Quelques réponses à l’article de J.Peyrelevade

Jean Peyrelevade a émis sur son blog, le 8 septembre 2010, un article intitulé « Critique d’un prix Nobel  »

Ce n’est pas tant son article qui nous intéresse (il est donc inutile de le recopier ici) mais les précisions qu’a pu apporter Christian Gomez   dans ses commentaires , ainsi que quelques autres que nous avons sélectionné car ils éclairent le débat du « 100% monnaie ».

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La morgue de l’auteur de cet article [Jean Peyrelevade] a quelque chose de surréaliste. Bien évidemment on peut et même on doit pouvoir critiquer un prix Nobel. Cependant, le fait justement que la monnaie ne soit maintenant plus créée par l’Etat mais par les banques de second rang a deux conséquences :
– la première c’est qu’elle génère de l’endettement. Et la crise de 2008 qui est bien loin d’être achevée démontre que cette voie est mauvaise et s’apparente à une fuite en avant
– la deuxième est de faire de la monnaie, bien public, un instrument de pouvoir privatif.
Revenir à une vision nationale de la monnaie n’est pas une chose simple assurèment elle aura un coût. Mais cela peut très bien passer par “l’euthanasie des rentiers”. Or soit on restaure l’ancien sytème et on fait financer ses pertes par les plus pauvres – les salariés – soit on en crée un nouveau en dépossédant les banques de la violence qu’elles exercent sur l’économie en général.
Bref avant de critiquer Maurice Allais, surtout quand on est un nain de la pensée économique, il vaut mieux balayer devant sa porte. Je comprends tout à fait que le prix Nobel n’ait pas eu envie de répondre aux questions foireuses de Peyrelevade, et d’ailleurs, je me demande bien pourquoi je perds mon temps pour le critiquer, vu qu’il ne cromprend pas grand chose, même si on lui explique.

Rédigé par : alexandre clement | le 08 septembre 2010 à 20:03 | Alerter

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Cher Monsieur Peyrelevade,

Ancien élève de Maurice Allais, à qui je voue une grande admiration, et banquier de profession (Banque d’Investissement, notamment à l’étranger), je me suis attelé depuis quelque temps à redonner à la pensée de mon maitre toute son actualité. Il se trouve que j’ai fait récemment une communication dans un colloque universitaire sur le sujet suivant: “Une vieille idée peut-elle sauver l’économie mondiale? un réexamen de la proposition d’une réforme radicale du système bancaire: l’imposition d’un coefficient de réserves de 100%”. (http://www.oeconomia.net/private/colloqueiufm2010/2.gomez.pdf)

Un de vos lecteurs vient de me signaler votre article sur les propositions de Maurice Allais en matière de réforme monétaire. Comme je vous voue une sincère estime tant pour votre carrière que pour vos contributions intellectuelles, je m’y suis précipité.
J’avoue que j’ai été un peu déçu mais cela ne m’étonne pas, tant je m’aperçois, suite aux réactions à mon article, combien ces problèmes sont complexes et difficiles à faire comprendre, même lorsque l’on a affaire avec des personnes de votre qualité. Une seul exemple: Dire que dans le système d’Allais, “le crédit bancaire est in fine porté par la la seule Banque Centrale” est une sentence bizarre, à vrai dire incompréhensible pour ceux qui croient connaitre ce système ( peut-être cette impression vient-elle de la phase de transition?). Je ne peux aujourd’hui reprendre vos arguments un à un , mais je voudrais faire simplement deux remarques:

1) cette proposition de réforme monétaire n’est pas spécifique à Maurice Allais: sans remonter à Ricardo, aux tenants du la Currency School et à Walras, on peut dire que la filière au XXeme siècle est : Von Mises, Fisher, Knight, Simons, Viner,Machlup, marshak, Friedman, Stiegler, Allais. Sous une forme atténuée ( Narrow banking), on peut y rattacher Tobin et Minsky. Donc , un certain nombre de poids lourds ( pas un mais plusieurs Prix Nobel…). L’argument d’autorité n’est pas nécessairement un bon argument, mais il faut savoir dans quel type de courant cette proposition s’inscrit.

2) L’objet fondamental de ces propositions est de dissocier complètement les circuits de la monnaie et du crédit pour en finir avec des mécanismes de création monétaire qui , en perturbant l’équilibre entre l’épargne et l’investissement, conduisent à l’instabilité économique et à des distorsions considérables dans le fonctionnment de l’économie et la répartition des revenus. Qui ne comprend pas cela rate complètement le sens profond des propositions de tous ces auteurs. L’impact sur la dette publique est un “by-product” de la Réforme. En aucun cas, ces propositions peuvent être considérées comme “inspirant” les “idées” d’ATTAC ou d’autres qui, personnellement, me plongent dans un abîme de perplexité, vu l’inculture économique qu’elles dénotent.

Je n’ai pas le temps aujourd’hui de répondre point par point à vos arguments, d’autant plus qu’il faut que je trouve une forme adéquate pour ne pas être ennuyeux. mais, a priori, vos objections ne soulèvent pas de difficultés majeures (à moi de le prouver….).

Concernant le silence de Maurice Allais à vos demandes d’éclaircissements, je pense qu’il faut prendre conscience de son âge aujourd’hui (99 ans) et des ennuis de santé qu’il a eu au cours des derniers mois. Votre nom a pu apparaitre de temps en temps dans nos conversations au cours des dernières années et je sais qu’il vous tient en haute estime.

J’espère que vous aurez un peu de temps pour “jeter un oeil” à mon papier et je vous promets un retour rapide sur les principaux points du votre.

Je vous remercie pour cet ‘espace de dialogue ( de grande qualité) que vous offrez et j’espère qu’un échange fructueux pourra se nouer.

Veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.

C.G

Rédigé par : Christian Gomez | le 09 septembre 2010 à 14:38 | Alerter

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Bonjour,

Je crois que ce que M. Peyrelevade n’a pas “vu” (et il est facile, en ces matières, de ne pas tout voir tant les recoins sont nombreux et mal éclairés parfois), c’est que le retour dans le giron étatique de la création monétaire permettrait (sous les hypothèses que les choix soit socialement pertinents, comme soulevé par M. Peyrelevade) de financer des investissements publics sans que les obligations d’Etat correspondantes ne soient détenues par des investisseurs privés. Or, il est bien certain que si l’Etat peut se permettre de ne pas faire de profit sur ses propres obligations (coût de la dette égal au coût réel de fonctionnement du système), il n’en va pas de même pour les acheteurs privés de celles-ci.

Par ailleurs, une fois émise de la sorte, la monnaie peut être permanente, puisque les obligations sont susceptibles d’être émises sans terme ni intérêt ; le coût du fonctionnement du système monétaire BC-Trésor étant alors une dépense de fonctionnement, à équilibrer par l’impôt (la partie BC-circuit commerciaux étant financée par les facturations des intermédiaires).

Ce qui revient à dire, comme M. Peyrelevade le souligne très justement, que c’est l’activité générale qui supportera le prix du fonctionnement du système monétaire. Cela tombe très bien, puisque c’est justement pour permettre cette activité générale que le système est créé. Il est donc juste à mes yeux que les utilisateurs de la monnaie “cotisent” pour jouir d’un système stable et efficace, en lequel ils auraient toute confiance.

Je crois surtout que, en l’état du débat, la question se résoud à un choix idéologique : payer des acteurs privés qui demandent un profit pour nous fournir notre monnaie, ou payer un impôt pour utiliser à prix coûtant la monnaie nationale?

Personnellement,j’ai fait mon choix sur cette question, et que ce que je préfère soit une conséquence d’une réforme plus large qui est vouée en premier lieu à stabiliser la finance ne me déplait pas. Reste dès lors le débat démocratique sur la structure et ses règles de fonctionnement (institutions, rôles,partage des pouvoirs, contre-pouvoirs et contrôles). Toutes questions que M. Peyrelevade pose, mais avec un air de défi me semble-t-il,comme si cela étaient des questions sans réponse. Sans réponse à ce jour,au sein des institutions en place, certes, mais les possibilités d’organisation sont infinies en la matière. Comme le disait Einstein, quand un problème résiste à toute analyse, c’est qu’il faut sortir des voies de l’analyse et inventer de nouvelles solutions. L’imagination est alors plus importante que la connaissance. Ce qui me permet de rétablir dans leur honneur les “incultes économiques” de la mouvance alter-mondialiste, qui, faute de connaissances solides, ont peut-être plus d’imagination que les économistes pur beurre, et d’où sortiront de futures solutions nouvelles N’oublions pas non plus le si juste adage : “Tout le monde savait que c’était impossible. Est venu un imbécile qui ne le savait pas, et qui l’a fait”..

Dernier point, en post-scriptum : ce qui fait la valeur d’une monnaie, c’est la confiance que les agents économiques ont en son pouvoir d’achat à un terme donné intéressant pour eux. Pour le reste, ce n’est plus aujourd’hui que de l’encre et du papier (dans le meilleur des cas), mais le plus souvent, la monnaie se résume à des bits informatiques, des électrons semblables à tous ceux de l’Univers, que l’Homme a sagement rangés dans des structures de silicium. Le pouvoir de création monétaire est énorme, presque infini, et c’est l’Humanité qui décide quand,combien et pourquoi il faut en créer. Posons-nous donc, comme les gens d’ATTAC, la question de savoir si ce que nous avons construit jusqu’à présent est juste, stable, et digne de confiance. Je vous laisse, amis lecteurs, chercher la réponse, avec cet indice toutefois : moins de 20% des humains ont accès à plus de 80% des ressources matérielles de notre Terre, parce qu’ils ont entre leur main de la monnaie.

Rédigé par : Brieuc Le Fèvre | le 10 septembre 2010 à 09:42 | Alerter

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@jean
Bien que visant un objet bien précis, il n’empêche que la taxe carbone rapporte de l’argent à l’Etat et qu’il faut l’affecter ( dans les conditions actuelles, on ne se pose même plus la question, mais on pourrait imaginer que dans d’autres conditions, il aurait été possible de réduire d’autres impôts, en particulier les impôts directs… ce qui ne changerait pas le TPO, mais la structure des revenus fiscaux, ce qui ne serait pas neutre).
Dans le cas qui nous occupe, le raisonnement est le suivant:
1) L’instabilité économique a pour cause majeure la manière dont la monnaie se crée à travers le processus de crédit bancaire;
2)La réforme du processus de création des moyens de paiement en circulation nécessite une profonde réforme du système financier privant les opérateurs privés (les banques) du pouvoir de créer de la monnaie par duplication de pouvoir d’achat.
3) Il se trouve donc que la “rente” liée à la création monétaire ( le pouvoir d’achat créée ex nihilo par le système bancaire auparavant) se trouve capturée et qu’il convient de la répartir.
4) Allais propose que cela vienne en déduction des impôts directs, mais on pourrait imaginer d’autres affectations de la “rente”, en particulier en donnant une certaine rémunération aux dépôts à vue ( voir dans mon article la discussion sur ce point)…. (ce que vous appelez l’épargne monétaire et qui n’est en rien de l’épargne)

Quand vous dites que les autres auteurs ( en dehors d’Allais) n’ont pas parlé de la réduction du TPO, c’est en partie inexact…Certes, ce concept était plutôt inusité à l’époque et le poids des impôts n’avait rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui, donc l’obsession était moindre! Mais, dès Ricardo, le mécanisme de création d’une rente liée à la création monétaire était parfaitement vu et sa proposition de la création d’une banque Nationale visait précisément à en priver les banques, même si son objet premier était la régulation monétaire. De même Irving Fisher parle explicitement de “social dividend” lié à la réforme et s’il y a dividende , il faut bien qu’il revienne à quelqu’un…..

Quant à votre taxe sur l’épargne monétaire, elle nécessiterait de longs développements car vous touchez un point clef : qu’est-ce que l’épargne? qu’est-ce que la monnaie? Allais a beaucoup écrit là dessus. Vous pouvez trouver une revue de toutes les discussions sur cette question dans un autre article que j’ai commis et qui vient de paraitre aux Editions Clément Juglar ( Maurice Allais et la Science Economique). Il s’intitule: “Qu’est-ce-que la monnaie? Les courants contemporains et Maurice Allais”.

Rédigé par : Christian Gomez | le 10 septembre 2010 à 09:51 | Alerter

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Réponse à Maxime (08/09/2010 – 19.43)
Très bonne question. Un emprunteur peut s’adresser soit au marché financier qui distribue de l’épargne déjà constituée, soit solliciter un crédit bancaire, ce qui conduit à de la création monétaire.
Vu par les emprunteurs les deux marchés, bancaire et financier, sont donc concurrents. Mais chacun d’eux ne peut fonctionner que si le taux d’intérêt qui y prévaut est supérieur à un certain minimum.
a) pour le marché bancaire, ce taux d’intérêt minimum doit couvrir, comme j’ai essayé de l’expliquer, les coûts de fonctionnement des réseaux des établissements de crédit et de dépôt. En-dessous de ce niveau, de l’ordre de 3.5% en France, les banques s’arrêtent de faire du crédit et l’alimentation monétaire de l’économie est interrompue ;
b) pour le marché financier, le niveau minimum est celui de la “trappe à liquidités” keynésienne. Les ménages disposent par hypothèse d’une certaine encaisse liquide. Ils ne l’investiront dans le financement de l’économie que si le taux d’intérêt qui leur est servi est suffisant, c’est-à-dire permet de couvrir le taux d’inflation auquel il faut ajouter un taux d’intérêt réel nécessairement positif (sinon l’épargnant s’appauvrit en investissant, et il préfère attendre une remontée des taux en restant liquide dans l’intervalle). L’ordre de grandeur actuel, alors que nous vivons une période de faible inflation, est également de 3% (2% de taux d’inflation, plus 1% de taux d’intérêt réel).

Les deux taux sont donc voisins, ce qui permet la coexistence des deux solutions. Est-ce une simple coïncidence ? Je ne crois pas, pour les raisons suivantes :
– les emprunteurs ne peuvent pas, pour des raisons soit de taille, soit de montant d’opérations, soit de durée, soit de conjoncture, avoir à tout moment tous accès au marché financier. On ne peut donc se passer du crédit bancaire. Donc le taux d’intérêt du marché financier doit être assez élevé pour permettre la coexistence et la concurrence ;
– cela d’autant que les acteurs du marché financier lui-même sont partiellement refinancés par le système bancaire. Même si c’est de manière marginale, le coût de l’endettement marginal (supposé par hypothèse le plus onéreux) est déterminant pour la fixation des taux du marché financier ;
– enfin il est vraisemblable que c’est la concurrence du marché financier qui a conduit le système bancaire à abaisser fortement ses coûts, afin de préserver sa compétitivité relative. Je ne connais pas assez bien les structures financières des Etats-Unis mais je me demande si le fait que l’économie soit financée à hauteur de 70% par le marché et de 30% par le système bancaire, alors que les proportions sont exactement inverses chez nous, n’est pas due au fait que les banques y sont relativement moins productives : il faudrait, pour répondre à cette interrogation, regarder de plus près le niveau de leurs prix de revient. S’il est, exprimé en taux d’intérêt, plus élevé que chez nous (ce que je crois), cela renforcerait ma thèse.

En conclusion, je pense que le taux d’intérêt sur le marché financier ne peut pas être durablement très inférieur au taux d’intérêt du crédit bancaire. Les deux systèmes, étant en concurrence et liés entre eux, se déplacent de conserve dans des zones voisines.

Rédigé par : peyrelevade | le 10 septembre 2010 à 15:52 | Alerter

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Réponse à Brieuc Le Fèvre (10/09/2010 – 09.42)
Cette fois-ci, je suis d’accord sur l’analyse. Le coût du fonctionnement du système monétaire est toujours le même, quelle que soit la solution : de l’ordre de 3.5% du PIB en France, hors profits des banques (1% du PIB). Et le choix est bien de nature idéologique, soit on paye des acteurs privés, soit on paye par l’impôt ou des prélèvements directs sur l’économie réelle. Conclusion : il n’y a pas de trésor caché et la dette publique ne peut pas être à coût réellement nul : si l’Etat ne paye pas sur ses emprunts bancaires les 3.5% évoqués ci-dessus, quelqu’un d’autre doit le faire à sa place.
Mes propres préférences idéologiques ne méritent pas d’être discutées (je suis d’ailleurs hésitant) si on accepte la conclusion ci-dessus.

Rédigé par : peyrelevade | le 10 septembre 2010 à 16:03 | Alerter

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Monsieur Peyrelevade
Quand vous écrivez “le coût du fonctionnement du système monétaire” voulez vous parler de celui là seul ou du cout de fonctionnement de l’ensemble des activités des banques (qui ne font pas que faciliter les échanges monétaires).
Il me semble avoir lu qu’entre 1988 et 2008, le PIB a cru de 144%, les actifs des ménages de 230%, les actifs des sociétés non financières de 240%, les actifs des sociétés financières de 300%… ces dernières s’en sortent bien, n’est ce pas (sans parler des distributions de dividendes, bonus, super bonus, actions, stock options, etc … )?
Et qu’il y a 25 ans les profits (bénéfices) des établissements de crédit représentaient 5% de l’ensemble des profits des entreprises françaises. Aujourd’hui, c’est presque 50% !

Rédigé par : Agapes | le 10 septembre 2010 à 16:28 | Alerter

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Mr Peyrelevade est-ce de la malhonnêteté intellectuelle ?

Pendant les trentes glorieuses (enfin jusqu’en 1973), l’état était libre de créer sa monnaie et cela ne lui coûtait rien, Il pouvait s’endetter à loisir en francs. En dollars c’est un autre problème, il devait s’adresser à la Fed ou au privé et payer des intérêts.

La contrepartie de cette endettement “gratuit” était l’évolution de la valeur du franc par rapport dollar par exemple, le meilleur étalon de mesure restant l’or.

La BdF n’étant pas gérée comme celle du Zimbabwé (qui elle aussi crée de la monnaie gratuitement pour son peuple et son gouvernement), c’est seulement dans les années 1970 à partir de 1973 soit après l’interdiction faite à l’état de s’endetter directement auprès de la BdF que la France a connu la pire inflation post WW2.

Le coût de “l’argent gratuit” n’est que l’inflation, rien d’autre n’interdit de mettre un tel système en place si ce n’est des lois votées à l’insu de la très grande majorité.

Rédigé par : Ldf | le 10 septembre 2010 à 18:35 | Alerter

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En autant que lutter contre le « group think » puisse être utile: Résumons ce que semble être l’argument principal à la lueur de la remarque de M. Gomez.

On pose que l’équilibre économique tient à la satisfaction de l’équation « fondamentale » Epargne = Investissement (dans la formulation que l’on voudra, de Hicks à Allais en passant par Friedman ou même Solow avec sa pseudo-introduction du rôle de la technologie.) Ceci renvoie donc à la soi-disant économie réelle (ou PNB et PIB réels, foin de la spéculation, impossible dans ce contexte.) Faisons abstraction des échanges extérieurs.

Il reste seulement à imaginer un système monétaire adéquat. Le tout en ré-cloisonnant le secteur financier et bancaire entre, en gros, les banques de dépôt et les banques commerciales. Un circuit vertueux s’établit alors entre les trois acteurs monétaires (Banque centrale, banques commerciales et banques de dépôts) puisque les activités des banques de dépôts dépendent directement des résultats des banques commerciales. Il suffit alors que la Banque centrale conserve le tout en équilibre en ajustant ses crédits sur la base d’un ratio de 1 à 1.

Ceci est totalement tautologique. En fait, la monnaie sert dans l’échange en général, tant l’échange productif (direct ou indirect impliquant les entreprises ou l’État et les activités para-publiques) que la consommation des ménages ou les dépenses militaires qui sortent du circuit. Le tout est donc fallacieux puisque – à part le problème des rotations abolit par le ratio 1 à 1 -on voit mal comment s’effectueraient les échanges relatifs à la consommation des ménages – ou du secteur de Luxe. L’équation Epargne = Investissement regarde uniquement l’aspect dynamique du système, si l’on veut sa Reproduction élargie.

Pour satisfaire les besoins économiques la masse monétaire doit être rapporté à la masse salariale multipliée par ses rotations (voir mon Tous ensemble)

Pour revenir aux arguties d’ATTAC, à part son ingurgitation de cet argument marginaliste fallacieux, on voit mal pourquoi et comment la Banque centrale devrait ou pourrait prêter à taux zéro. Ce n’est pas son rôle. Par contre, elle peut créer un pôle financier public et jouer sur le ratio prudentiel selon les besoins, tout en veillant à ne pas provoquer de monétisation. Cette stratégie aurait d’ailleurs été préférable au pharaonique endettement public actuel, encouru uniquement pour sauver des banques privées et apatrides. Leur faillite aurait permis en revanche de purger le système. En outre, l’effet levier utilisé par un pôle public aurait rétabli le crédit productif sans augmenter les problèmes antérieurs, puisque le sauvetage actuel s’est fait dans le même cadre réglementaire à peu de choses près.

Allais a raison sur un point: la ré-ségrégation urgente du secteur. Pour le reste, on ne pourra jamais faire exécuter par la politique monétaire ce qui revient de droit à la politique économique et fiscale (quelle que soit par ailleurs le régime de propriété en vigueur.)

Un dernier point. Penser que le système hypothétique résumé par M. Peyrelevade puisse faillir du fait de la non prise en ligne de compte des coûts d’opération, semble quelque peu ingénu. Surtout lorsque cet argument sert à justifier les profits des banques … Gare: Si ces profits étaient réduits à la couverture des frais d’opération (déjà pris en charge dans le coût des services offerts à la clientèle, en fait …) plus le salaire des managers, c’est le fantôme d’Adam Smith qui serait enfin content: « Les capitalistes ne récolteraient plus là où ils n’ont jamais semé ». Mais alors le système aurait vraiment été réformé… A défaut de « refonder le capitalisme », c’est l’Humanité qui repartirait d’un meilleur pied.

Paul De Marco

Rédigé par : Paul De Marco | le 11 septembre 2010 à 23:37 | Alerter

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Dans le schéma Allais tq présenté par JP, je ne comprends pas comment
1- un prêt est *initié* et par conséquent,
2- comment les encours de prêt sont repartis entre les différents organismes bancaires,
3- et enfin comment l’offre totale de prêt peut être arbitrairement fixée (à 100, dans l’exemple).

Dans la structure actuelle, 1-, 2- et 3- sont déterminés de la façon suivante : Chaque ménage est initiateur du prêt à chaque fois qu’il achète avec sa carte de crédit, auprès de la banque de son choix. La banque se contente de fixer une limite à la carte de crédit. Idem lorsqu’une entreprise obtient un prêt. C’est elle qui en fait (évidemment) la demande, et c’est la banque qui l’accorde, dans la limite qu’elle juge solvable.

Concernant 3-, le cas Allais, suppose une conception statique (et imaginaire) de l’économie permettant que “Le taux de croissance de la masse monétaire, idéalement fixé au taux d’accroissement du PNB réel augmenté du taux cible d’inflation tolérée”.

Dans la structure actuelle, c’est le cout du crédit et non son encours, qui est fixé, en amont, par la banque centrale, par le biais de ses opérations (ou conditions de prêt) dans le marché interbancaire. La détermination du taux d’intérêt est la conjonction des objectifs d’inflation de la BC, une donnée macro-économique et la fonction de réponse a laquelle elle fait face (le marché).

A l’inverse, l’analyse Allais (selon JP) fait la part belle aux fondements micro-économiques de la détermination du taux d’intérêt, notamment les “frais généraux” : “coût du risque des banques de crédit et de dépôt s’est élevé en moyenne à 3,6% de l’encours des prêts.” Ceci parait aberrant. Quel serait alors les frais généraux au Japon, ou le taux d’intérêt réel est quasi nul?

Enfin, le rôle de l’état, qui peut durablement engager des dépenses, et ce a contrario de la tendance économique n’est pas pris en compte.

Enfin, quelles sont les références bibliographiques exactes utilisées Jean-Peyrelevade (y compris pour le chiffre de 3,6%)?

Rédigé par : PH | le 12 septembre 2010 à 12:20 | Alerter

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On peut imaginer un nouveau régime monétaire si on le désire; c’est ce que fait brillamment de manière critique et heuristique M. Peyrelevade en résumant une partie de la pensée de M. Allais.

Cependant, cette entreprise ne mènera strictement à rien tant que l’on ne réalisera pas la différence entre monnaie et crédit: la monnaie contient le crédit mais l’inverse n’est pas vrai. M. Gomez affirme sans rire que le « crédit fait les dépôts », sans doute par déformation professionnelle (MM. Paulson et Bernanke, maîtres de la principale planche à billet mondiale, semblent penser la même chose, bien à tort …)

La bonne théorie et la simple pratique – Chine vis-à-vis de la Réserve Fédérale par exemple – démontrent à l’envie que la valeur d’échange de la force de travail fait la valeur d’échange sous toutes ses formes. Elle soutient donc tant la monnaie en circulation que le crédit.

Le bon volume de ce dernier dépend de la Reproduction Élargie – de l’ « équilibre général », si on préfère – et, par conséquent, de l’insertion de la Formation sociale en question au sein de l’Économie mondiale. Ce qui implique au premier chef le type de définition de l’antidumping retenu.

La définition libre-échangiste retenue dès la fin des Années Soixante créa bien des soucis à M. Allais, mais moins que l’incompréhension de l’UE qui refusa de comprendre l’importance de contre-mesures appropriées, par exemple la « préférence communautaire » qui devait dans son esperit accompagner la création de la monnaie unique … Sans doute parce que la théorie marginaliste libre-échangiste est ontologiquement incapable de différencier entre crédit et monnaie, autant qu’entre économie réelle et économie spéculative. D’où les montagnes de CDS et OTC qui continuent de s’accumuler dangereusement, pire qu’en 2007-2008, comme en témoignent les données de la BRI.

Paul De Marco

Rédigé par : Paul De Marco | le 12 septembre 2010 à 23:21 | Alerter

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Que de propos intelligents dans ce billet et dans ses commentaires.

Mais je fais un constat : ici comme ailleurs, chaque fois que la compréhension du système monétaire est abordée – et a fortiori sa réforme – le nombre d’interventions s’envole, le « soufflé » monte, puis finalement retombe. Aucune convergence ne se dessine ; la confusion demeure.

Pourtant, me semble-t-il, l’homme est le seul animal à user de monnaie. Nous sommes donc en présence d’un fait humain fondamental. Comment se fait-il que les sciences humaines ne s’en soient pas emparées ? Il est vrai qu’un anthropologue connu, choyé des médias, et qui plus est, connaisseur de la banque, en est encore a nier que les crédits bancaires sont la monnaie de l’économie. Comment s’étonner alors que la majorité de nos concitoyens en soit toujours au fétichisme du jeton, rare, mystérieusement chargé de valeur, et qui circule de main en main. A moins qu’il ne soit stocké en banque et comptabilisé dans nos comptes.

Qu’est-ce donc que la monnaie ? Interrogez Google, ou bien vos manuels ; la réponse est le plus souvent remplacée par l’énumération des fonctions traditionnelles de la monnaie : unité de valeur, moyen d’échange et réserve de valeur. Nous aurions besoin de quelque chose de plus opératoire, un peu comme l’équivalence entre matière et énergie, le fameux E = Mc² , qui a fait progresser notre compréhension du monde et a permis nombre d’applications concrètes.

Je crois avoir retenu une définition un peu de ce genre. Je n’en suis pas l’inventeur. Est-elle juste ? Sûrement perfectible en tout cas et vous saurez me le dire. La monnaie est un droit ; le droit d’acquérir une réalité de valeur précise, échangeable contre cette réalité elle-même.

S’il en est ainsi, on peut enchainer les questions et chercher des réponses. Un droit peut-il être produit autrement que par une société organisée ? Qui peut accorder un tel droit d’acquérir ? Qui en bénéficie le premier et pourquoi ? Qui en bénéficie à un instant donné ? Ce droit disparait-il pour un dernier bénéficiaire ? Si oui, quand et comment ? L’obtention de monnaie doit-elle être subordonnée à la création d’une richesse réelle de même valeur ? N’y a-t-il pas d’autres raisons qui justifieraient l’attribution de droits d’acquérir ? Peut-on prêter son droit d’acquérir et si oui dans quelles conditions ? Et la liste n’est pas close …

Les réponses pourraient être diverses, voire opposées mais peut-être y verrait-on un peu plus clair.

Rédigé par : J.Jégu | le 13 septembre 2010 à 22:08 |

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Deux remarques.
Dans le système actuel la principal source de profit du secteur est la dévaluation de la monnaie. Les opérations pour compte propre sont donc favorisées au crédit à l’activité, le découplement de ces activité ne doit pas faire illusion, le secteur fera de larges avances aux futurs nouveaux “hedge fund” qui seront simplement externalisés comptablement. Les banques généralistes escomptent l’effet de leur émission sur les marchés financiers en jouant la valorisation des actifs à la hausse, celle-ci est en fait une dévalorisation de la monnaie sous de jacente. La bulle des actions et de l’immobilier ayant explosé tout le monde c’est reporté sur celle des obligations et des matières premières. Le tout en prélevant la monnaie à des taux que le marché refuserait si nous ne vivions pas dans un état de contrainte monétaire lié au système des banques centrale actuels. L’intérêt de la démarche d’Allais c’est précisément d’éviter cet écueil systémique en favorisant un systéme où le banquier gère son risque et la banque centrale, la monnaie. En fait Allais est Missien il ne croît pas au crédit bancaire comme source de financement fiable sur le long terme, son système ressemble fort à du prêt classique mais comme il connaît la force historique des habitudes inflationnistes il laisse une marge de manœuvre aux autorités centrales. En somme il est moins doctrinaire et plus étatique que son cousin autrichien, je pense que c’est à mettre à son crédit. Je pense que c’est sage les précédents historiques sont nombreux pour le souligner même un état absolument crapuleux ne le sera jamais autant que le système financier actuel et ceux qui le dirigent. Quel autre acteur économique aurait osé faire faillite intégralement il y a deux ans, et présenter la note agrémenté de salaires hors normes pour cause d’excellence, vous en souvenez vous M Peyrelevade ? Le marché du travail est un excellent moyen de savoir si un secteur de l’économie s’exonère de tous soucis de productivité et de rendement pour se transformer en aristocratie. C’est très simple: un ingénieur qui construit des ponts qui ne s’effondrent sera payé 3Keuros par mois le même utilisé à structurer des produits qui ne peuvent l’être en utilisant des modèles qui sont voués à échouer gagne 10 fois plus. En théorie sur un marché non distordu le prix des deux devrait être relativement proche.Autrement dit ce que l’on paye au secteur bancaire c’est un droit de seigneuriage exorbitant qui s’est traduit entre autres par une hausse vertigineuse du coût de l’immobilier et des actifs en général. Ce coût exorbitant est absolument illégitime de quelque point de vue que l’on puisse se placer sauf de ceux qui monopolisent aujourd’hui cette “ressource”. L’existence d’un coût est bien sûr évidente mais encore s’agit-il de savoir quel serait ce coût avec d’autres paramètres systémiques surtout si l’on l’on intègre une monnaie moins inflationniste qui ne favoriserait pas les bulles grotesques comme celle que nous vivons en France avec les prix de l’immobilier. Des prix de l’immobilier dans la ligne historique (en gros -40%) c’est presque deux fois moins de crédit de primes de revenues et d’autres babioles. Autant de coûts en moins pour un résultat pratique équivalent.

Deuxième remarque
Le coût du système bancaire occidental est grotesque même par rapport aux historiques, le secteur financier pesait moins lourd dans les années 60 qu’aujourd’hui avec en bonus de la croissance à ce moment là. En principe avec le temps les industries doivent devenir plus compétitives et réduire leur part dans le PIB, la banque a suivi une pente inverse malgré l’informatisation, curieux non ? Aujourd’hui le coût de la tenue des comptes et des opérations de clearing est voisin de 0. Le coût réel et effectif du système bancaire qui intéresse 99% des français de leurs entreprises comme et de l’Etat est très faible en réalité, très loin des 3.5% que vous évoquez généreusement. Il n’y a jamais de coût 0, c’est vrai mais je pense que la machine est devenue folle jusqu’à croire à sa propre efficacité . Je pense qu’un point de PIB serait largement suffisant pour la faire tourner avant le coût du risque soit grosso modo le PNB français de la BNP seule.
D’ailleurs dans votre critique de M Allais je souligne que vous “oubliez” de signaler la faillite complète du système actuel et son coût prodigieux pour les collectivités. Je suis tellement convaincu de la nocivité du système actuel qui avait été pointé à l’avance par Hayek à la fin des années 70 que je pense que n’importe quel système de financement serait à essayer à conditions bien sûr de se passer définitivement de ceux qui en France, anciens hauts fonctionnaires, ont prétendu après avoir échoué à gérer l’Etat se faire banquier sans autre forme de procès en promettant de réussir pour leur compte là où ils avaient échoué pour le notre.

Cordialement Eric Grémont

Rédigé par : salluste | le 14 septembre 2010 à 11:24 | Alerter

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Réponse à PH (12/09/2010 – 12.21)
Ne confondons pas les analyses de Maurice Allais (dont j’ai essayé de traduire les conséquences) et les miennes.

1/ Dans le schéma Allais, seule la Banque Centrale crée de la monnaie, en quantité prédéterminée. Donc elle est seule à distribuer du crédit bancaire, à même hauteur. On est en face d’une sorte d’encadrement du crédit.
Comment cela marche-t-il ? Les banques de prêt doivent obtenir des avances de la Banque Centrale pour distribuer à leur tour des crédits, nécessairement plus courts. La Banque Centrale tient ses objectifs quantitatifs soit par une régulation par les taux (et on a un système qui n’est pas très différent du système actuel avec une forte augmentation du taux des réserves obligatoires pouvant aller jusqu’à 100%), soit par la distribution de quotas aux banques de prêt. On comprend que les partisans de l’économie centralisée vibrent à cette idée. On a connu : c’est l’encadrement du crédit dans sa version dure.

2/ La banque de prêts, recevant une avance de la Banque Centrale est créditée d’un dépôt du même montant dans une banque de dépôt. Quand elle accorde un crédit à un client, elle donne l’ordre à la banque de dépôt de débiter son compte et de créditer celui du client. La monnaie créée par la Banque Centrale circule bien dans l’économie dès que les banques de prêt se mettent effectivement à prêter (sinon, rien ne se passe). Pour répondre à Jean Bayard, les banques de dépôts ne prêtent jamais d’argent. Leur encaisse est égale à la masse monétaire, toujours déposée auprès de la Banque Centrale. Elles font simplement circuler la monnaie de client à client, et éventuellement de client à banque de prêt au moment des remboursements des crédits (mais les banques de prêt ne peuvent jamais accorder plus de crédits que le montant des avances reçues de la Banque Centrale).

3/ Ce n’est pas Maurice Allais qui fait la part belle aux fondements macroéconomiques de la détermination du taux d’intérêt, mais moi-même puisque c’est précisément le point sur lequel je critique sa connaissance approximative des faits. Je maintiens que le coût du système bancaire (banques de prêt plus banques de dépôt) qu’il faut construire pour distribuer partout les crédits à l’économie et faire circuler les moyens de paiement est de l’ordre de 3.5% des encours au minimum et qu’il faut bien que quelqu’un le paye (emprunteurs et/ou déposants). Mon seul but était de montrer que si l’Etat emprunte à taux zéro, il renvoie sa quote-part du coût sur le reste de l’économie (entreprises et ménages). Donc la monnaie centrale n’est jamais gratuite.

Ma source est la Banque de France qui publie chaque année le tableau des données synthétisant l’activité bancaire effectuée en France métropolitaine par les établissements de crédit. Pour 2008 (dernière année disponible pour l’instant), l’encours de crédit est de 1957 M d’euros et le total des frais généraux de 60 milliards, hors coût du risque. Avec le coût du risque, on monte à 70. Les années précédentes sont du même tabac.

Je maintiens que le système bancaire ne peut pas durablement fonctionner avec des recettes inférieures à ce niveau (en France, elles sont de l’ordre de 4 à 5% de l’encours). Dans mon souvenir d’ancien président de banque, une très faible partie vient des déposants, l’essentiel est prélevé sur les emprunteurs à travers le taux des crédits.

Enfin (et cela répond à l’observation concernant le Japon), le taux d’intérêt moyen payé par l’économie réelle peut être très sensiblement supérieur au taux du marché entre banques ou au taux des avances de la Banque Centrale, sans doute pour les raisons exposées ci-dessus. Tel est le cas aujourd’hui en France : le taux des avances de la BCE est voisin de zéro. Je doute que vous trouviez une banque qui vous prête à moins de 3% (ou alors, dites-moi laquelle).

Rédigé par : peyrelevade | le 14 septembre 2010 à 11:55 | Alerter

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@ Christian Gomez et Jean Peyrelevade:

j’avoue ne pas avoir été emballé d’emblée par ce topic, tant son thème me semblait loin des questions que pose l’actualité économique du moment: le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis, ses conséquences pour l’économie mondiale, la nécessité de poursuivre des politiques de soutien de la demande et la possibilité de mettre en oeuvre les mesures, pourtant indispensables destinées à réduire les déficits publics. La contribution de Christian Gomez, à la fois pédagogique et stimulante pour la réflexion, a réveillé mon intérêt dans la mesure où elle pourrait constituer l’amorce d’un débat porteur d’idées entre deux intervenants de qualité et reconnus. Dans l’attente de la réponse de Jean Peyrelevade à la contribution de C. Gomez, je voudrais faire ici quelques commentaires reflétant l’état de ma réflexion, et de ma compréhension, du sujet.

En premier lieu, la définition du concept de rente monétaire mériterait d’être reprécisée. Dans sa présentation, J. Peyrelevade semble la limiter aux seuls profits des banques. Il oublie par la même que, dans un contexte concurrentiel, ces dernières se trouvent contraintes d’en rétrocéder une partie aux emprunteurs sous forme de taux d’intérêt moins élevés. Si je comprend bien C. Gomez, la rente monétaire est en fait constituée de 2 parties:

– une partie immédiate constituée de la masse monétaire neutralisée par la remontée des banques de dépôt (ou CSM) à la banque centrale et remise à disposition du Trésor. Ou plus précisément de la charge d’intérêts que cette mise à disposition permettrait à l’Etat d’économiser.

– une partie récurrente découlant de l’augmentation de la masse monétaire au taux souhaité de 4,5% l’an, remise à disposition de l’Etat par le même mécanisme. Comme dans la zone euro le PIB et la masse monétaire mesurée par M3, sa définition la plus large, sont relativement comparables, la ressource dont bénéficieraient les finances publiques serait bien de l’ordre de grandeur estimé par Maurice Allais.

Le deuxième point concerne les conséquences du “100% Money” sur les différents acteurs de l’économie. Pour ce qui est des banques de dépôts (CSM), C. Gomez a raison de rappeler qu’elles ont diversifié leurs sources de revenus en développant les commissions, en contrepartie de la rémunération de l’épargne qui leur est confiée, et les activités annexes (assurances…). La nouvelle organisation du système bancaire leur permettrait probablement d’élargir encore leurs prestations, voire d’évoluer vers de véritables pôles multi-services. Verra-t-on un jour une offre quintuple play regroupant, outre la téléphonie fixe et mobile, Internet et la télévision par ADSL, les frais de gestion des comptes bancaires?

Dans ces conditions, il est bien difficile de dire si la réforme les obligerait à relever leurs tarifs pour atteindre l’équilibre d’exploitation. La situation des banques de prêts serait bien différente. Ne bénéficiant plus de la rente monétaire et contraintes de rémunérer l’ensemble de leurs ressources, elles seraient bien obligées de répercuter le coût supplémentaire correspondant sur leurs conditions de crédit. Et ce, d’autant plus que les détenteurs d’actifs monétaires manifesteraient, malgré l’absence de rémunération, d’une préférence pour la liquidité. Dans le cas où toute transformation d’échéance serait interdite, les financements longs seraient particulièrement pénalisés. Qui accepterait, et à quel taux, d’immobiliser ses avoirs sur 20 ou 25 ans pour financer de l’immobilier? Le crédit ne serait peut-être pas plus difficile à obtenir mais il serait probablement plus cher, avec pour conséquence d’en réduire la demande au détriment de l’activité et de l’emploi.

La troisième question concerne la réaction des créanciers, en particulier étrangers. L’alternative qui leur serait proposée ne serait guère attractive: soit conserver leurs avoirs sous forme liquide, sans rémunération et en supportant des commissions bancaires, soit les immobiliser pour une durée plus ou moins longue et donc se priver de la possibilité de les récupérer en cas de nécessité ou d’opportunité. La tentation serait grande d’échapper à la réglementation en plaçant leurs avoirs à l’étranger. C. Gomez semble douter de la possibilité de recréation d’un système bancaire “offshore” mais le précédent historique constitué par le prodigieux essor du marché de l’euro-dollar prouve le contraire. Qui pourrait douter que la Banque Nationale de Chine, par exemple, aurait le moindre scrupule à aller placer ses réserves en euros dans une banque new-yorkaise, créant par là-même des US-euros susceptibles d’être prêtés et d’alimenter des transactions dans la zone euro?

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce sujet mais je m’arrêterai là aujourd’hui. Je souhaite, encore une fois, qu’un débat fécond s’instaure entre C. Gomez et J. Peyrelevade et que ce débat permette d’éclairer les questions que peuvent se poser les participants à ce blog. Messieurs, à vos plumes.

Rédigé par : Anakin | le 14 septembre 2010 à 14:52 | Alerter

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JEAN PEYRELEVADE A LA MEMOIRE COURTE…

N’était-ce pas au même argumentaire de sa part:
“La solution 3 (Maurice Allais) est abstraite. Je répète qu’à ma connaissance elle n’a jamais été mise en pratique (sauf, éventuellement, en économie collectiviste où il n’y a pas besoin, par définition, d’alimenter en monnaie l’économie privée). En outre je suis convaincu qu’elle ne peut pas fonctionner.” ?
qu’il lui avait été répondu en commentaires (Actualité 10):
Vous occultez tout simplement le système du crédit nationalisé tel qu’il fut mis en place à la Libération, suivant le programme du Conseil National de la Resistance, et qui donna lieu aux Trente Glorieuses. Encore doit-on à Pleven d’avoir “sauvé” les banques d’affaires de cette nationalisation.
Cela correspond de fait (à peu de choses prés) à l’impératif de Maurice Allais:
“Toute création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul. Toute création monétaire autre que de la monnaie de base par la Banque centrale doit être rendue impossible de manière que disparaissent les faux droits résultant actuellement de la création monétaire.”
Ce fut le cas jusqu’à la loi scélérate Pompidou/Giscard (Pompidou étant ancien banquier du Groupe Rotschild) qui remit ce pouvoir aux mains des banques commerciales le 3 Janvier 1973 ,surlendemain de l’entrée en Europe du Royaume Uni, banques ensuite privatisées par Balladur (ancien chef de cabinet de Pompidou).
La croissance des Trente Glorieuses fut néanmoins de 5%, presque sans dette.
La dette est maintenant comparable au PIB, et presque sans croissance …
Cherchez l’erreur!
Malgré cela, le banquier affirmait déjà arbitrairement:
” Le problème n’est donc pas de savoir si elle est robuste ou pas, elle ne marche tout simplement pas :
1/ parce que la masse monétaire, faite uniquement de monnaie centrale, y est la contrepartie du seul crédit fait par la Banque Centrale à l’Etat. Cela impose que l’Etat soit en permanence en déficit, avec une dette cumulée de l’ordre de 100% du PIB…
2/ parce que, une fois de plus, on ne sait pas comment cette monnaie centrale pourrait se répandre dans l’économie et alimenter ce qui doit l’être.
Tant que vous n’avez pas répondu à ces objections, et surtout à la seconde, ce qui passerait par la description précise des circuits de diffusion, il est inutile d’ouvrir des débats parallèles. ”
En 1/, le banquier voulait nous faire croire qu’il n’aurait rien compris, car:
La création monétaire est bel et bien remboursable (par le travail de l’emprunteur) dans tous les cas. Il en va de même de l’Etat lorsqu’il rembourse par l’activité économique qu’engendrent ses investissements. La différence est qu’il n’y a pas d’intérêts privés. Or, ce sont précisément ces intérêts qui, cumulés, représentent l’intégralité de notre dette publique depuis 1973. Sans les intérêts commerciaux du marché financier, il n’y aurait actuellement plus de dette publique! (cf le calcul fait dans l’ouvrage de AJ Holbecq).
On comprend donc que les banquiers s’accrochent à cette rente qui leur a été octroyée… et qui ne fait qu’augmenter!
En 2/, le banquier nous prend pour des imbéciles:
Quand le secteur du crédit est nationalisé (comme ce fut le cas, répétons-le, durant les Trente Glorieuses) c’est lui qui ouvre toutes les lignes de compte dans les agences bancaires… et en collecte les intérêts pour le trésor public. Cela ne limite en rien, bien au contraire, ni le nombre d’agences, ni les facilités d’octroi des prêts surtout aux entreprises, alors que tel n’a pas été le cas avec le resserrement du crédit privé que connut la crise bancaire.
Seul un banquier a évidemment intérêt à faire croire que les revenus bancaires se trouvent moins bien dans le trésor public… que dans sa pôche!
D’ailleurs, comme le disait alors si bien le banquier, on ne saurait trop s’attarder en “ouvrant de tels débats parallèles”… Serrer la vis des retraités lui semblait alors plus urgent (voir Actualités 8, 10, 11).

Rédigé par : Hadrien | le 14 septembre 2010 à 18:35 | Alerter

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SUR L’”INDEPENDANCE MONETAIRE”,
J’avais déjà précisé, le 04 avril 2010 à 01:42 :
L’”indépendance” de notre Banque centrale était écrite en lettres d’or dans tous les manuels des années 60, ce qui n’empêchait pas, suivant le sens commun, de “faire marcher la planche à billets” à la convenance du trésor, au moment même où le Plan d’orthodoxie monétaire Pinay-Rueff était en vigueur pour prétendre l’éviter… Cela a donné les trente Glorieuses, avec une croissance supérieure à celle des Etats-Unis, au prix de dévaluations qui ne furent effectives que face au Mark désireux de redorer son blason (Le Franc ne s’est pas dévalué par rapport au Dollar, en moyenne, et s’est apprécié par rapport à la Livre sterling). L’euthanasie du rentier à dose raisonnable n’avait pas mal réussi aux Trente Glorieuses.
L’”indépendance relative” de la Fed permet aussi pas mal de souplesse (N’est-elle pas, dit-on en train de faire marcher “la planche à billets” pour racheter en sous-main ses propres bons du trésor américain?) En tout cas, demander 5 à 6% comme on le fait à la Grèce, de la part de banques commerciales qui se refinancent à 1% auprés de la BCE, serait exclu!”
En clair: aucun pays au monde ne se lie les mains comme le fait aujourd’hui l’Union Européenne par une “dépendance” monétaire aussi rigide !

Concernant plus particulièrement les banques et les services publics, la sécurité sociale, les retraites, je recommande à tous la lecture du livre présenté ci-dessous, paru il y a peu, d’où il ressort que Nicolas Sarkozy a les mêmes visées que celles exposées par le “social-démocrate” Jean Peyrelevade, ex-vice-président du Modem.

LES JOURS HEUREUX
Le programme du Conseil national de la Résistance de mars 1944 : comment il a été écrit et mis en œuvre, et comment Sarkozy accélère sa démolition.
Auteur: CITOYENS RÉSISTANTS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI
Editeur: La découverte
Parution : mars 2010
Nb de pages : 204
Prix : 14 €
L’association Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui est née des rassemblements citoyens aux Glières de 2007, 2008 et 2009. Parrainée par l’ancien résistant et ambassadeur de France Stéphane Hessel, ainsi que par l’ancien résistant Raymond Aubrac et l’écrivain John Berger, elle appelle citoyens, élus et gouvernants à agir selon les principes du Conseil national de la Résistance, fondés sur la solidarité, l’entraide et la réussite de tous.

Rédigé par : Hadrien | le 14 septembre 2010 à 18:38 | Alerter

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@ Jean Bayard:

Le relèvement à 100% des réserves obligatoires me semble au contraire exclure que la monnaie bancaire soit émise la première, ce qui est d’ailleurs le but de la réforme. En effet, les dépôts à vue, issus d’opérations de crédit antérieures, étant transférés aux banques de dépôt, ils ne peuvent être utilisés par les banques de prêt pour de nouvelles opérations de crédit. Ces dernières ne peuvent compter que sur les ressources suivantes:

– fonds propres, augmentés ou diminués chaque année de leur résultat et du solde des apports nouveaux (augmentations de capital) et des retraits (distribution de dividendes).

– épargne collectée, augmentée ou diminuée chaque année du solde des placements nouveaux et des retraits des épargnants.

– avances de la Banque Centrale.

Les crédits consentis sur les deux premières rubriques n’ont aucune incidence sur la création monétaire puisqu’ils sont assis sur des ressources stables, avec une échéance plus courte que celle de l’épargne correspondante pour la seconde rubrique. Seuls les crédits consentis en utilisant les avances de l’Etat créent de la monnaie, au taux souhaité de 4,5% l’an, si l’on suit M. Allais. Il me paraît d’ailleurs impropre de parler de monnaie bancaire, puisque sa création repose uniquement sur les avances de la Banque Centrale (masse monétaire = base monétaire = monnaie BC).

Quelques autres petites remarques pour éclairer le fonctionnement du “100% Money”:

– si les banques de prêt n’utilisent pas ou que partiellement les avances de la Banque Centrale, cette dernière peut compenser les conséquences de cette situation sur la masse monétaire en achetant des Bons du Trésor. La situation évoquée dans son papier par C. Gomez où les banques de prêt finissent par rembourser la totalité des avances BC paraît néanmoins extrême car la création monétaire ne reposerait alors que sur les avances à l’Etat. Plus probablement, la monnaie émise aura pour contrepartie un mix d’avances aux banques de prêt et de dette publique. Ce panachage n’a aucune conséquence sur la neutralisation de la dette puisque, dans le premier cas, les intérêts payés aux épargnants par le Trésor sont compensés par la rémunération des avances de la BC aux banques de prêt.

– le fait que les banques soient dans l’obligation de remonter leurs dépôts à la BC n’a évidemment aucune conséquence sur la disponibilité de ces derniers pour les titulaires de compte. Ceux-ci peuvent continuer à utiliser leurs avoirs pour leur consommation, le remboursement de leurs emprunts… et la constitution d’épargne nouvelle auprès des banques de prêt. Cette circulation de la monnaie n’a aucune conséquence sur le financement de l’Etat, puisqu’elle ne se traduit que par un déplacement de dépôts d’une banque à une autre, l’obligation de remontée à la BC demeurant la même pour chacune d’elle.

– la constitution d’une épargne nouvelle par transfert de disponibilités d’une banque de dépôt sur un produit à terme d’une banque de prêt permet à cette dernière de consentir de nouveaux crédits sans les financer sur les avances de la BC. De même, les disponibilités des banques de prêts provenant du remboursement des prêts en cours, de leur rentabilité et des apports peuvent être affectés à l’octroi de nouveaux concours. Je comprends donc la perplexité de C. Gomez devant l’affirmation que, dans le système de M. Allais, le crédit bancaire est porté in fine par la seule Banque Centrale.

Rédigé par : Anakin | le 15 septembre 2010 à 14:42 | Alerter

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NON, MAURICE ALLAIS ET LES PARTISANS DU „100% MONEY“ NE SE SONT PAS TROMPES!

Bien que la forme blog me mette un peu mal à l’aise, je me sens obligé de répondre au fond à cette attaque en règle contre Maurice Allais car je crois qu’elle est injuste et, par dessus tout, erronée de bout en bout. Ceci dit, sans acrimonie aucune vis à vis de l’auteur (appelé ici JP par commodité et sans attenter aux règles de la courtoisie, de la politesse et du respect) que je remercie d’exprimer ses vues avec clarté pour qu’elles soient discutées, ce que je m’efforcerai de faire en tentant de maintenir le niveau de discussion.

Je voudrais simplement dire en préambule que je partage avec JP une certaine prevention contre ceux qui utilisent Allais en pensant que ses vues autorisent tous les délires et vont permettre demain de “raser gratis” en imprimant du papier. Cela, je dois dire, est aux antipodes de la pensée du Maitre dont l’objectif a toujours été de faire fonctionner au mieux les économies de marché en corrigeant les désordres monétaires. Un point , c’est tout. Je me sens personnellement totalement dans cette ligne et ne veut rien avoir à faire avec les dérives “socialisantes” pour lesquels je n’ai aucune sympathie ni affinité.
Ceci dit, voici quelles sont mes objections au papier de JP.

• Erreur sur le projet

L’objet de la réforme proposée est de faire financer le crédit par l’épargne (en dehors de toute création monétaire), d’améliorer l’efficacité économique ( en évitant les distorsions de taux d’intérêt liées à la création monétaire) et de redresser la répartition des revenus distordue par la création monétaire. Le papier de JP ne traite que du 3éme point (ce qui est son droit, mais n’est pas le plus important dans toute la littérature sur le sujet) et fait une erreur sur le principe même de la réforme en laissant croire que la réforme suppose que le crédit dépendra de la BC sans distinguer la période de transition du “régime de croisière”. La BC ne soutient les Banques de Financement que le jour 1 de la mise en oeuvre de la réforme. Au jour 2, elles se débrouillent toutes seules pour trouver des fonds prêtables sur le marché….

• Du point de vue allaisien, il n’y a aucune erreur sur l’équilibrage des comptes des différentes institutions (Banque Centrale, banques de financement, banques de prêts que je préfère appeler les CSM, Compagnies de Services Monétaires).

Pour la BC (Actif = prêt aux BF (transition) ou titres public è(régime de croisière) contre Passif=comptes des CSM non rémunérés)  aucun problème. Pour les BFs, la situation ne sera pas différente des Organismes de Crédit non bancaires du type OSEO, Crédit Foncier,  aucun problème. Pour les CSM, ce sont deèCetelem, aujourd’hui…..  simples companies de haute technologie vendant des services bancaires pour les dépôts qu’elles ont en garde (point important) et que leurs clients détiennent dans un but transactionnel ( il faut complètement changer la perspective par rapport à aujourd’hui, les CSM devant être vues comme les “shurgard” de la monnaie). Elles génèreront donc un chiffre d’affaires, d’autant plus que leur position leur permettra d’être des canaux de vente de premier ordre pour tout un ensemble de produits financiers, même pour des prêts (à condition qu’ils ne soient pas “bookés” dans leur bilan).

• Le paralogisme du raisonnement propre à JP.

JP part d’une autre hypothèse que celle de Maurice Allais: Il est impossible de faire payer les services bancaires à ceux qui les utilisent ( c’est très explicite dans son texte) et, à partir de là, il en tire les conséquences:

– Il faut que les comptes des CSM à la BC soient rémunérés
(appelés par lui très improprement “Réserves Obligatoires”, ce qui nous rappellent de vieux souvenirs, à JP et à moi, mais n’a plus rien à voir avec la question- il faut se méfier des faux amis);
– L’actif de la BC doit donc dégager un rendement adéquat qu’assure dans la phase de transition le prêt BC aux BF et en régime de croisière les titres publics qui viennent en substitution à ces derniers;
– Toute nouvelle avance au Trésor Public aura donc un coût pour ce dernier ( un rendement pour le prêteur) et il est illusoire de penser pouvoir disposer de financement à coût nul (“l’ânerie des altermondialistes, si je comprends bien- Altermondialistes que je ne lis jamais….).

JP a le droit de prendre cette hypothèse et d’en tirer les consequences qu’il veut, mais il n’a pas le droit de dire que quelqu’un (M.A en l’occurence) se trompe parce qu’il fait un raisonnement en partant d’un autre point de vue qui se défend lui aussi dans une logique différente. D’autant plus que l’hypothèse de JP n’est pas aussi évidente qu’il le dit.

• L’impossibilité de faire payer les services bancaires, une hypothèse hautement contestable et anti-économique.

C’est une évidence pour JP selon lequel ““Sauf à faire payer ce coût par les déposants eux-mêmes, ce qui constituerait un intéressant transfert de charges que personne ne s’est jusqu’à présent risqué à recommander ou même à suggérer”. Elle rejoint un courant assez important dans la littérature selon lequel il faudrait en fait non seulement payer ce coût mais, en plus, rémunérer les dépôts à vue, le tout sur le dos de la collectivité, d’abord parce que les gens y sont habitués et, ensuite, pour éviter la fuite vers la quasi-monnaie que pourraient offrir les BFs (voir mon article). Pour moi, si le second aspect (“near monies”) est un vrai débat (cf mon article), les autres aspects sont datés et sans objet:

– D’abord parce que les agents économiques paient déjà leurs services bancaires (tenue de compte, virements, cartes bancaires, Cash management / cash pooling pour les entreprises…) , ce qui n’était pas vrai du temps de JP et à mes débuts car les banques utilisaient cet argument pour attirer les dépôts chez elles ( faisant bénéficier ainsi les déposants d’une rémunération implicite résultant de la création monétaire).
– Ensuite , parce qu’il est anti-économique et contraire aux conditions d’efficacité maximale d’une économie de marché de ne pas payer à leurs coûts réels les services rendus à ceux qui les utilisent et, ce, d’une manière explicite;
– Enfin, dans la logique du système, il est capital de construire une frontière claire entre les actifs monétaires (détenus pour équilibrer les flux d’entrées et de sorties de fonds au cours du temps) et les actifs d’épargne (correspondant à un véritable engagement pour le futur). Si les agents économiques veulent réduire ces coûts d’encaisse, il faut qu’ils minimisent le rapport M/D (encaisse/dépenses) et placent un maximum dans des instruments d’épargne, ce qui est bien l’objectif recherché ( la notion d’épargne monétaire, que j’ai vu dans certaines contributions, est une notion hautement critiquable- voir mon article sur la monnaie)

A un niveau plus avancé, je dirais qu’en instituant explicitement un coût des encaisses, on impose une espèce de taxe sur la thésaurisation, réalisant ainsi d’une manière élégante et réaliste( simple) un vieux rêve qui a traversé de nombreux courants économiques: de silvio Gesell à JM. Keynes…. De ce fait, la vitesse de circulation (inverse de l’encaisse désirée relative M/D) devrait devenir plus insensible aux taux d’intérêt et converger vers une valeur maximum (Vmax), dépendant uniquement des habitudes transactionnelles des économies considérées et de l’état de la technique (d’où une régulation facilitée de la conjoncture par l’intermédiaire de M).

• Il y a une incompréhension de fond de la réforme car les BFs n’ont aucun rapport avec la BC dans le fonctionnement normal du système et dans l’offre de credit.

Pour JP, il y aurait compétition entre le Trésor et les BFs dans l’allocation de la monnaie de base chaque année et, donc, dans l’alimentation de l’économie en liquidités. Non, le schema n’est pas celui-ci. Il faut le voir d’une autre manière:

– L’injection de monnaie de base, égale par definition à l’accroissement de la masse monétaire (100% oblige), se fait dans la proposition Allais par le financement dépenses publiques ( boutade: “cela pourrait se faire en utilisant l’hélicoptère de Bernanke…”). A partir de ce moment, le schéma est:
M–>D(dépenses)–> Revenu–>consommation +épargne–>emprunt (banques ou marché)/investissement

– Les BFs répondent à la demande de credit en cherchant des ressources soit sous forme de dépôts d’épargne, soit sous forme de “debentures” plus facilement mobilisables par leurs détenteurs ( mais avec des pertes en capital possibles), sur toutes les échéances nécessaires. IL N’Y A PLUS DE CREATION MONETAIRE DANS LE PROCESSUS DE CREDIT.

Ce point est d’autant plus important que son incompréhension conduit à une autre incompréhension concernant les taux d’intérêt:

– Aujourd’hui, l’offre de monnaie interfère avec l’offre de fonds prêtables et distord les taux d’intérêt d’une manière totalement arbitraire, poussant à des décisions d’investissement sans lien avec les véritables préférences des agents en matière d’épargne ( voir sur ce point capital, les critiques des “autrichiens”, en particulier Mises et Hayek).
– Dans le nouveau système, la fixation des taux d’intérêt devient monétairement „neutre“ (alors que dans l’interprétation de JP, ce n’est absolument pas le cas).

• Finalement, une conception biaisée de la création monétaire

JP apparait outré de cette création monétaire “ex nihilo” qui viendrait ainsi payer des dépenses publiques (dans une certain mesure car contrôlée par des règles constitutionnelles strictes). Mais, la création monétaire par les banques, avec un stylo ou du “thin air” (comme disent les anglo-saxons) ne lui crée pas la même répulsion en dépit de tous ses méfaits historiques, de l’invention de la banque au XVIème siècle jusqu’à la crise d’aujourd’hui). La raison en est que les méfaits liés à la création monétaire ne paraissent pas clairement perçus:

– Toute création monétaire est une ponction indue sur la production, car celui qui en bénéficie peut prendre (sur la production) sans avoir au préalable offert l’équivalent (par d’autres produits fabriqués ou des services rendus). Pour bien comprendre ce point, il faut avoir en tête toute la thématique du “faux monnayeur” introduite par Murray Rothbard et amplifiée par Allais ( il n’y a pas de différence d’un point de vue économique entre une banque et un “faux monnayeur”)
– L’idéal serait que la masse monétaire soit constante et que tous les ajustements au volume des transactions (croissance) se fassent par baisse du niveau des prix. C’est la position des “autrichiens” qui prônent aussi un “100%” mais un “100% OR” (voir Rothbard)
– Comme le point précédent parait difficilement envisageable aujourd’hui (trop grande rigidité des prix et des salaires), des auteurs comme Allais acceptent une augmentation de la Masse monétaire selon un rythme déterminé (4.5%) mais en en réservant les bénéfices à la collectivité pour en atténuer le caractère nocif.

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Voilà les points que je voulais évoquer en réponse aux critiques de JP, que je remercie encore d’offrir cet espace de discussion. Je m’aperçois que j’ai été bien long. Je m’en excuse. Je m’arrête donc là. Ceux qui sont intéressés par ces questions peuvent “downloader” mon article sur la réforme et trouver mon article sur la monnaie dans le bouquin (Maurice Allais et la Science Economique, aux editions Clément Juglar). Ils y trouveront toute la bibliographie nécessaire pour les approfondir.

Merci de votre attention… et de votre patience

Rédigé par : Christian Gomez | le 15 septembre 2010 à 17:26 | Alerter

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@ Jean Bayard:

Je ne comprends pas ce que vous appelez “la solution de Jean Peyrelevade du 100% monnaie”. J. Peyrelevade commence par décrire le projet de réforme soutenu par M. Allais d’une manière qui me paraît correcte et que personne ici ne me semble contester. Puis, il le critique, ce qui est bien son droit mais qui peut donner lieu à débat. Il n’y a pas, ou j’ai mal compris son propos, de “solution” Peyrelevade du 100% monnaie.

Ce que je réfute dans votre argumentation est la phrase suivante:

“On aura compris (je suppose) que je ne crois pas que le relèvement à 100% des RO soit la solution au problème posé par Maurice Allais, car dans cette hypothèse la monnaie bancaire serait émise la première et continuerait à avoir cours légal, si je puis dire, l’émission de monnaie centrale devant suivre au risque de provoquer de sévères perturbations dans le système.”
La distinction entre banques de dépôt et banques de prêt et l’imposition de réserves obligatoires (C. Gomez réfute ce terme mais peu importe) à hauteur de100% des dépôts constitue le coeur de la réforme du 100% monnaie, il n’y a pas de réforme sans elles. Dire qu’après la réforme la monnaie bancaire serait émise la première n’a aucun sens, c’est dans le système actuel qu’elle l’est et c’est ce à quoi se réfère le commentaire de la BDF que vous citez. Après la réforme, les banques de prêt ne pourront utiliser que leurs fonds propres, l’épargne collectée et les avances de la BC, limitées par C. Gomez à la période transitoire. Les prêts seront nécessairement consécutifs, et non préalables, aux avances de la BC et cette dernière en aura nécessairement le contrôle (les banques de prêt ne pourront demander un refinancement à postériori, ce serait contradictoire avec l’objet de la réforme).
Pour comprendre le fonctionnement du système, il faudrait compléter le schéma de Jean Peyrelevade. Que devient la monnaie après qu’elle a été créée par les avances de la BC aux banques de prêt, transférée aux agents économiques par les prêts, permis des échanges de biens et services, atterri sur les comptes des vendeurs de ces derniers dans les banques de dépôt et remontée à la BC? Eh bien, elle reste à disposition des titulaires de comptes dans les banques de dépôt qui peuvent s’en servir pour couvrir leurs dépenses et constituer de l’épargne en la transférant aux banques de prêt! Je pense que c’est ce point qu’il faut bien comprendre: la monnaie n’est pas utilisable par les banques de dépôt, qui en sont les dépositaires obligés, mais reste à la disposition de ses détenteurs (c’est bien le moins!). La circulation de la monnaie n’est donc pas affectée, les échanges de biens et services se déroulent librement entre les agents économiques et ont pour contrepartie des transferts de dépôts de banque à banque, sans conséquence pour la BC qui les récupère en bout de course.
Quant à savoir comment les banques se procureront la monnaie centrale, il faut distinguer deux étapes. Dans la phase transitoire vers le nouveau système, décrite par C. Gomez dans son papier dont je vous recommande une lecture attentive si ce n’est déjà fait, l’approvisionnement se fait par les avances de la BC aux banques de prêt. Lorsque la réforme aura atteint son régime de croisière, C. Gomez pense que les avances seront entièrement remboursées à la BC (j’avoue que je suis perplexe mais cela correspond probablement au point de vue de M. Allais). Les banques de prêt se procureront de la monnaie centrale en vendant des produits d’épargne à leurs clients. Comme indiqué par C. Gomez, la commercialisation de ces produits d’épargne pourra être déléguée aux banques de dépôt, constituant ainsi pour elles une source de recettes, à condition qu’ils ne se retrouvent pas dans leurs livres (elles agiront pour le compte des banques de prêt, en contrepartie d’une commission).

Rédigé par : Anakin | le 15 septembre 2010 à 21:10 | Alerter

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Merci de me corriger si je dis une sottise, mais il me semble qu’il faut bien comprendre que la seule création de *monnaie nouvelle * dans la proposition d’Allais/Gomez (et contrairement à ce que semble avoir compris Monsieur Peyrelevade) a lieu par émission monétaire de la Banque Centrale *à destination du Trésor Public * (obligations portées à l’actif de la B.C.). Il ne peut pas y avoir de création monétaire bancaire et par là même parler de “réserves obligatoires” (quelque soit le pourcentage) au lieu de garanties, n’a plus de sens.

Cette monnaie reste existante en tant que monnaie pour les échanges économiques et financiers par les intermédiaires CSM (banques de dépôts), une partie (qui devient de *l’épargne* dès qu’elle n’est plus de la *monnaie*) va grossir les capacités de crédit de l’économie par l’intermédiaire des banques de prêts. Disons que le montant utilisable au titre de l’intermédiation par les banques de prêt serait M3-M1, plus une partie du M1 actuel qui pourrait basculer, même pour une journée, des CSM aux banques de prêts.
Il serait ainsi clair que le système bancaire secondaire dans son ensemble ne pourrait plus créer aucune monnaie et que la BC aurait vraiment “la main” par son pilotage des apports au Trésor Public, apports dont une partie (conséquence de l’offre d’épargne ), se retrouvera sous forme de crédits.

Est ce que j’ai raison en disant que l’épargne n’a plus de contrepartie en monnaie centrale ?

Question subsidiaire pendant que Christian Gomez s’exprime sur ce blog : quid de la demande de crédit à long terme (immobilier résidentiel par exemple)

Rédigé par : A-J Holbecq | le 15 septembre 2010 à 23:22 | Alerter

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@ChristianGomez

J’ai lu votre exposé et j’ai plaisir à constater que je ne suis pas le seul à trouver M Allais rigoureux et opportun sur le plan théorique y compris du point de vu autrichien.
Comme vous je partage votre appréciation des dispositions pragmatiques qu’il propose.
Une inflation minimum récurrente est tellement dans les moeurs qu’il est inutile de lutter contre autant en réserver les bénéfices à la sphère publique.
M Allais mérite mieux que d’être critiqué par les faux monnayeurs professionnels !

Rédigé par : Salluste | le 16 septembre 2010 à 00:18 | Alerter

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Monsieur Peyrelevade
A contrario, dans le résumé que j’ai [ http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=47 ], je ne vois pas non plus que Maurice Allais ait écrit que la Banque Centrale devait financer en monnaie centrale les banques de prêts: mais il est vrai que je ne connais pas toute l’œuvre de M.A..
J’espère que Christian Gomez pourra préciser (aussi) ce point.

Rédigé par : A-J Holbecq | le 16 septembre 2010 à 17:15 | Alerter

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@ A jean bayard

je n’aurais pas grand chose à ajouter à la réponse de Anakin mais je crois nécessaire de faire 3 remarques additionnelles:

1 – Vous découvrez les principes mêmes de la création monétaire: les banques peuvent créer de la monnaie BANCAIRE, c’est à dire des dépôts à vue en contreparties des créances qu’elles émettent ou achètent, mais elles doivent faire face à des fuites hors de leur circuit, vers d’autres banques individuellement et, collectivement, une part de ces dépôts est convertie en monnaie manuelle (billets et pièces) ou conservée en réserves (une part très faible aujourd’hui). Toute fuite et tout déséquilibre de trésorerie doit se payer en monnaie de base (Monnaie banque centrale). Il y a un lien donc entre M et B qui peut se voir dans les deux sens (multiplicateur/diviseur)

2 – je m’aperçois au fil de nos discussions que la notion de coefficient de réserves de 100% est “misleading” et qu’il vaut mieux parler de “couverture intégrale des dépôts” car, dans la nouvelle organisation, il faut voir les choses autrement: C’est comme si vous aviez réellement apporter la monnaie BC à la banque et que celle-ci s’était engagée à vous la conserver en lieu sûr ( à la Banque Centrale) et à exécuter tous vos ordres de paiement contre rémunération. Dans un tel contexte, vos avoirs liquides sont totalement sécurisés et il n’y a plus aucun besoin d’une garantie d’état sur les dépôts à vue comme aujourd’hui. Les Banques de financement, quant à elles, n’ont aucunement besoin d’un coefficient de réserves, puisque, purs intermédiaires financiers, elles ne prêtent que les épargnes qu’elles ont collectées sur les différentes échéances. Il n’y a plus aucune notion d”en banque” ou “hors banque”. C’est totalement “irrelevant” et vos remarques montrent que vus n’avez pas réellement compris comment le système fonctionne.

3 –  A vous lire, j’ai le sentiment qu’il y a chez vous une grande confusion entre monnaie et épargne et que vous n’arrivez pas vraiment à voir clairement ces deux concepts et à les distinguer dans l’analyse. Je vous conseille d’oublier les banques et de penser à une économie dans laquelle il n’y aurait que des pièces en circulation. Y-aurait-il une épargne et que se passerait-il dans la circulation de cette monnaie?

Je ne sais pas si j’ai répondu à vos questions, mon cher Jean bayard. La monnaie est un instrument pervers. Pensez toujours à la parole de Gladstone: “il y a plus d’hommes qui sont devenus fous en étudiant les problèmes monétaires qu’il n’y en a qui le sont devenus par amour”. Ceci dit, c’est vrai pour nous tous.

Rédigé par : Christian Gomez | le 16 septembre 2010 à 18:30 | Alerter

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@jean bayard

Juste une précision à mon mail précédent: Dans le deuxième point, je parle bien des CSMs comme gardiennes de la monnaie car ce sont elles , et elles seules, qui la gardent et qui la font circuler sur les instructions de leurs clients. C’était évident, mais je préfère le préciser.

Bonne soirée

Rédigé par : Christian Gomez | le 16 septembre 2010 à 18:36 | Alerter

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@AJ Holbeck.

1) je ne comprends pas la première question sur la liaison entre épargne et monnaie de base. Je ne vous suis pas et j’ai l’impression que, comme pour Jean bayard, il y a une très grande difficulté à percevoir la différence entre monnaie et épargne.

2) sur le financement de l’immobilier: Je peux espèrer que l’immobilier n’est pas financé aujourd’hui sur “ressources monétaires”….. Même s’il doit y avoir de la transformation et donc une certaine part de création monétaire ( si les ressources mobilisées ne sont pas de l’épargne vraie), je pense que tous les grands organismes de financement du logement se refinancent aujourd’hui sur le marché financier, c’est à dire sur des ressources d’épargne. Ce qui guide les conditions du marché hypothécaire aujourd’hui, ce sont les taux à long terme du marché.

Rédigé par : Christian Gomez | le 16 septembre 2010 à 18:51 | Alerter

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@Peyrelevade

Ainsi donc, j’aurais induit en erreur Anekin… Dis comme cela, la remarque est assez discourtoise, mais passons… Sachez simplement que Maurice Allais est un homme précis et rigoureux. Quand il parle de prêt, il ne parle pas de don. C’est d’autant plus vrai que des auteurs (au moins un si ma mémoire est bonne) de la littérature ont effectivement parlé de don (la référence est dans mon article) et qu’il connaissait parfaitement toute la littérature sur la question. C’est un point qui serait en soi de peu d’intérêt à vrai dire si, derrière ce point, il n’y avait la possibilité de “neutraliser” une partie de la dette publique (une possibilité offerte qui, je le dis aux altermondialistes, ne marche qu’une fois). Pour votre réflexion, je vous propose la formule ramassée que donne Irving Fisher du plan du “100% money”: « A BANKING PLAN DESIGNED TO KEEP CHECKING BANKS100% LIQUID; TO PREVENT INFLATION AND DEFLATION;LARGELY TO CURE OR PREVENT DEPRESSIONS; AND TO WIPE
OUT MUCH OF THE NATIONAL DEBT” (Fisher, 1935, 3ème édition 1945). Tous les auteurs s’inscrivent dans cet axe.

Rédigé par : Christian Gomez | le 16 septembre 2010 à 19:10 | Alerter

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@C.Gomez

Merci pour la réponse très argumentée à Jean Bayard qui confirme bien (je crois) ma compréhension du système “à couverture intégrale des dépôts” (il a fallu ces quelques mois d’été, cependant )
Merci également pour la précision concernant le financement de l’immobilier.

Pour la première question: non, je ne confonds plus du tout épargne et monnaie (là aussi il m’a fallu un certain temps, je le reconnais)
Ma question était la suivante ” Est ce que j’ai raison en disant que l’épargne n’a plus de contrepartie en monnaie centrale ? ”
J’aurais peut être du la poser différemment, mais en fait vous y avez répondu (cf réponse à J.Bayard) : ” Les Banques de financement, quant à elles, n’ont aucunement besoin d’un coefficient de réserves, puisque, purs intermédiaires financiers, elles ne prêtent que les épargnes qu’elles ont collectées sur les différentes échéances.”

Merci
A-J Holbecq

Rédigé par : A-J Holbecq | le 16 septembre 2010 à 19:16 | Alerter

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@ Jean Peyrelevade:

Je ne pense pas avoir été induit en erreur par C. Gomez, puisque dans ma contribution du 15/09 à 21:10h, j’écrivais:

“Lorsque la réforme aura atteint son régime de croisière, C. Gomez pense que les avances seront entièrement remboursées à la BC (j’avoue que je suis perplexe mais cela correspond probablement au point de vue de M. Allais).”

Je ne pense pas non plus que C. Gomez fasse nécessairement erreur sur ce point. La pensée est vivante, celle de M. Allais a pu évoluer, même si cela ne se retrouve pas dans ses écrits ou dans certains.

Quoiqu’il en soit, ce point me paraît secondaire:

– d’une part, neutralisation de la dette ne signifie aucunement annulation de cette dernière. Dans le cas où la BC ne crée de la monnaie que par achat de Bons du Trésor, la dette de l’Etat disparaît dans la consolidation de ses comptes avec ceux de l’organisme d’émission (dans la limite de la création de monnaie, soit 4-4,5% de la masse monétaire par an) mais elle est remplacée par la dette de la BC vis à vis des banques de dépôts. Dette sans intérêt et qui ne se rembourse jamais (sous réserve qu’il n’y ait pas de fuite vers l’extérieur) mais dette tout de même.

– d’autre part, la création de monnaie par avances aux banques procure le même avantage à l’Etat que celle par achat de Bons du Trésor, sous réserve que le taux d’intérêt sur les avances aux banques soit au moins égal à celui des titres émis par l’Etat. La remontée à l’Etat, sous forme de dividendes, du produit de ces avances vient en effet compenser la charge de remboursement que ce dernier supporte sur sa dette.

Je n’ai fait qu’essayer de retranscrire le plus fidèlement possible ce que je comprenais de la réforme en m’appuyant, faute de connaissance préalable sérieuse de la pensée de M. Allais, sur ce que C. Gomez et vous-même en dites. Je pense, par ailleurs, que sa mise en application soulève d’autres questions, en particulier:

– est-elle relevante dans un environnement institutionnel où une part de plus en plus importante du financement de l’économie passe par les marchés et où la technique de la titrisation permet de rendre liquide à peu près n’importe quel actif? Je note d’ailleurs que la FED a renoncé à publier M3 depuis plusieurs années. Si l’on ne sait plus ce qui est monnaie et ce qui ne l’est pas, comment pourrait-on parvenir à régler la création monétaire?

– pourrait-elle être appliquée dans un environnement international marqué par des déséquilibres massifs des balances des paiements et la liberté des mouvements de capitaux? Il me semble que M. Allais lui-même s’est intéressé à cette question, notamment dans son livre sur la crise asiatique de la fin des années 90, et qu’il la considère comme un problème majeur.

Cordialement, en espérant que nos désaccords ne soient que provisoires.

Christian Pérot

Rédigé par : Anakin | le 17 septembre 2010 à 13:53 | Alerter

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CRITIQUE D’UN BANQUIER MALIN

Comme à l’habitude sur ce blog, l’éléphant accouche d’une souris. Ainsi, sur la création monétaire que bien des économistes ont abordé, depuis Irving Fisher jusqu’à Maurice Allais en passant par Schumpeter, Friedman etc., il ressort de ce billet, selon Jean Peyrelevade:
” La conclusion de ce développement est simple… il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes : il n’existe pas de monnaie qui n’ait un coût de fabrication et de distribution, aucune monnaie centrale n’est gratuite et jamais un changement d’architecture monétaire ne permettra en soi de régler le douloureux problème de la dette publique [occultant au passage celui de la dette privée] ”
L’auteur croit-il vraiment que Maurice Allais ignore pareilles trivialités? Si c’est là tout le fond de la critique adressée au “prix Nobel”, on aurait pu en faire l’économie.
La réalité sous-jacente est tout autre:
Ce n’est pas un hasard si la crise financière a fait ressurgir avec acuité les propos prémonitoires de Maurice Allais dans “La Crise Mondiale d’Aujourdhui. Pour de Profondes Réformes des Institutions Financières et Monétaires” (Editions Clément Juglar, 1999)
Actuellement, 50% des profits de toute l’activité économique du Royaume Uni vont au secteur financier, et les Etats-Unis ne sont pas loin sur la liste. Leurs endettements (public + privé) représente respectivement plus de 250% et plus de 300% de leur PIB, juste derrière l’Islande, en faillite, en tête du palmarès. Les profits financiers permettent des salaires et des primes tels que les jeunes diplomés se détournent de l’industrie pour se ruer vers la finance. Jean Peyrelevade lui-même ne s’est-il pas détourné de ses premières amours aéronautiques pour cette activité? De sorte que l’on parle aujourd’hui de désindustrialisation des pays qui ont exploité jusqu’à l’excés (too big to fail) les délices de la financiarisation de l’économie.
Qui peut croire que “la fabrication et la distribution du crédit” dans un pays doivent absorber jusqu’à 50% de l’activité économique ?

Pour défendre son point de vue, le banquier poursuit:
” On n’insistera pas sur la question byzantine que poserait cette sorte de renationalisation de la monnaie, prononcée par voie législative : le souverain, récupérant son privilège d’émission, procède-t-il à une sorte de réappropriation publique qui, portant atteinte au droit de propriété, léserait les actionnaires des banques et justifierait donc une « juste et préalable indemnité » ? ”
Doit-on lui rappeler que cette “réappropriation publique” eut lieu en 1981 et que la “juste et préalable indemnité” fut payée en bons du trésor sans spolier quiconque.
Mais les tropismes de l’auteur, ancien conseiller économique de Pierre Mauroy, qui assista impuissant à une telle renationalisation gaullienne” du crédit en 1981, ressurgissent sous sa plume:
” Ânerie déjà entendue en 1982 / 1983, lors du « tournant de la rigueur » du premier septennat de François Mitterrand, de la part des partisans de la fuite en avant : les idées fausses ont la vie dure. ”
L’économie française, nous avait déjà dit l’auteur non sans émotion sur son blog, “était sur le point d’exploser”.
Jugez plutôt : arrivée au pouvoir avec une dette publique de 21% du PIB, la gauche, aprés toutes ses nationalisations industrielles et bancaires, avait porté cet endettement au taux faramineux, pour ce père-la-rigueur-pour-les-autres, de 25% !
Rappelons que les successeurs à partir de Balladur, malgré la vente de tous les “bijoux de famille” et une politique d’austérité salariale , ont porté cet endettement jusqu’aux 80% actuels mais, à cette époque, on n’entendit guère Jean Peyrelevade pester contre une politique de privatisations contre-productives, puisqu’il planifia lui-même, en tant que PDG, celle du Crédit Lyonnais déclenchée par DSK et confiée à Pascal Lamy!
Comment une telle contradiction est-elle possible ?
C’est ce que je rappelais dans Actualités 12, par quelques chiffres bien connus sur les gains de productivité, leurs courbes figurent dans l’ouvrage de Patrick Artus “Sorties de crise”.” (Editions La Decouverte, 2009, PP. 87-88):
“Lorsqu’on superpose la courbe de progression de la productivité, en France, à celle des salaires réels déflatés, avec base 100 en 1980, on constate qu’elles naviguent de concert jusqu’à 1993, réalisant un accroissement total de 30% (130).
A partir de cette date marquant en France la privatisation Balladur, en Europe l’entrée en vigueur de Maastricht, et la mondialisation par l’OMC, elles se séparent pour donner:
– une courbe des salaires à peu prés plate, qui stagne autour de 130
– une courbe de productivité continuant de croître, qui gagne encore 20% jusqu’à 150 en 2008.
Pour les Etats-Unis, pionniers du libre-échangisme globalisé, c’est encore plus flagrant:
– la courbe des salaires déflatés est plate depuis 1980, et reste à 100
– la courbe de productivité croît continuement jusqu’à 160 en 2008
Dans les deux cas, la différence soustraite aux salaires, et notamment chez nous au financement des retraites, va dans les poches du capital, seuls bénéficiaires de la globalisation mondiale.”
En consultant la référence, on constatera qu’il s’agit bien de chiffres par tête et non par heure, ce qui prive à l’avance de l’habituelle argutie concernant le passage aux trente cinq heures.

Rédigé par : Hadrien | le 17 septembre 2010 à 19:06 | Alerter

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” L’essence du plan 100% Money est de rendre la monnaie indépendante des prêts, c’est à dire de séparer le processus de création et de destruction de monnaie du processus de prêt aux affaires” Irvng Fisher en introduction de 100% Money, cité par Maurice Allais dans “L’impôt sur le capital et la réforme monétaire”

Il est étonnant de voir que l’auteur de cet article prétendant avoir étudié les propositions d’Allais ait pu écrire un article aussi long et savant sur les liens entre création monétaire et prêt bancaire sous le plan Allais/fisher. En effet, sous le plan Allais/Fisher de réserve 100%, il n’y a plus de lien entre création monétaire et crédit! C’est tout le sens de cette réforme.

Quel malheur pour nous que le plan 100% soit si compliqué à expliquer en quelques mots même à des gens intelligents comme l’auteur de blog.

Petit rappel sur les objectifs du plan 100%. L’élimination de la dette publique et l’augmentation des revenus de l’Etat ne sont ni pour Fisher ni pour Allais, les objectifs principaux du plan 100%. L’objectif principal du plan 100%, c’est d’avoir un véritable contrôle de la monnaie.

Irving Fisher a écrit 100% Money après la déflation incontrôlable des années 30 consécutive à une forte contraction de la masse monétaire. Allais a remis au goût du jour cette idée lors de la grande inflation des années 70 consécutive à une explosion de la masse monétaire. J’espère que l’histoire économique retiendra la grande inflation des actifs des années 2000 comme résultant de l’explosion incontrôlée des moyens de paiement durant cette période en Europe et aux Etats-Unis.

« En fait, toutes les grandes crises du XVIIIe, XIXe et XXe siècle ont résulté du développement excessif des promesses à payer et de leur monétisation » Allais, l’impôt sur le capital et la réforme monétaire.

Mettre en avant uniquement, l’élimination de la dette publique et la hausse des revenus de l’Etat est je crois une erreur. Même si cela est à mon avis vrai et extrêmement important, on pourra toujours objecter que la conséquence sera une hausse des frais bancaires pour l’ensemble des épargnants. Moins d’impôt mais plus de frais bancaire.
(Je pense cependant que les bienfaits d’une élimination de la dette publique plus une augmentation des revenus de l’Etat sont incomparables avec les méfaits d’une augmentation des frais bancaires. Tout particulièrement parce que les frais de gestion d’un compte courant peuvent être très faible avec la technologie d’aujourd’hui.)

La priorité, c’est de permettre le désendettement des ménages, des entreprises et des Etats sans que cela ne provoque une déflation et un fort ralentissement de l’économie. Et cela, seul le plan 100% proposé par Allais et Fisher le peut à ma connaissance. (http://revolution-monetaire.blogspot.com/2009/06/limpossible-desendettement-ou-labysse.html )
Je conseille à l’auteur de ce blog de lire attentivement 100% Money d’Irving Fisher ( http://www.100money.fr) et l’impôt sur le capital et la réforme monétaire de Maurice Allais avant de se lancer dans une nouvelle critique cinglante du plan 100%.

Rédigé par : N.Faibis | le 17 septembre 2010 à 19:58 | Alerter

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Mr Peyrelevade n’a, nous dit-il en introduction, pas de préjugé idéologique.
Diantre !
Ainsi, ce n’est pas un prix Nobel qu’il fait mentir, mais deux puisque Paul Samuelson (autre prix Nobel) a écrit dans son célèbre manuel qu’ « en économie, ce que les gens voient dépend des lunettes théoriques qu’ils portent ». Il semblerait donc que Mr Peyrelevade soit un cas particulier : il ne porte pas de lunettes théoriques. C’est sans doute ce qui lui permet, après une simple « visite des œuvres du grand homme » d’en proposer aussitôt une critique. On supposera, d’après sa formulation, qu’il ne connaissait pas ces œuvres auparavant et on ne pourra donc que rester admiratif devant sa capacité de critiquer en quelques heures ce qui a pris pour, le mettre en musique, plusieurs années à un Prix Nobel.
C’est aussi sans doute, cette exceptionnelle capacité de critique qui permet à Mr Peyrelevade de faire preuve d’autant de désinvolture vis-à-vis du « maître » qui, rendez-vous compte,n’a pas daigné lui répondre. Et c’est toujours cette même capacité qui lui permet de négliger de répondre à quelqu’un comme C.Gomez, banquier lui aussi si je ne m’abuse, qui a pris le temps d’expliquer ses arguments pour engager le dialogue. A moins que des échanges aient lieu par ailleurs (par e-mails par exemple), des échanges il n’ yen a pas ici et cela est fort regrettable, notamment pour les lecteurs, car j’ai compris que Monsieur Gomez était certainement le mieux placé pour faire avancer le débat.

Monsieur Peyrelevade aurait-il des raisons particulières pour refuser d’affronter (le mot est peut être un peu fort) la contradiction ? Se rendrait-il compte qu’il a présumé de ses forces, malgré son absence de préjugés idéologiques ?

Rédigé par : RST | le 18 septembre 2010 à 21:53 | Alerter

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@A Anakin

3 remarques sur vos très intéressants points:

1) sur le remboursement du prêt BC, j’ai les points suivants:
a) Ce remboursement devrait se faire en liaison avec le “déplombage” d’une partie de la dette publique existante par le rachat des obligations d’état sur le marché que la BC sera conduite à pratiquer pour maintenir constant le niveau de la monnaie de base et donc de la masse monétaire. On peut supposer que les taux d’intérêt s’étageront de telle manière que l’épargne “libérée” par ce rachat se dirigera vers les “debentures” ou dépôts d’épargne offerts par les banques –> swap dette publique/dette privée, à masse monétaire rigoureusement constante.

b) dans certains pays dans lesquels les banques disposent des quantités importantes de titres publics à leur actif (Aux Etats-Unis ou au japon par exemple), l’impact sur la dette publique peut être direct car l’injection de monnaie de base peut se faire directement pour tout ou partie (partie aujourd’hui compte tenu des niveaux de dette publique) par la vente à la BC de ces titres publics ou assimilés de la part des banques de prêts (c’était d’ailleurs la voie envisagée par Irving Fisher à l’époque) . Par contre , dans les systèmes comme les notres, le rachat de la dette publique devra s’étaler dans le temps.

c) A supposer que l’on soutienne qu’il ne sera pas possible d’opérer ce rachat (je ne vois pas pourquoi , mais faisons l’hypothèse), il n’empêche que la montée progressive du taux d’intérêt sur le prêt BC ( capture de le rente monétaire) revient à une neutralisation de l’impact ( au moins pour une partie) de la dette sur le budget de l’Etat via les reversements des profits de la BC au budget de l’Etat.

2) sur le problème de la quasi-monnaie.

C’est là, le point essentiel car le plus fragile de la réforme. Comme je l’ai déjà dit , ce problème empêchait littéralement de dormir Henry Simons, un des pères de la Réforme.
IL FAUT POUVOIR CREER UNE FRONTIERE CLAIRE ENTRE ACTIFS MONETAIRES ET ACTIFS D’EPARGNE et empêcher les banques de créer de l’épargne “canada dry” (seulement le goût de l’éparge mais pas la substance). Les actifs dépargne ne pourront pas être transformables AVANT L’ECHEANCE PREVUE sans coût (pénalité dans le cas de dépôts d’épargne, comme la perte des intérêts courus) ou sans risque de perte en capital (debentures). C’est pour cette raison que je me suis appesanti sur cette question dans mon papier, en particulier en ce qui concerne les SICAV court terme. Ce n’est pas facile.

3) Sur le problème des liaisons avec l’international qui est complexe, je répondrai
-qu’en régime de changes flottants, il n’y a pas de problème à contrôler la monnaie de base en régime 100%;
-qu’en régime de changes fixes, il n’y aurait de véritables difficultés que si les devises représentaient un pourcentage énorme des contreparties de la monnaie de base. Dans le cas général, il serait facile de jouer sur les autres contreparties (open market) pour garder la maitrise de la monnaie de base et , donc , de la masse monétaire en circulation.
En fait, me souvenant de la période de ce qui s’appelait l’Eurodollar dans les années 70-80 ( cela ne nous/me rajeunit pas!), je me suis aussi posé la question de la possibilité de la création d’ un marché “off-shore” de l’euro en cas de mise en oeuvre de la réforme. Ma conclusion est que le phénomène devrait pouvoir être contrôlé aisément avec une banque centrale déterminée ( mais, je reconnais que la réflexion est ouverte sur ce sujet très complexe).
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Voici les quelques points dont je voulais vous faire part à mon retour de WE.
J’espère avoir été assez clair pour tout le monde en dépit du court moment que j’y ai consacré.

Rédigé par : christian Gomez | le 19 septembre 2010 à 22:30 | Alerter

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@N. Faibis

Tout à fait d’accord avec vous. L’objet de la réforme est d’abord de contrôler la monnaie et de dissocier le circuit monétaire du circuit du crédit. Nous sommes presque gênés de dire qu’elle a en plus des avantages non négligeables ( des “by-products”), comme créer de nouvelles ressources budgétaires (permanent) ou neutraliser une partie de la dette publique existante ( seulement une fois !!), car cela en fait nous fait apparaitre comme des faiseurs de systèmes miracles….mais inapplicables.

Ceci dit, je dois dire que maurice allais mettait de plus en plus l’accent au fil du temps sur :
-l’aspect efficacité ( avoir de véritables taux d’intérêt non biaisés par l’émission monétaire, pour sélectionner réellement les investissements les plus productifs– quand on voit les politiques monétaires menées depuis 10 ans, on se dit qu’il avait bigrement raison);
-l’aspect répartition des revenus dont les distorsions lui devenaient de plus en plus insupportables.

Quand vous parlez des frais bancaires, n’oubliez pas que leur gratuité n’est qu’un lointain souvenir et que les agents économiques les paient déjà. Sans doute, sont-ils quelque peu subventionnés car il est de l’intérêt des banques d’avoir les comptes chez elles. En effet, c’est un gage de fidélité des clients et elles savent bien qu’elles pourront se rattraper en vendant d’autres produits à hautes marges. D’un point de vue économique, c’est une inefficience de plus du système.

En tout cas, merci de promouvoir le bouquin de Fisher, qui est d’une limpidité extrême.

Rédigé par : Christian Gomez | le 19 septembre 2010 à 22:57 | Alerter

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@ Jean Bayard:

Je n’avais pas répondu à votre post du 16/09 dernier à 17h56 parce que Christian Gomez s’était exprimé entre-temps et que ses propos me semblaient éclairer suffisamment le débat. Il me semble maintenant utile de revenir dessus. Pour répondre précisément à votre question: oui, le 100% monnaie implique bien de relever à 100% le coefficient de réserves des banques de dépôts à la BC. C’est à dire que pour 1€ déposé par un client sur un compte à vue doit correspondre 1€ maintenu sur le compte de la banque qui bénéficie de ce dépôt à la BC. Quant à l’assiette de cette couverture à 100%, elle ne peut être, à mon sens, que l’ensemble des dépôts maintenus auprès des banques de dépôts, dépôts qui, après la réforme, regrouperaient les DAV et une partie des DAT actuels. En pratique, les détenteurs de DAT devraient choisir au moment de la mise en place du nouveau système entre conserver la liquidité de leur avoirs en les déposant sur un compte à vue non rémunéré auprès d’une banque de dépôts ou renoncer sans ambiguïté à cette liquidité afin d’obtenir une rémunération en les plaçant auprès d’une banque de prêts.

Comme indiqué dans ma précédente réponse, le fait que les banques de dépôts soient contraintes de maintenir une couverture à 100% des avoirs de leurs clients en leurs livres n’implique aucune entrave à la circulation de la monnaie. Si les banques ne peuvent plus utiliser les dépôts pour consentir des crédits et créer ainsi de la monnaie, elles sont tenues au contraire d’exécuter les ordres de paiement de leurs clients dans la limite de la provision disponible sur les comptes de ces derniers. Admettons, à titre d’exemple, qu’un particulier dispose de 1000€ sur un compte ouvert auprès d’une banque A. La banque A est contrainte de maintenir ces 1000€ sur son compte à la BC (application du coefficient de réserve de 100%). Elle ne peut donc s’en servir pour faire du crédit. Admettons maintenant que le particulier émette un chèque de 1000€ tiré sur la banque A pour acheter un téléviseur et que le vendeur de l’appareil le dépose sur son compte à la banque B. Que va-t-il se passer? La banque B va demander, via le système de compensation inter-bancaire, que la provision de ce chèque lui soit transférée. La BC va alors débiter le compte de la banque A de 1000€ et créditer celui de la banque B du même montant. En contrepartie, la banque A va débiter le compte du particulier de 1000€ et la banque B créditer celui du vendeur de télévision de la même somme. Vous constaterez que, à l’issue de ces opérations, le montant des dépôts auprès des banques de dépôts (ici A et B) ainsi que leur couverture à la BC restent globalement identiques. La banque A a perdu 1000€ de dépôts et sa couverture à la BC a diminué d’autant, la banque B a gagné 1000€ de dépôts et son obligation de réserve à la BC a augmenté d’autant.

Admettons maintenant qu’un particulier fasse un petit héritage de 10000€ qu’il dépose initialement à la banque C. Son compte à la banque C est donc crédité de 10000€. En contrepartie, la banque C voit son compte à la BC crédité de 10000€, somme qu’elle doit conserver en réserve et qu’elle ne peut donc pas utiliser pour consentir des prêts. Le particulier, qui n’a pas un besoin immédiat des fonds, décide alors de transférer ses 10000€ sur un compte d’épargne d’une banque de prêt D pour obtenir une rémunération en contrepartie. La banque D va donc demander le transfert de la provision correspondante, son compte à la BC va être crédité de 10000€ et celui de la banque C débité de la même somme. En contrepartie, le particulier va voir son compte de dépôt chez C débité de 10000€ et son compte d’épargne chez D crédité de la même somme. Admettons que la banque de prêt D utilise ensuite les 10000€ pour financer l’acquisition par l’un de ses clients artisan d’un véhicule utilitaire. Le vendeur dépose alors cette somme sur son compte à vue auprès de la banque de dépôts E. Le compte de E à la BC va être crédité de 10000€ et celui de D débité de la même somme. En contrepartie, le compte de l’artisan chez D va être débité de 10000€, couverts par la mise à disposition du prêt, et celui du vendeur chez E crédité de la même somme. Nous voyons que, à l’issue de ces opérations, le montant des dépôts est identique à ce qu’il était au départ. Les 10000€ de l’héritier ont été transférés au vendeur de véhicule sans aucune création monétaire, le crédit ayant été fait sur des ressources préalablement consolidées par la banque de prêts D.

J. Peyrelevade ne me semble pas proposer d’application particulière du 100% monnaie, il le décrit, tout au moins dans sa phase initiale où les banques de prêt ont besoin des avances de la BC pour faire face au transfert des DAV et partie des DAT (voir plus haut) aux banques de dépôts lors de la mise en place de la réforme. Si, comme l’indique C. Gomez dans sa réponse à N. Faibis( 19/09 à 22h57), M. Allais était de plus en plus soucieux d’avoir des taux d’intérêt résultant des seules forces du marché, on peut comprendre qu’il en soit venu à préférer la création monétaire par rachat de titres publics plutôt que par avances aux banques. Comme je l’indiquais dans ma réponse à J. Peyrelevade, cela ne me semble pas changer grand chose par ailleurs. Disons que, dans l’esprit de la réforme, l’épargne et elle-seule a vocation à assurer les besoins de financement de l’économie. En m’excusant si j’ai été un peu long.

Rédigé par : Anakin | le 20 septembre 2010 à 18:03 | Alerter

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@ Jean Bayard

Dans le plan Fisher/Allais, le coefficient de réserve de 100% doit être appliqué seulement aux dépots à vue (DAV) ou assimilable. Pour les dépôts d’épargne ou à terme (DAT), ils peuvent être de 0%, le système fonctionnerait quand même. Le problème vient fondamentalement de la frontière entre DAV et DAT qui est souvent flou et peu clair. Beaucoup de dépôt d’épargne sont des dépôts à vue déguisés. C’est entre autres pour cela, que la BCE a décidé d’imposer le même coefficient de réserve aux DAV et aux DAT.

Aus Etats-Unis, le coef de réserve est de 10% pour les DAV et de 0% pour les DAT. Résultat, la très grande majorité des banques contournent la loi et déguisent leur DAV en DAT pour n’avoir pas d’obligation de réserve. Tout cela avec la bénédiction de la FED bien évidemment. En conséquence, e montant des DAV aux Etats-Unis est tout simplement ridicule.

Je comprends parfaitement qu’un plan promettant la fin des grandes crises économiques et de la dette publique puissent paraitre invraissemblable au premier abord. Cependant, je crois vraiment qu’il gagne vraiment à être étudié sérieusement avant de s’y attaquer. Ce plan n’est peut-être pas un plan parfait, il est peut-être complètement faux. Mais une chose est sure : il est loin d’être stupide et essayer de le décrédibiliser en quelques mots me semble impossible.

@ Christian Gomez

Le transfert impôt à frais bancaire est un des principales points sur lequel Fisher a été attaqué. Ce que vous dites sur les frais bancaires est très juste. La gestion des comptes courant est si simple que quelques euros par an suffisent surtout si on ne reçoit aucun chèque. Cependant, c’est un argument qui peut avoir un certain échos dans une discussion. Il est intéressant de voir comment Fisher mentionne le point de l’élimination de la dette publique discrètement dans son livre. ” Trop beau pour être vrai” pourrait-on dire.

La distorsion des taux d’intérêt par notre système de création monétaire est peut-être le point central des méfaits du système actuel car il fait monter le taux d’intérêt réel en période de sous-investissement et le fait baisser en temps de sur-investissement. Bref, au lieu d’avoir une action contracyclique, notre système monétaire a une action fortement proclyclique, accentuant boom et crises. Mais bon tout ça, vous le savez déjà bien mieux que moi…

Rédigé par : nfaibis | le 20 septembre 2010 à 18:28 | Alerter

5.      @Anakin et nfaibis,
Merci à vous deux, pour vos commentaires. Mais, si vous le permettez, j’attendrai la réponse de Christian Gomez.
Cordialement
jean bayard

Rédigé par : Jean Bayard | le 20 septembre 2010 à 18:56 | Alerter

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LE BILAN DES BANQUES EXPLOSE ET INQUIETE (Décembre 2009)
“C’est un paradoxe, mais la crise financière a eu pour conséquence de faire grossir le poids des banques européennes dans l’économie… de quoi inquiéter certains experts.
Sur 353 banques,…15 d’entre elles sont aujourd’hui plus grosses que leur économie domestique, alors qu’elles n’étaient que 10 dans ce cas 3 ans plus tôt.
Avec le rachat de Fortis, BNP Paribas est aujourd’hui la plus grosse banque au monde par la taille de son bilan, qui a augmenté de 59% à 2.290 milliards d’euros depuis le début de 2007 et représente aujourd’hui 117% du PIB de la France. Le bilan de Barclays atteint 1.550 milliards de livres sterling, soit 108% du PIB du Royaume-Uni. Santander, avec 1.080 milliards d’euros d’actifs, a quasiment le même poids que l’économie espagnole.” (communiqué paru dans les journaux à la date sus-dite)

MAURICE ALLAIS avait énonçé de façon prémonitoire, au siècle dernier (déjà):
– Toute création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul. Toute création monétaire autre que de la monnaie de base par la Banque centrale doit être rendue impossible de manière que disparaissent les faux droits résultant actuellement de la création monétaire. ”

JOSEPH STIGLITZ, autre “prix Nobel d’économie”, déclarait en Octobre dernier, de façon plus générale sur les banques commerciales:
– La notion que les banques peuvent s’autoréguler est un oxymore. L’histoire montre que le système financier commet continuellement les mêmes erreurs dans ce qui est supposé être l’essence de son métier : évaluer les risques, prêter à qui est capable de rembourser. Cela reflète de fait une longue histoire d’incompétence et, aujourd’hui, nous avons assisté au plus grand renflouement de l’Histoire.
– Nous avons ainsi l’illustration la plus spectaculaire qui soit des actions prises sur le marché financier ont des répercussions sur l’ensemble de la société : sur le contribuable, sur le logement, sur l’emploi. Le marché financier impose un coût énorme à l’ensemble de la société, mais ce coût il ne le paye pas.”

JEAN PEYRELEVADE, expert en critique de “prix Nobel”, nous explique qu’ils n’ont rien compris, car tout cela est fait dans l’intérêt des peuples: ” il est d’intérêt public que les banques gagnent de l’argent. Pas trop, certes, mais suffisamment…”
A Maurice Allais, notre banquier dispute les % de PIB en matière de création monétaire, pour en déduire avec une admirable hauteur de vue:
” La nationalisation totale de la création monétaire … ne permettrait de financer au mieux que le tiers environ de la charge de la dette.”
Alors, mieux vaut, sans doute, que cela continue de nourrir les profits de sa profession…
ce qui contredit, au passage, l’algarade introductive:
“Dire que les charges d’intérêt qui pèsent lourdement sur le budget de l’Etat ne sont dues qu’à la coupable cupidité des banquiers commerciaux auxquels des dirigeants politiques complices de leur enrichissement ont scandaleusement affermé le privilège souverain de la création monétaire, est politiquement commode….”
…”parce que [dixit peyrelevade | le 26 avril 2010 à 16:54], une fois de plus, on ne sait pas comment cette monnaie centrale pourrait se répandre dans l’économie et alimenter ce qui doit l’être.” C’est vrai, ça! Pendant toute la période des trente glorieuses, on ne sait vraiment pas comment on a fait pour répandre 5% de croissance dans l’économie, avec un secteur du crédit nationalisé et une banque centrale qui achetait directement à l’Etat ses obligations de la dette publique.
Rappelons qu’avec l’entrée de la “City” en Europe le 1er janvier 1973, et la loi Pompidou/Giscard, deux jours plus tard, sur l’obligation faite à l’Etat de s’adresser au marché financier, la croissance chuta aussitôt à 2,4%.
C’était compter sans Jean Peyrelevade qui, avec Pascal Lamy, s’employa à la faire chuter encore de moitié par le fameux “tournant de la rigueur” , exploit qu’il relate avec gourmandise dans son livre de 2008, et qui fait encore des gorges chaudes à droite. Comme il répugne aujourd’hui à en parler, citons son livre (2008):
” Pascal Lamy à Rivoli…, moi-même à Matignon servions de relais entre nos patrons politiques respectifs [Jacques Delors ministre des Finances, Pierre Mauroy Premier ministre]” (p.158-159)
“C’est ainsi que fut pris le virage de politique économique de Juin 1982, puis mars 1983, vers ce que Lionel Jospin, alors premier secrétaire du parti socialiste, crut bon d’appeler la parenthèse de la rigueur, commettant ainsi une erreur de forme et de fond…” (p.151)
“Il y eut dans notre action, pour une part significative, comme une sorte de relicat de correction Barriste…Une hausse temporaire des prélèvements obligatoires sur les ménages fait partie intégrante de tout plan de redressement digne de ce nom” (p.155-156)
“De 1982 à 1984, le taux de croissance de l’économie française fut divisé par deux (de 2,4 à 1,2%)… Simultanément, en 1983 et 1984, le pouvoir d’achat des ménages subit une légère diminution (-0,1 puis -1,1%), ce qui était conforme à la politique suivie.” (p.156-157)
On comprend mieux pourquoi Jean Peyrelevade débute son billet par:
“Je n’ai pas de préjugé idéologique…”
pour mieux conclure:
“N’en déplaise aux soi-disant économistes de la mouvance dite « altermondialiste », il faut qu’ils apprennent à faire des additions.”
On a affaire à un surdoué qui a commencé d’emblée par les divisions et soustractions !

Rédigé par : Hadrien | le 20 septembre 2010 à 19:59 | Alerter

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Quoi qu’il en soit grosso modo, l’interdiction faite aux Administrations Publiques de financer leurs besoins de trésorerie directement auprès de NOTRE banque centrale (dont nous sommes les actionnaires à 100%), nous a coûté l’obligation de financer chaque année les intérêts de “la dette”, par un effet boule de neige qui a augmenté cette dette d’année en année.

Nous avons payé (et donc du les emprunter) 1350 G€ d’INTERETS entre 1980 et 2009.
Si nous n’avions pas eu ces intérêts à emprunter, la dette publique qui représentait 21% du PIB en 1980 n’en représenterait plus que 9% selon nos calculs réactualisés dernièrement… et dieu sait que l’année 2009 n’a pourtant pas été tendre avec nous.
Pour en savoir plus http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque/

Même si le 100% monnaie a du mal à passer les nombreux obstacles qu’y mettront les banquiers ou même ceux des citoyens qui n’auront pas bien compris, il me semble que l’urgence reste au moins – immédiatement – dans la nécessité de monétisation directe par la banque centrale (notre banque) des intérêts annuels de cette dette ou encore mieux, du rachat systématique des obligations arrivant à échéance (en échange, j’accorde à tous les opposants à cette idée qu’il est souhaitable que les budgets primaires des APu soient équilibrés et les invite en plus à discuter de la pertinence d’une monétisation directe supplémentaire des investissements dont nous allons avoir besoin pour passer ce cap de transition énergétique) . Bon, je sais, pour cela il faudra dénoncer au moins l’article 123 du Traité de Lisbonne et en conséquence probablement quitter “cet” euro. Pour ma part, j’en suis venu a défendre cette idée.

Rédigé par : A-J Holbecq | le 20 septembre 2010 à 22:43 | Alerter

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Admettons que l’évidence de Monsieur Peyrelevade soit juste , à savoir que le “coût” de la la gestion de la monnaie soit bien “D’où, par simple addition, l’égalité minimale d’équilibre d’exploitation de l’ensemble du système bancaire et monétaire, à taux de profit partout nul : ip = cp + cd + rp ”

J.P. rajoute ” La conclusion est évidente, et vieille comme l’histoire de la monnaie. Le souverain, fort de son privilège, emprunte à taux nul la monnaie qu’il crée (mais qui ne lui appartient pas) et dont il devrait au minimum payer le coût de circulation, soit ib en taux d’intérêt équivalent. Il fait régler l’addition par l’ensemble de l’économie, c’est-à-dire la population qu’il gouverne.”

Ciel, mais si c’est vrai l’ensemble de la population devra payer à la Banque de France ce “taux d’intérêt équivalent”.
Mais comme la Banque de France redistribue à l’Etat tous ses dividendes et paye l’impôt sur les bénéfices n’est ce pas ‘in fine’ le redistribuer à tous les citoyens, égalitairement, plutôt que de redistribuer aux plus riches les bén,éfices du système actuel.

PS: il serait intéressant que J.P. puisse nous faire part de la part de patrimoine/ patrimoine total des français, détenu par les IFM, et surtout de l’évolution de ces 30 dernières années…

Rédigé par : A-J Holbecq | le 21 septembre 2010 à 07:25 | Alerter

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@Jean Bayard
Monsieur Bayard, je suis désolé si, par inadvertance ou maladresse, je vous ai offensé, mais j’ai souvent beaucoup de mal à vous suivre. Peut-être en est-il de même pour vous vis à vis de moi mais, dans ce cas, je pense qu’il nous faut , chacun, tracer des chemins séparés. Si d’autres vous comprennent mieux, tant mieux pour vous et …pour eux.
Je ne me dérobe à rien. Tout est sur la place publique à travers les deux articles écrits au cours des derniers mois sur ces questions, dans tout le détail nécessaire. Vous pouvez être d’accord, pas d’accord…Dans l’un et l’autre cas, je ne vois aucun inconvénient. J’essaie de répondre honnêtement aux questions que l’on me pose, c’est à dire à la mesure de la compréhension que j’ai des phénomènes analysés. Un point, c’est tout.
Dans le cas considéré, je vais encore essayer même si vos questions ne me paraissent pas adéquates.
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Dans le système proposé, le circuit monétaire ( à travers les CSMs) est complètement séparé du circuit du crédit (à travers les banques de financement).

A) Quelques vues sur les CSMs

1) Les dépôts à vue transférés dans les CSMs (les banques de dépôts) ont comme contrepartie effective de la monnaie banque centrale à 100%. Si, au lieu de ces dépôts, les déposants voulaient des billets en lieu et place (hypothèse purement théorique) d’un jour à l’autre ou d’une minute à l’autre, il n’y aurait aucun problème dans ce système. Les dépôts des CSM à la BC , représentatifs des dépôts des déposants, seraient échangés contre des billets ( il faudrait faire marcher les presses) et distribués à leurs propriétaires…. Au passif de la BC, les comptes de CSMs tomberaient à zero et le poste billets en circulation monterait d’autant.
2) Les CSMs ne sont pas propriétaires des dépôts, pas plus que les “custodians” ne sont propriétaires des dépôts de titres faits chez eux. Les CSMs sont en fait des “custodians” (conservateurs) de la monnaie des agents économiques. Ils n’ont aucun droit à disposer de cette monnaie et ne peuvent qu’exécuter les ordres qui leur sont transmis. Bien entendu, toute opération de crédit leur est interdite.
3) En fait, tout se passe comme si les déposants déposaient des espèces qui seraient garder dans un coffre-fort central ( une centrale de clearing), en l’occurence la BC, en leur nom ( on behalf). Le CSM effectue les transactions commandées et assure le clearing avec les autres CSMs auprès de la BC. Un point, c’est tout.
4) en bonne comptabilité, comme pour un conservateur de titres, il faut dissocier le patrimoine propre du custodian (son capital et le placement de celui-ci) des titres déposés chez lui pour la conservation et l’exécution des opérations sur titres ( j’avoue que je n’ai pas travaillé cet aspect, mais cela me vient naturellement sous mon clavier) –> il vient donc que le système de paiement devient une forteresse absolument inviolable et que nul ne peut plus perdre l’argent qu’il a déposé en banque
( sur ces points, j’ai beaucoup apprécié le livre récent de Jesus Huerta de Soto: “Money, Bank credit and Economic cycles”— Encore un “autrichien “….comme par hasard)

B) sur les Banques de Financement:

1) Celles-ci sont de “purs” intermédiaires financiers qui collectent l’épargne et distribuent les crédits, le tout sur toutes les échéances requises.
2) Par définition, elles ne gèrent aucun dépôt liquide de clients et toutes leurs transactions doivent passer par les CSMs dans lesquelles elles ont des comptes ouverts.
3)Elles assurent cette fonction d’intermédiation contre une rémunération couvrant le coût des ressources, le coût de fonctionnement, le coût du risque (provisions) et ce qu’il est possible de faire passer pour rémunérer le capital (profit).
4) Un acte d’épargne, par définition, laisse la masse monétaire inchangée: un individu, l’épargnant, transfère son pouvoir d’achat sur une période déterminée à un autre individu /entité contre une rémunération ( le coût de la ressource). Ce dernier va l’utiliser à sa place dans un usage productif.
(Anakin a bien expliqué toute cette mécanique sur laquelle je ne reviendrai pas).
5) Ces BFs , comme on peut le voir, peuvent faire faillite sans aucun dommage pour le système. Ce sera aux épargnants de bien choisir les Institutions dans lesquelles ils placent leur épargne. Ils sont protégés par le capital (à determiner mais, dans ces conditions, un 4/5% me parait un grand maximum) mais supporteraient toutes les conséquences si les pertes allaient au delà . Il n’y a plus besoin de garantie d’Etat et il n’y a plus de “moral hazard” dans un tel système.
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Le système proposé marque une rupture au niveau des pratiques. Il est aussi conceptuellement différent des systèmes à réserves fractionnaires. C’est pour cela que je n’aime pas beaucoup le mot “Réserves” (au regard des discussions que nous avons eues) . Mais, c’est après tout, une question de sémantique….

Rédigé par : Christian Gomez | le 21 septembre 2010 à 10:05 | Alerter

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@ A.J Holbecq

Merci pour tous ces calculs. Tout cela est encore plus effrayant que ce qu’on peut intuitivement imaginer. La dette n’a servi à financer rien du tout. Nous sommes juste dans un processus de cavalerie, de fuite en avant depuis maintenant 30 ans.

Une gigantesque pyramide de Ponzi : les nouveaux entrants paient les anciens…

Rédigé par : Nfaibis | le 21 septembre 2010 à 11:17 | Alerter

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Où Jean Peyrelevade démontre le contraire de ce qu’il veut prouver…

Dans le billet ci-dessus, l’auteur conteste l’affirmation de Maurice Allais:
« les revenus de la création monétaire par la Banque Centrale seraient rétrocédés à l’Etat, ce qui lui permettrait dans les conditions actuelles de supprimer la presque totalité de l’impôt progressif sur le revenu »,
En se fondant sur deux observations:
L’ETAT: Les recettes de l’IR représentent, ce qui est aussi le montant actuel des charges d’intérêt sur la dette publique, environ 3% du PIB, lequel PIB avoisine l’encours de crédit du système bancaire français.
LES BANQUES: leur profit net après impôts sur les quatre dernières années est de 1% en moyenne du même PIB,
Jean Peyrelevade conclue triomphalement:
La nationalisation totale de la création monétaire… ne permettrait de financer au mieux que le tiers environ de la charge de la dette.
L’apparente factualité de ce raisonnement recèle une entourloupe qui saute aux yeux:

On y compare le service de la dette aux profits bancaires, tous services confondus.
Or, les réponses aux appels d’offre au marché pour le service de la dette se font par voie électronique et sont régularisés dans les trois jours, ce qui signifie que les frais encourus par les banques sont voisins de zéro (pas de “distribution”, d’agences localisées, etc.).Quant à la “fabrication” de’ ce crédit, Il ne reste à soustraire au pire qu’un coût de refinancement auprés de la BCE de 1%.
Restent donc 2% (et non 1%) résultat souvent dénoncé en France (”les banques lui prétent à 3% ce qu’elles obtiennent de la BCE à 1%”).
2% représentant actuellement une quarantaine de Miliards, on en déduit que les banques perdent le pourcent manquant…soit vingt Milliards, dans leurs autres activités!
Quand bien même on accepterait le 1% de Jean Peyrelevade, cela signifierait que les banques ne tirent leurs profits que de la dette publique !
Les banques n’ayant pas vocation de philanthropie, cela laisse quelques doutes sur la “sincérité” (comme disent entre eux les financiers) de tels bilans…, mais on en déduit, dans tous les cas, que la dette publique est bien leur affaire la plus rentable (cf. le premier livre de AJ Holbecq: La dette publique, une affaire rentable. A qui profite le système? ), ce qui justifie d’autant plus les accusations pré-citées de Joseph Stiglitz (cf. Hadrien | le 20 septembre 2010 à 19:59 ) et le retour à la nationalisation du crédit proné par Maurice Allais.

Rédigé par : Hadrien | le 21 septembre 2010 à 18:44 | Alerter

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Réponse à Anakin (20/09/2010 – 18.04)
Bien d’accord, sauf, une fois de plus, sur la supposée préférence de Maurice Allais pour la création monétaire par rachat de titres publics. J’y reviens très vite.
JP

Rédigé par : peyrelevade | le 22 septembre 2010 à 15:29 | Alerter

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@Christian Gomez
Je crois que j’ai enfin compris.
Nous aurions gagné beaucoup de temps si vous aviez su nous expliquer en quoi la version proposée par Jean Peyrelevade différait de la vôtre et surtout ce que vous entendiez par “couverture intégrale des dépôts” ou “imposition d’un coefficient de réserve de 100%, comme je vous l’ai demandé. C’est en définitive le vocabulaire qui m’a conduit aux erreurs d’interprétation. Si vous m’aviez donné comme réponse, que la monnaie serait créée par la Banque centrale à destination exclusive du Trésor Public, à charge pour lui de la diriger d’une manière ou d’une autre dans l’économie, j’aurais compris.
Parce que dire qu’il n’y a d’émission de monnaie (centrale) que par l’Etat, pouvait s’entendre aussi bien (comme l’a fait, je présume, Jean Peyrelevade) de l’émission de monnaie par la Banque centrale sous le contrôle de l’Etat. Ce qui expliquerait la position de l’initiateur de ce blog qui, comme je l’ai écrit, a le mérite de proposer une solution simple d’application et réaliste qui permet de faire circuler la monnaie centrale et exclusivement cette monnaie entre tous les agents économiques, selon des critères de séparation des banques voulus par Maurice Allais”.
Il est évident que dans votre hypothèse du 100% monnaie, le crédit bancaire – au sens des crédits consentis à l’économie – est in fine porté par la seule Banque Centrale, puisqu’il est fait de concours exclusivement accordés au Trésor. Veuillez me dire si je me trompe.
Mais, en ce qui me concerne, le problème n’est pas résolu.
J’ai bien noté les précisions que vous m’avez apportées sur les banques de dépôts, et vous en remercie. Toutefois j’aimerais savoir si dans votre organisation, les banques de dépôts qui tiennent les comptes de DAV, tiennent aussi les comptes de DAT. Je pense que oui, mais dites-moi, si je me trompe. J’imagine que vous n’imposez pas à leurs détenteurs de les placer dans les banques de financement (simples intermédiaires).
Dans l’affirmative, le problème de l’épargne reste entier, car il en est de la monnaie scripturale épargnée comme il en est de la monnaie fiduciaire (avec les lessiveuses) : elle ne circule pas. C’est la raison pour laquelle je parle d’épargne morte placée sur des parkings monétaires. J’entrevois le même problème dans le 100% monnaie que dans le système actuel. Comme vous le savez, cette épargne représente en gros, M2-M1 et plus. On ne peut pas négliger une pareille masse monétaire. Comment pensez-vous la faire circuler ?
Dans mon billet du 12.09 à 15:21, je proposais une solution qui consiste à faire transférer par la BC la monnaie centrale correspondant aux fonds épargnés des comptes des banques de dépôts aux comptes des banques prêteuses, afin de les remettre dans les circuits. Forme de régulation monétaire.
Enfin, je persiste dans mon analyse du texte de la page 8 de l’ouvrage de Maurice Allais “La crise mondiale aujourd’hui” (cf. mon billet du 12 sept à 15:18), qui ne m’a pas aidé pour une bonne compréhension du 100% monnaie.
Merci de m’avoir aidé à corriger mes erreurs d’interprétation. C’est pour moi le plus important.
jean bayard

Rédigé par : Jean Bayard | le 22 septembre 2010 à 16:08 | Alerter

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@ jean bayard

Avec ma meilleure volonté, j’ai encore des problèmes à vous suivre.

1)qu’est-ce que c’est que cette idée, que vous attribuez à JP, que tout se passe comme si le crédit était in fine porté par la banque centrale.? Certainement pas. Vous confondez tous les circuits et tous les mécanismes de base de l’économie.

En fait, la séquence est: Injection dans l’économie de B et M (une seule et même chose dans le nouveau système) par la BC via le TP –> La nouvelle monnaie circule et génére un flux de dépenses et de revenus selon sa vitesse de circulation–> les revenus sont consommés, investis ou épargnés –> les nouveaux investissements sont financés soit par autofinancement, soit par emprunts sur le marché ou auprès d’IFs qui, eux-m^mes, se seront alimentés sur l’épargne courante. Dire que cela revient à faire porter tout le crédit par la BC est plus qu’incorrect. C’est totalement faux.

2)Le problème des DAT: s’ils sont de l’épargne, ils n’ont rien à faire dans les CSMs qui ne rémunèrent aucun dépôt et ne traitent que de la monnaie. S’il s’avérait que les DAT déposés dans les BFs présentent, pour un certain coefficient, une substituabilité à l’encaisse, il faudrait d’emblée à couvrir ce coefficient par un taux de réserves adéquat pour empêcher toute création de monnaie par duplication de pouvoir d’achat de la part des Banques de Financement. ( sur ce problème , voir directement Allais sur le concept de monnaie ou , pour une vue plus générale sur le problème, mon propre article chez Clément Juglar) –> voir précisément toutes les discussions pour bien différencier les actifs monétaires des actifs d’épargne.

3) que sont ces parkings à monnaie que vous assimilez à ce que vous appelez “l’épargne scripturale” ou à un “bas de laine” inutile???? Je ne comprends rien à cette vision des choses.

Je peux détenir plus d’encaisses qu’il ne m’en faut normalement pour assurer mon plan de trésorerie parce que je crains l’avenir ( par exemple) sans avoir envie de les placer–> c’est ce qu’on appelle la thésaurisation , un accroissement de l’encaisse désirée, qui se traduit au niveau macro-économique par une baisse de la vitesse de circulation).

Mais , l’épargne dont vous parlez n’a rien à voir avec cela. Elle a été placée et cette argent épargné ( abstention d’un agent) a été transféré à un autre agent qui l’a investi, ce qui veut dire que l’argent circule. Où est le parking, la lessiveuse…ou je ne sais quoi? La banque dans ce cas a fait son boulot d’IF: elle a transféré l’épargne des agents à capacité de financement à ceux qui ont des besoins de financement. Votre question: “comment voulez faire circuler cette masse M2-M1 et plus…” n’a pour moi rigoureusement aucun sens sur le plan économique. Ne le prenez pas mal, mais c’est ainsi. Je suis clair et net, au risque de vous énerver, pour que vous repreniez vos raisonnements sur une autre base.

4) Dès lors, vos propositions d’organisation sont pour moi trés difficiles à suivre….
————————————————-
Cher Monsieur Bayard, vos conceptions des circuits économiques et financiers sont si différentes des miennes que je crains que nous ne puissions règler nos différends dans le cadre de ce blog qui a l’amabilité d’abriter nos discussions mais dont il ne faudrait pas abuser de l’hospitalité.

Rédigé par : christian gomez | le 22 septembre 2010 à 23:20 | Alerter

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@ Christian Gomez:

Je vous remercie de l’éclairage que vous nous apportez sur la pensée de Maurice Allais et de son école. J’ai deux questions à vous poser:

– la réforme aurait-elle des conséquences sur la répartition des revenus et, si oui, lesquelles?

– la pensée monétaire de Maurice Allais peut-elle se comprendre indépendamment d’une vision d’ensemble d’un fonctionnement “idéal” de l’économie? Cette vision inclue-t-elle une relation de dépendance moins forte entre croissance et endettement?

Cordialement,

Christian Pérot

Rédigé par : Anakin | le 23 septembre 2010 à 06:29 | Alerter

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@Jean Bayard

Juste une réponse personnelle sans vouloir transcrire la pensée de C.G. qui confirmera ou infirmera:

1 – bien sur que la monnaie centrale émise chaque année en supplément dans l’économie est un soutient à l’économie, dans la mesure où elle représenterait, pour la France, environ 80 G€ de monétisation directe (autant d’impôts en moins à budget identique) … qu’il y ait en contrepartie des obligation d’Etat à la BdF n’a aucune incidence (c’est la main gauche qui donne à la main droite)

2 – je ne vois pas votre problème avec les DAT puisqu’il viennent de la monnaie existante en diminuant celle ci. Et puisque les DAT ne sont plus de la monnaie, les CSM auront simplement à diminuer leurs garanties en Banque Centrale et la quantité de monnaie banque centrale diminuera d’autant (pour rester 100%)

3 – cela m’étonnerait beaucoup que C.G. ne sache pas comment s’écrit la création monétaire bancaire, à l’émission, ni de quoi seraient fait les DAT… allons, allons, Jean, soyez beau joueur. Ce que vous ne voyez pas vous c’est que – dans le 100% monnaie – les DAT ne sont plus de la monnaie dès le moment où ils quittent les DAV… c’est aussi simple que cela et votre égalité n’a donc plus de sens.

Rédigé par : A-J Holbecq | le 23 septembre 2010 à 13:12 | Alerter

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@ A-J Holbecq:

Je ne pense pas que Jean Bayard soit tenté par l’impolitesse mais j’ai le sentiment que les idées exprimées par Christian Gomez troublent des convictions solidement établies et considérées comme définitives. Or, il est bien difficile à qui que ce soit de prétendre que les évènements de ces 2 dernières années ne l’ait pas amené à revoir tel ou tel point de vue fortement ancré. Il y faut simplement un peu de temps et de réflexion. Cent fois sur le métier remet ton ouvrage…

Je voudrais revenir sur la question des DAT dans les CSM. Pour moi, elle n’a simplement aucun sens car la nouvelle architecture du système financier me semble précisément conçu pour l’exclure. De deux choses l’une. Soit la CSM est tenue de constituer une couverture à 100% auprès de la BC. Dans ce cas, elle ne pourra rémunérer le dépôt et l’on voit mal pour quelle raison le détenteur de ce dernier ferait la moindre concession sur la liquidité de ses avoirs: il optera nécessairement pour un DAV. Soit la CSM n’est pas tenue de constituer cette couverture et elle pourra reprêter les liquidités, alimentant une création monétaire antinomique avec la finalité de la réforme. Nous touchons là à l’essence même de la séparation entre CSM et banques de prêts: les premières peuvent recevoir des dépôts mais en aucun cas les prêter, donc les rémunérer, les secondes peuvent prêter mais en aucun cas sur ressources monétaires.

Les DAT sont marqués du sceau de l’ambiguïté dans le système actuel: certains sont conservés dans une optique d’épargne à long terme, d’autres de manière à titre de liquidités, dans le seul but d’obtenir une rémunération sur des actifs détenus pour une très courte durée. La proportion d’épargne stable et de monnaie dans chaque catégorie de placement se reflète dans sa vitesse de circulation. Lorsque cette dernière est suffisamment élevée, l’actif peut être considéré comme quasi-monétaire. Ce n’est qu’une question de fait, de comportement des détenteurs, même si celui-ci est naturellement influencé par les caractéristiques de l’actif. La réforme fait disparaître toute ambiguïté. Les détenteurs de DAT devront arbitrer clairement entre liquidité et rémunération. Une partie d’entre eux optera pour la liquidité et ira vers les CSM. Une autre partie choisira la rémunération et se dirigera vers les banques de prêt. Les produits des unes et des autres seront beaucoup plus différenciés qu’aujourd’hui, c’est la condition même de la réussite de la réforme.

Ce n’est évidemment que mon avis et l’on a le droit de ne pas être d’accord, encore plus de l’exprimer!

Cordialement,

Christian Pérot

Rédigé par : Anakin | le 23 septembre 2010 à 21:39 | Alerter

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@Christian Perot
A propos des DAT (qui n’en sont pas, mais seulement de la monnaie thésaurisée lorsqu’ils sont en CSM), j’ai la même compréhension que vous. Je rajouterais que le stockage de monnaie (en CSM) serait éventuellement coûteux (taxe “Gesell”), incitant donc ceux qui en ont d’ inutilisée à la transférer vers les banques de prêt (même pour des échéances courtes)
Cordialement
A-J H

Rédigé par : A-J Holbecq | le 24 septembre 2010 à 06:49 | Alerter

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@ Jean Bayard

“1) C’est un problème de contrepartie comptable : la monnaie émise par la Banque centrale, au passif, a nécessairement comme contrepartie les bons et obligations du Trésor, à l’actif. Il s’agit bien de concours à l’économie, à moins que vous ne lui donniez un autre nom.”

Dans le plan 100% Monnaie, l’argent émis n’a pas de contrepartie. L’argent est émis point. Cet argent sert à payer les dépenses courantes de l’Etat ou quoique ce soit d’autres. Quesqui empêche dans l’absolu l’Etat d’imprimer un billet de 100€ et de payer un fonctionnaire avec?

Il n’y a aucune nécessité à la contrepartie. La forme comptable des banques centrales est uniquement un reliquat de l’étalon or ou la monnaie était ncouverte par de l’or. Aujourd’hui, la monnaie doit être couverte par un actif. Mais il n’y a aucune nécessité à cela.

Rédigé par : N.Faibis | le 24 septembre 2010 à 20:09 | Alerter

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1 – la thésaurisation en DAV dans les CSM aurait un coût de stockage (c’est un peu la “taxe fondante” de Gesell), donc, au contraire, il me semble que les montants des DAV dans le 100% monnaie seraient plus faibles qu’actuellement. De plus, les ordres en les CSM et les banque de prêts (et vice versa) peuvent être instantanés : à la limite je pense que les banques de prêts pourraient bénéficier par exemple, d’épargne nocturne… pour prêts à la journée dans d’autres zones.

2 – je ne comprends toujours pas ” Les banques de dépôts n’étant pas autorisées à utiliser les fonds de la clientèle, je pense que vous serez d’accord avec moi pour dire que cette épargne ne circule pas et pardonnez-moi d’ajouter qu’en conséquence elle occupe des parkings monétaires. ”
Dans les banques de dépôt (CSM), ce n’est pas de l’épargne, mais de la monnaie qui circule sans arrêt entre les agents économiques au fil des différents paiement: dire qu’elle est bloquée est une erreur à mon avis: mais on peut dire la même chose à ce moment là des billets de banque dont semble t’il plus de 60% (?) sont “thésaurisés”

3 – De toute façon, dans les banques de prêt, le montant de l’épargne disponible est bien, par définition prêté s’il y a de la demande (la régulation jouera sur le taux proposé).
Cette _épargne_ prêtée corresponds à satisfaire des demandes de _monnaie_ ,laquelle va immédiatement se retrouver en compte monétaire de l’emprunteur dans une banque de dépôt (CSM): là non plus je ne vois aucun parking, aucune monnaie qui serai “gelée”

Rédigé par : A-J Holbecq | le 25 septembre 2010 à 15:05 | Alerter

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Jean Bayard

“Je vois là un problème de “tuyauterie”. Vouloir faire passer toute la monnaie (à l’émission) par le canal du Trésor Public, c’est comme si l’on voulait faire porter un corset de fer à un corps vivant ; c’est le priver de tout développement. Il n’est pas sûr que la demande de crédit des agents économiques soit satisfaite, avec les conséquences que l’on peut imaginer sur l’activité nationale. En un mot, je crains que cette solution ne manque d’un minimum de souplesse.”

Nous sommes d’accord. Le système 100% manque de “souplesse” face à la demande de crédit, mais c’est exactement l’effet qui est recherché. L’objectif même du système 100% dans la pensée d’Irving Fisher ou de Muarice Allais est de faire monter les taux d’intérêt lorsque la demande de crédit excède l’offre d’épargne afin de sélectionner seulement les meilleurs projets lors des phases d’emballement spéculatifs par exemple comme il y en a eu en 25-29 ou en 2003-2008. Sous le système 100%, les taux d’intérêt auraient été bien plus élevés durant la période 2003-2008, l’intensité de la spéculation aurait été bien moindre et nous n’aurions pas vécu l’éclatement simultanée de dizaines de bulles spéculatives au même moment ( actions, immobiliers, LBO, matières premières…)

Le “crédit élastique” est bel et bien une notion attaquée par Maurice Allais et Irving Fisher. Lors d’un emballement spéculatif actuellement, les banques peuvent créer des sommes monumentales qu’elles vont prêter, donnant ainsi un coup de fouet supplémentaire à la spéculation. Est-ce un hasard si la masse monétaire a doublé entre 2000 et 2008 dans la zone Euro?!

Alors que l’épargne n’a pas augmenté rapidement, les crédits ont explosé durant cette même période, à cause de ce “crédit élastique” qui aggrave les phénomènes de boom et de dépression.

Encore une fois, je vous conseille de lire 100% Money, où Fisher répond bien plus clairement que je ne pourrai le faire à vos objections fort légitimes à propos du ralentissement du crédit ou encore de”parking monétaire”

Rédigé par : N.faibis | le 25 septembre 2010 à 18:07 | Alerter

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Un commentaire pour Quelques réponses à l’article de J.Peyrelevade

  1. C.E.C. dit :

    Christian Gomez a rajouté, à l’attention de Monsieur Peyrelevade

    #

    DESOLE, MAIS VOUS AVEZ TOUT FAUX

    En dépit de votre volonté de m’ignorer sauf au détour de quelques allusions en biais pour mettre en doute mes arguments, je vous répondrai très calmement car, après tout je me sens votre hôte sur votre blog, même si, apparemment, je fais figure d’intrus : vos vues sont erronées sur toute la ligne. Je vais me concentrer sur quelques points traités très brièvement.

    1) Une erreur complète d’interprétation sur le fonctionnement du système en « régime de croisière ».

    La citation que vous brandissez a été lue trop vite et conduit à un contresens. Vous avez le droit de faire du « Peyrelevade », mais vous n’avez pas le droit de donner des idées fausses à vos lecteurs sur le système proposé par MA : Jamais, MA n’a imaginé que la BCentrale ferait directement crédit aux banques dans le fonctionnement cible (le régime de croisière), pour des raisons que j’ai déjà indiquées dans d’autres interventions sur ce blog. La séparation des circuits de la monnaie et de l’épargne est essentielle et la négliger montre que l’on n’a pas compris le système et la philosophie qui l’accompagne.

    2) Une incompréhension des mécanismes monétaires (1er niveau)

    Dire que, si la nouvelle monnaie n’était pas injectée par le biais du crédit bancaire, elle ne circulerait pas, est un non-sens absolu. Cela montre que toute la théorie monétaire vous échappe et que les mécanismes d’ajustement des encaisses détenues aux encaisses désirées (de Walras-initiateur du concept- à Allais, en passant par Rueff, l’Ecole de Chicago et Friedman et j’en passe) n’évoque pas pour vous grand chose. Quelles différences y a t-il, du point de vue économique, entre une banque créant un dépôt à vue à l’occasion d’un prêt à Mr Dupont et un paiement reçu par Mr Dupont en provenance du Trésor public, financé par une avance de la BC, en paiement de ses prestations de services. Dans tous les cas, Mr Dupont va utiliser cette monnaie pour payer ses propres fournisseurs ou pour satisfaire ses besoins personnels et va donc transférer cette monnaie à d’autres agents qui vont faire de même. Cela s’appelle la vitesse de circulation de la monnaie et toute l’économie de la réforme est de la stabiliser (Voir Allais, les Conditions d’expansion dans la stabilité, REP, 1967)

    Je signale au passage que l’approvisionnement en monnaie de l’économie par le biais des dépenses publiques est, dans ce cas, automatique, tandis que l’approvisionnement par le crédit exige aux moins deux volontés/désirs : celle du prêteur et celle de l’emprunteur, qui peuvent être, l’une et/ou l’autre, défaillantes comme chacun sait….

    3) une incompréhension des mécanismes monétaires (2éme niveau)

    Visiblement, la signification de ce que représente la monnaie en tant que création ex nihilo de pouvoir d’achat et de prélèvement indû sur la production vous échappe aussi. Je ne peux que vous renvoyer à de bonnes lectures, de Mises, Hayek et Rothbard d’une part à Maurice Allais d’autre part, et à vous inciter à réfléchir à la parabole du « faux-monnayeur ». Faire dépendre la survie du système financier de ce privilège de création monétaire, c’est donner des verges à ses adversaires pour se faire battre. C’est surtout ne rien comprendre aux conséquences de la création monétaire en termes de distorsions dans l’allocation des ressources et dans la répartition des revenus. Si la survie du système bancaire dépend de la subvention qui lui vient de la création monétaire, qu’il meure… En effet :
    *cela voudrait dire que ses services ne sont pas rentables s’ils sont payés à leur coût réel et non plus subventionnés par des ressources à coût nul…
    *qu’il y a des moyens plus avantageux d’assurer le financement dans l’économie en économisant des moyens.

    Bien sûr, il n’en est rien et le système bancaire conservera une fonction réelle dans l’intermédiation financière … pour tous les agents qui ne peuvent faire appel au marché (qui est en tout état de cause le meilleur moyen de lever des fonds et de mobiliser l’épargne quand c’est possible)

    4) des informations datées, parcellaires ou fausses

    Vous faites beaucoup de cas de ce fameux 3.1% pioché dans la Compta nat, mais que contient véritablement ce chiffre ?. Les banques sont aujourd’hui de véritables fourre-tout exerçant de nombreux métiers, de la conservation à l’assurance en passant par les activités de marché, de gestion de fonds et, effectivement, d’intermédiation. Où se trouve exactement le coût de l’intermédiation financière au sens strict ? Il faudrait le rechercher banque par banque avec, en contrepoint, les institutions financières spécialisées, les « non-bank Banks » comme disent les anglo-saxons. Par ailleurs, faisons quelques remarques ponctuelles autour de ce thème, qui contribueront à renforcer encore le point précédent (3).

    * Contrairement à ce que vous dites, les « nonbank-banks » ont été loin d’être battus partout (le Crédit foncier a croulé pour d’autres raisons que son mode de refinancement, et vous le savez très bien) –> parts de marché banques/non banques sur les différents marchés du crédit dans les grands pays industrialisés ;
    * Les banques ont dégagé des rentabilités étonnantes avant la crise (de l’ordre de 25 à 30% de ROE après impôts) : prétendez-vous que cette rentabilité ne venait que de ce privilège qu’elle pourrait perdre ?

    * En ce qui concerne la désintermédiation dont vous faites grand cas pour les entreprises lambda, et qui est largement la règle pour les entreprises les plus cotées (investment grade) : Avez-vous une quelconque idée des marges réclamées par les marchés sur les signatures de moins grande qualité ? Visiblement, le marché du « high yield » n’est pas de votre temps. Les marges peuvent s’étager de 300 bp à 1000 et plus…. Il Faut effectivement prendre en compte le coût du risque…..

    * Concernant la gestion des moyens de paiement, il est évident que les temps ont bien changé depuis le « bon vieux temps » et qu’aujourd’hui, c’est devenu un service à part entière fourni par les banques et payé comme tel.

    Et ainsi de suite…..

    *******************

    Voilà… J’arrête là (il y aurait encore tant à dire) et je ne reviendrai plus sur votre blog, n’ayez crainte. Je l’ai fait aujourd’hui essentiellement pour les lecteurs afin de redresser les idées fausses que pouvaient suggérer vos analyses concernant ce maitre de la pensée économique française qu’est Maurice Allais. Quand on s’attaque à un tel chercheur (Prix Nobel et seul Médaille d’OR du CNRS dans le domaine économique), cher Monsieur, il faut être un vrai économiste, être (vraiment) très fort, maîtriser suffisamment les théories monétaires et connaître le sujet dont on veut parler, non seulement Allais mais toute la tradition dans laquelle il s’insère. Je laisse aux lecteurs le soin de juger vos écrits sur chacun de ces critères.
    Rédigé par : Christian Gomez | le 07 octobre 2010 à 10:44 | Alerter

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