Maurice Allais nous a quitté

Le seul Français à avoir reçu le prix Nobel d’économie est décédé samedi à son domicile à l’âge de 99 ans.

Maurice Allais, le seul citoyen français a avoir reçu le prix Nobel d’économie est mort samedi après-midi à son domicile de Saint-Cloud. Il avait 99 ans et demi. Un hommage lui sera rendu ce lundi ou mardi par le gouvernement. Il devrait être enterré aux Invalides samedi 16 octobre. 

Le Figaro

N’est ce pas l’occasion de relire son avant dernier article paru en décembre dernier dans Marianne ?

La veille de son décès, j’avais édité un article  » Allais: la rupture de 1974″, sur http://ecosocietal.wordpress.com/2010/10/09/allais-la-rupture-de-1974/ , condensé de quelques pages de son livre  » La mondialisation, la destruction des e…mplois et de la croissance » dont vous pouvez trouver un résumé complet ici (résumé par Étienne Chouard ) http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=47

2 commentaires pour Maurice Allais nous a quitté

  1. C.E.C. dit :

    Communiqué de presse de DLR

    Disparition de Maurice Allais : l’hommage du vice à la vertu

    Seul contre tous dans son rejet du libre échange intégral et déloyal, Maurice Allais n’était pas seulement un immense savant de l’économie, mais aussi et d’abord un esprit libre, un vrai humaniste et un citoyen engagé, refusant tout au long de sa vie l’injustice qui se pare trop souvent des fausses nécessités et des idées à la mode.

    Debout la République, qui plaide depuis toujours pour une humanisation de la mondialisation sauvage, n’a pas attendu la disparition de Maurice Allais pour faire une large place à ses analyses et propositions : lors de sa convention nationale pour le retour du plein-emploi en avril dernier, notre mouvement gaulliste et républicain avait ainsi eu l’honneur de recevoir un message de sa part, dans lequel il réaffirmait son soutien à la mise sur pied d’un véritable protectionnisme européen contre le capitalisme prédateur des pays émergents.

    Il n’en est que plus écœurant de voir tous ceux qui, par leurs actes, ont combattu pendant vingt ans les idées de l’unique prix Nobel français d’économie (et ne se privant pas au passage de le qualifier de « ringard » pour le disqualifier), se presser aujourd’hui pour lui rendre hommage et tenter de détourner sa pensée. L’éternel hommage du vice à la vertu !

    Pour sa part, Debout la République ne renoncera pas à plaider l’Europe des nations et du juste échange qu’avait toujours appelée de ses vœux Maurice Allais, dont la modernité, comme tous les grands esprits de notre temps, survivra bien entendu à sa mort.

    Nicolas DUPONT-AIGNAN

    Député de l’Essonne

    Président du rassemblement gaulliste Debout la République

    http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2010/10/12/hommage-a-maurice-allais.html

    Il y a quelques jours, le seul titulaire Français du prix d’économie décerné à la mémoire d’Alfred Nobel (communément admis comme prix Nobel d’économie) s’est éteint. La France perd un de ses plus grands intellectuels, dont la pensée a été trop ignorée.

    Un libéral iconoclaste

    Je me souviens encore de ses combats du début des années 1990, contre la libéralisation excessive des échanges commerciaux et contre l’Europe de Maastricht. Suite à son prix, obtenu en 1988, ses écrits avaient un certain écho, en dépit de thèses totalement contraires à la pensée unique d’alors. Malheureusement, il a fini par ne plus être écouté. En effet, s’il était un libéral, il était capable de voir la nécessité du protectionnisme pour combattre le chômage de masse.

    Il avait montré dans son livre « La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance » (synthèse jointe : partie un, partie deux et partie trois) par des analyses micro comme macro économiques que l’ouverture anarchique des échanges était le principal responsable de l’envolée du chômage. Il citait Hayek pour dénoncer les excès du libéralisme : « rien n’a tant nui à la cause libérale que l’insistance butée de certains libéraux sur certains principes massifs comme la règle du laissez faire ».

    Un libéral humaniste et visionnaire

    Il y avait des accents gaullistes chez lui quand il écrivait que « l’économie doit être au service de l’homme et non l’homme ou service de l’économie » ou que « c’est l’homme qui doit constituer l’objectif final et la préoccupation essentielle. C’est à cet objectif que tout doit être subordonné », rappelant la phrase du Général sur « la seule querelle qui vaille ». Alors que tant d’économistes s’enferment dans des équations abstraites, lui avait saisi l’essence de sa science : servir le progrès humain.

    En outre, il faut noter que, dès 1999, il dénonçait « une monétisation accélérée des dettes et une confusion croissante entre l’épargne et la monnaie, une expansion inconsidérée du crédit, l’instabilité potentielle du système bancaire fondé sur la couverture fractionnaire des dépôts, sur la création de monnaie ex nihilo, et sur la généralisation de prêts à long terme de fonds empruntés à court terme » et prédisait des crises financières « de plus en plus fortes » et « imprévisibles ».

    Maurice Allais a été le précurseur des libéraux alternatifs comme Jean-Luc Gréau, Joseph Stiglitz et Paul Krugman. A défaut d’avoir été suffisamment entendu de son vivant, il faut espérer que la pensée de ce grand intellectuel féconde l’avenir de notre pays.

    Communiqué de presse de Marine Le Pen, député européen, vice-présidente exécutive du Front National

    Maurice Allais, seul citoyen français distingué par un prix Nobel d’économie, vient de s’éteindre.

    Observateur avisé de la mondialisation libérale et pourfendeur de la bien-pensance économique, il avait ces dernières années mis en accusation le dogme du libre-échange et la suppression de la préférence communautaire en Europe. Ses principaux combats visaient l’établissement d’une « légitime protection » de l’agriculture et de l’industrie françaises via un système de préférences régionales homogènes, et une réforme en profondeur du système bancaire mondial. Il n’a eu de cesse de se battre contre ce qu’il appelait lui-même « les tabous indiscutés, dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années », et « les entêtements suicidaires » de nos élites, encore une fois légitimement dénoncés lors de la dernière réunion du G20. Depuis deux décennies, avec beaucoup de courage, Maurice Allais a maintes fois pris la plume pour alerter les décideurs, annonçant par exemple la crise financière dès 1999 dans son livre « la crise mondiale aujourd’hui ». En vain malheureusement.

    Conscient de leur immense valeur, le Front National s’est souvent référé aux travaux de ce géant des sciences économiques. À bien des égards, les analyses de Maurice Allais ont inspiré le programme économique du seul mouvement qui défend aujourd’hui un protectionnisme raisonné.

    Les récupérations politiciennes qui ne manqueront pas d’avoir lieu dans les jours qui viennent ne feront pas oublier les années de boycott médiatique et politique que Maurice Allais a dû subir dans son propre pays, aussi bien de la part de la gauche que de la droite. Considéré comme un mal-pensant par la caste au pouvoir, sans doute parce qu’il avait trop largement raison, Maurice Allais n’a jamais pu bénéficier des tribunes médiatiques offertes aux économistes du système, ces aveugles qui n’ont jamais rien vu venir, et qui continuent de professer sans honte leur idéologie mondialiste éculée.

    La voix singulière et ô combien géniale de Maurice Allais manquera cruellement à une science économique française malheureusement dominée, à quelques voix discordantes près, par le conformisme et la paresse intellectuelle.

    Marine Le Pen, vice-présidente du Front National, salue la mémoire et l’œuvre de ce brillant penseur et encourage tous les partisans du redressement national à nourrir leur réflexion de ses travaux.

  2. C.E.C. dit :

    Jacques Cheminade
    http://www.cheminade2012.fr/En-souvenir-de-Maurice-Allais

    Paris, le 11 octobre 2010 — Je viens d’apprendre hier soir la mort de Maurice Allais. Le seul Prix Nobel français de sciences économiques disparaît ainsi, sans que la presse écrite de ce matin lui consacre l’hommage qu’il mérite.

    Il est vrai que depuis un certain temps, Le Figaro avait refusé de publier ses articles, et que seuls L’Humanité et Marianne l’an dernier, lui avaient ouvert leurs colonnes…

    Aujourd’hui, Le Figaro se montre plus prolixe, mais aucun média ne mentionne que Maurice Allais défendait depuis toujours la séparation entre banques d’affaires, banques de dépôt et banques de crédit (sa vision d’un Glass-Steagall global) et qu’il avait expliqué, démontré et annoncé depuis plus d’une décennie, dans de nombreux ouvrages et articles, la catastrophe financière mondiale survenue au cours de l’été 2008.

    Logiquement, Maurice Allais s’était associé au large débat public ouvert par Lyndon LaRouche en vue de refonder radicalement le système de crédit et le système monétaire international, soulignant que sur des points essentiels, M. LaRouche et ses organisations avaient « souvent soutenu des idées proches de mes propres propositions de réformes fondamentales du système monétaire et financier international ».

    Il nous avait autorisé, par sa lettre du 27 novembre 2009, à faire part publiquement de cette affirmation.

    Ce « libéral socialiste », qui, selon moi, n’était ni l’un ni l’autre mais qui, en expert de la physique fondamentale, considérait l’économie du point de vue de l’équipement et de la production et non simplement d’une vision monétariste, aimait affirmer qu’il n’avait eu qu’un seul élève digne de ce nom, Gérard Debreu.

    Par ailleurs, de nombreux dirigeants et responsables français, comme Dominique Strauss-Kahn, Marcel Boiteux, Thierry de Montbrial ou encore Jean-Louis Bianco, ont également suivi ses cours.

    Personnellement, avec Louis Armand, Pierre Massé, Philippe Lamour et les équipes du Commissariat du et au Plan, j’ai baigné au cours de mes années d’études dans l’esprit de ce que les travaux de Maurice Allais avaient alors insufflé dans notre pays.

    Puisse cet esprit renaître, par delà le désarroi et l’incompétence actuelles, en inspirant ceux qui sont atterrés par le système financier dominant, pour qu’ils trouvent la voie qui permettra d’en sortir par le haut, non en cherchant les issues dans un passé régressif mais dans un avenir de science et d’innovation, au cœur de ce que défendit Maurice Allais, une économie dans laquelle l’homme agit en responsable de son espèce et de la nature, découvrant, appliquant, équipant et produisant.

    Il y a une urgence, une extrême urgence, car un monde dont le système financier se désintègre et le système économique et social se décompose a besoin d’une nouvelle génération de dirigeants, à l’image de l’homme de caractère qu’était Maurice Allais.
    Jacques Cheminade

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