974, le PIB réel par habitant en 1991 aurait été d’environ 44 % plus élevé.

Si la tendance constatée de 1950 à 1974 s’était maintenue le PIB réel par habitant aurait été en 1997 d’environ 64 % plus élevé 17, et la plupart des problèmes qui nous assaillent aujourd’hui, notamment ceux résultant de déficits difficilement éliminables dans les conditions actuelles, n’existeraient pas.

Produit intérieur brut réel

Le Graphique XIII* représentent la population totale de la France de 1950 à 1997 et le Produit intérieur brut réel de 1950 à 1991 et de 1950 à 1997.

Le taux de croissance de la population totale a été de 0,96 % de 1950 à 1974, et il n’a été que de 0,49 % de 1974 à 1991. Ce taux a donc été marqué par une discontinuité très nette en 1974 en baisse d’environ 50 % .

La population totale est passée d’environ 41,6 millions en 1950 à 52,3 millions en 1974, à 56,9 millions en 1991, et à 58,5 millions en 1997.

L’origine de la discontinuité en 1974, qui ne se constate pas pour la population active, est purement démographique.

La discontinuité en 1974 est particulièrement marquée. De 1950 à 1974 le taux de croissance du PIB est de 4,9 %. De 1974 à 1991 il n’est plus que 2,3 %, en baisse de 2,6 %. Cette baisse est très forte et la discontinuité est spectaculaire.

 

Si la tendance constatée de 1950 à 1974 s’était maintenue au delà de 1974 le produit intérieur brut réel en 1991 aurait été de 57 % plus élevé 19.

Graphique XIII* – Produit intérieur brut réel 1950-1997

Si la croissance constatée de 1950 à 1974 s’était maintenue jusqu’en 1997, le PIB réel aurait été en 1997 de 84 % plus élevé 20.

On peut naturellement contester la possibilité d’une telle extrapolation, mais le fait est que de 1950 à 1974, soit pendant 24 ans la tendance de la croissance a été presque rigoureusement linéaire. Si la Cassure de 1974 ne s’était pas constatée, c’est-à-dire si les conditions existant avant 1974 s’étaient maintenues, comment pourrait-on donc contester que la tendance antérieure à 1974 ne se serait pas poursuivie.

 

 

VUE D’ENSEMBLE

La destruction de l’économie française

Les Graphiques qui ont été présentés dans les Sections B, C, et D illustrent de façon saisissante la destruction des emplois, la destruction de l’industrie, et la destruction de la croissance de 1974 à 1997.

La destruction des emplois

Le Graphique I* montre la croissance du chômage au sens du BIT qui est passé de 630 mille en 1974 à 3 millions 190 mille en 1997, soit une augmentation d’environ 2 millions 500 mille du nombre des chômeurs au sens du BIT.

Mais le chômage au sens du BIT ne donne qu’une image tout à fait inexacte de la situation réelle de l’emploi en raison du traitement social du chômage réalisé par la politique très coûteuse et souvent peu efficace de l’emploi.

En fait, ce qui caractérise la situation effective de l’emploi, c’est le sous-emploi total qui représente au moins en première approximation ce que serait le chômage en dehors de toute intervention de l’Etat 23.

Comme le montre le Graphique II* le sous-emploi total d’environ 750 mille en 1974 s’est élevé à 6 millions cinquante mille en 1997. C’est le Graphique II* du sous-emploi total et non le Graphique I* du chômage au sens du BIT qui représente la dégradation effective de l’emploi de 1974 à 1997.

La destruction de l’industrie

Les Graphiques IX* et X* mettent en évidence de façon frappante la destruction de l’industrie qui s’est poursuivie depuis 1974.

Alors que les emplois dans l’industrie (bâtiment et génie civil exclus) s’étaient accrus d’environ 5 millions 300 mille en 1955 à 6 millions 150 mille en 1974 ils ont diminué de 6 millions 150 mille en 1974 à 4 millions 160 mille en 1997, soit d’environ un tiers de 1974 à 1997 (Graphique IX*).

La discontinuité est encore plus spectaculaire si on rapporte les emplois industriels à la population active totale. Leur pourcentage est passé en effet de 28 % en 1974 à 16 % en 1997, en baisse d’environ 40 % par rapport à 1974. Cette chute a été brutale et régulière.

La destruction de la croissance

Si on considère les deux indicateurs spécifiques de la croissance, le produit intérieur brut réel par habitant et le produit intérieur brut réel, la destruction de la croissance est encore plus frappante comme le montrent les Graphiques XI* et XIII*.

Le taux de croissance du PIB réel par habitant qui était de 3,95 % pour la période 1950-1974 est passé à environ 1,80 % pour la période 1974-1997, soit une baisse d’environ 55 %. Le taux de croissance a donc été réduit de moitié (Graphique XI*).

Si on considère le PIB réel, son taux de croissance qui était de 4,9 % pendant la période 1950-1974 s’est abaissé à 2,27 % pendant la période 1974-1997, soit une baisse de 54 %. Ici encore le taux de croissance a été réduit de moitié.

Que faire ?

Allons-nous donc laisser détruire l’économie française sans réagir ? Ne voyons-nous pas que cette évolution qui se poursuit chaque jour rend impossible de remédier aux misères de toutes sortes qui se constatent dans la société française et tout particulièrement à la situation dramatique des banlieues, à la situation précaire de plusieurs millions de français, au nombre sans cesse accru des SDF (sans domicile fixe).

La prospérité de quelques groupes très minoritaires ne doit pas nous masquer une évolution qui nous mène au désastre.

La question majeure d’aujourd’hui n’est pas seulement la question du chômage, c’est également la destruction de notre industrie et la destruction de la croissance de notre économie.

Qui ne voit qu’il nous faut de toute urgence réaliser une analyse approfondie des causes de l’évolution destructrice qui s’est constatée depuis 1974, et en déduire les conditions de la mise en œuvre de politiques appropriées.

 

Une seule explication possible à la Cassure de 1974

Il convient de souligner que dans cette Deuxième Partie toute l’analyse qui précède est purement descriptive, qu’elle ne fait appel à aucune théorie, à aucun modèle, à aucune hypothèse. Elle se limite à la seule considération des faits observés.

Au regard de toutes les indications qui précèdent l’année 1974 apparaît comme une date charnière à partir de laquelle les tendances fondamentales ont été profondément modifiées. Après 1974 trois faits majeurs dominent, l’accroissement continu et massif du chômage, la diminution considérable des emplois industriels, la baisse de la croissance du produit intérieur brut réel.

 

1950-1974 et 1974-1997

Deux contextes très différents

En fait, une seule cause peut et doit être considérée comme le facteur majeur et déterminant des différences constatées entre les deux périodes 1950-1974 et 1974-1996 : la politique à partir de 1974 de libéralisation mondialiste des échanges extérieurs de l’Organisation de Bruxelles dont les effets ont été aggravés par la dislocation du système monétaire international et l’instauration généralisée du système des taux de change flottants.

Incontestablement l’évolution très différente de l’économie française à partir de 1974 résulte de la disparition progressive de toute protection du Marché Communautaire Européen et de l’instauration continue d’un libre-échange mondialiste.

En tout cas, au regard de l’accroissement massif du chômage, de la très forte diminution des emplois dans l’industrie, et de la baisse considérable du taux d’accroissement du produit national brut réel par habitant à partir de 1974, il est tout à fait impossible de soutenir que la politique de libre-échange mondialiste mise en œuvre par l’Organisation de Bruxelles a favorisé la croissance et développé l’emploi .

En fait, ce que l’on a constaté, c’est que la politique de libre-échange mondialiste poursuivie par l’Organisation de Bruxelles a entraîné à partir de 1974 la destruction des emplois, la destruction de l’industrie, et la destruction de la croissance.

Une évolution prévisible

La considération des Graphiques qui précèdent montre qu’au regard de la régularité des tendances constatées de 1950 à 1974 et de 1974 à 1993 il était parfaitement possible en 1994 de prévoir quelle serait l’évolution du chômage, des emplois industriels, et du produit intérieur brut réel par habitant de 1994 à 1997 si la politique de libre-échange mondialiste del’ Organisation de Bruxelles était maintenue. C’est là effectivement la prédiction que j’ai faite en 1994.

Au regard de l’ensemble des évolutions constatées de 1974 à 1997, soit pendant vingt-trois ans, on peut affirmer aujourd’hui que cette évolution se poursuivra si la politique de libre-échange mondialiste de l’Organisation de Bruxelles est maintenue.

 

 

2 commentaires pour Allais: la rupture de 1974

  1. fouloas dit :

    Ces graphiques sont extrêmement intéressants; la cassure de 1974 est un point d’inflexion remarquable :l’analyse qu’on peut en faire: effet de la mise en œuvre du libre échangisme de la mondialisation, cette explication possède t elle des détracteurs (scientifiques et non doctrinaires) ? si oui, quels sont leurs arguments ?

  2. Gabbby dit :

    Les changements dans le système monétaire, la fin du dollar-or en 1971, le taux de change flottant ?

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