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	<title>Osons Maurice Allais</title>
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	<description>Diffusion des propositions économiques de Maurice Allais</description>
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		<title>Osons Maurice Allais</title>
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		<title>Le 100% au Parlement britanique</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 10:04:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>C.E.C.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Du site &#8221; révolution monétaire&#8221; La réforme 100% proposée au parlement britannique        En Novembre 2010, le parlementaire britannique Douglas Carswell a proposé un projet de loi visant à instaurer un système 100% au Royaume-Uni. La proposition est la même que la notre : séparer les comptes bancaire en deux catégories clairement distinctes, des [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=252&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Du site &#8221; révolution monétaire&#8221;</em></p>
<h3><a href="http://revolution-monetaire.blogspot.com/2011/10/la-reforme-100-proposee-au-parlement.html" rel="bookmark">La réforme 100% proposée au parlement britannique</a></h3>
<div>
<div dir="ltr">
<div style="text-align:justify;">       En Novembre 2010, le parlementaire britannique Douglas Carswell a proposé un projet de loi visant à instaurer un système 100% au Royaume-Uni. La proposition est la même que la notre : séparer les comptes bancaire en deux catégories clairement distinctes, des comptes courant avec des réserves de 100% et des comptes d’investissement. Lors de son discours au parlement, Carswell expose  une argumentation clairement inspirée par l’école autrichienne (Ludwig Von Mises, Hayek…) où il dénonce la création destructrice de crédit sans épargne préalable.</div>
<div style="text-align:justify;">(Rappelons que la réforme 100% est également soutenue par de prestigieux économistes monétaristes (Fisher, Friedman), Keynesiens (Tobin) ou indépendants (Allais))</div>
<div style="text-align:justify;">Ce premier projet de loi dans un pays occidental visant à proposer le système 100% depuis près de 50 ans est évidemment un grand pas dans la lutte visant à mettre en place une monnaie saine libérée de la mainmise des banques. Ce projet de loi a suivi de près les déclarations fracassantes de Mervyn King, le président de la Banque d’Angleterre, faisant du système 100% proposé par Fisher, Friedman, Tobin et Kay une piste de réforme possible pour le système financier.</div>
<div style="text-align:justify;">Traduction du discours de Douglas Carswell du 19 Novembre 2010 :</div>
<div style="text-align:justify;"><em>« Je propose un projet de loi visant à interdire aux banques de prêter l’argent déposé sur compte à vue [compte courant] sans la permission du détenteur du compte […].</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>«  Qui est le propriétaire de l’argent sur votre compte en banque ? Cette simple question a de sérieuses implications ? Selon un sondage effectué par IPSOS MORI, plus de 70% des britanniques pensent que l’ argent déposé à la banque leur appartient – mais ce n’est pas le cas. L’argent déposé dans un compte en banque est, comme établi par une loi datant de plus de 200 ans, la propriété légale de la banque et non celle du détenteur du compte. Si l’un des honorables membres de ce parlement devait aller déposer 100£ à la banque cet après-midi, […] la banque aurait le droit d’en prêter approximativement 97 livres. Même avec  les nouveaux ratios de capital, la banque pourrait prêter plus de 90% de ce qui a été déposé. En effet, la banque A pourrait prêter 97£ du dépôt initial à une autre banque – la banque B – qui pourrait à son tour prêter  97% de ce montant. Le processus de prêt  continuerait à tourner jusqu’au moment où, comme nous l’avons vu lors du pic du boom du crédit, pour chaque 1£ déposé à la banque, les banques auraient accumulé l’équivalent de plus de 40£ sous une forme ou une autre de crédit.</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>« Les banques profitent d’une forme de privilège légal qui n’existent pour aucune autre branche de l’économie à ma connaissance. Je suis persuadé que certains des honorables membres de ce parlement, en conformité avec les règles de l’IPSA, ont loué un appartement, et ils n’ont pas besoin de moi, ou plutôt de l’IPSA, pour leur expliquer qu’ils n’ont en général pas le droit de sous-louer cet appartement à une autre personne. Quiconque ferait cela serait probablement éjecté de cet appartement par le propriétaire. Alors pour quelles raisons les banques ont-elles la permission de sous-louer l’argent des gens plusieurs fois sans leur consentement ?</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>Mon projet de loi donnerait au détenteur du compte la propriété légale de son dépôt, à moins qu’il n’indique  autrement lors de l’ouverture de son compte. En d’autres mots, il y aurait dorénavant deux catégories de comptes bancaires : des dépôts à des fins d’investissement et des dépôts à des fins de stockage.</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>Les banques auraient le droit de prêter l’argent déposé sur les comptes d’investissement, mais n’auraient pas ce droit avec l’argent déposé sur compte de stockage. […]</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>Mon projet de loi n’est pas juste une mesure de protection des consommateurs ; il vise à retirer une curieuse loi d’exception pour les banques qui a de sérieuses conséquences pour l’économie dans son ensemble. Précisément parce qu’elles peuvent utiliser le dépôt d’une personne comme un investissement au sein d’une gigantesque pyramide de crédit, les banques peuvent créer de toute pièce du crédit. Dans la plupart des industries, quand la demande augmente, les entreprises produisent plus pour y répondre. Ce privilège légal dont bénéficient les banques empêche ce mécanisme fondamental du marché de fonctionner, avec des conséquences désastreuses.</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>[…] Si le mécanisme de marché  fonctionnait comme il le faut, une fois que la demande de crédit a commencé à augmenter  dans une économie, les banques augmenteraient le prix du crédit – le taux d’intérêt – afin d’encourager plus d’épargne. Plus de gens épargneraient à mesure que le taux augmenterait. Cela permettrait aux banques d’augmenter leur crédit à mesure que l’épargne augmente. Si les banques fonctionnaient comme n’importe quelle entreprise elles verraient que quand la demande pour ce qu’elles fournissent explose, le mécanisme de variation des prix contraindrait leur capacité à fournir du crédit. Ce n’est, hélas, pas le cas avec notre système financier de réserves fractionnaires. Capables d’utiliser l’argent des gens comme le leur, les banques peuvent continuer à le prêter, sans pour autant augmenter le prix du crédit. Le mécanisme de variation des prix ne joue pas son rôle régulateur dans la croissance du crédit comme il le faudrait. Non-contrainte par le mécanisme de variation des prix, nous obtenons les bulles de crédit. Pour satisfaire une demande insatiable de crédit, les banques produisent cette friandise en grande quantité.   Au départ, le goût du sucre est agréable, mais cette ruée sur les friandises de crédit crée une expansion des capacités de l’économie qui n’est pas adossée à une véritable épargne. Cette expansion n’est pas justifiée par l’acte de personnes de remettre à plus tard leur consommation, ainsi le boom du crédit entraine une surconsommation non-durable.</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>Certains politiques […] ont dû faire face au choix peu enviable entre laisser l’édifice de ce capitalisme de copinage s’écrouler, avec de calamiteuses conséquences pour le reste d’entre nous, et d’imprimer encore plus d’argent véritable pour consolider tant bien que mal cette pyramide de Ponzi et les gens qui l’ont créée, dévaluant notre monnaie pour garder cette pyramide à flot</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>Depuis que le Credit Crunch nous a touché, une succession sans fin d’économistes, dont la plupart n’ont pas vue la crise venir, est apparue sur nos écrans de télévision pour en expliquer les causes avec autorité. La plupart tend à voir le manque de crédit comme le problème, plutôt que comme le symptôme. Nous ferions peut-être mieux de commencer à écouter ces économistes qui ont vu que la surabondance de crédit qui a précédé le crash était le problème.  Le Cobden Centre, le Ludwig Von Mises Institute et Huerta de Soto ont tous aperçu que la surproduction de crédit-friandise avant la crise en était la cause. Il est temps de prendre leurs idées sur une monnaie honnête et une finance saine au sérieux.</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>Les économistes Keynésiens-monétaristes vont peut-être sursauter en horreur à cette idée, parce que l’orthodoxie maintient que sans ce privilège légal des banques, il y aurait pénurie de crédit. Ils disent que l’huile qui fait fonctionner la machine économique serait à sec et que la machine ralentirait sérieusement, mais ce n’est pas le cas. Si mon projet de loi passe, le crédit existerait toujours mais ce serait du crédit provenant d’une épargne. En d’autres mots, ce serait un crédit qui pourrait alimenter une expansion économique en mesure avec  l’épargne et la consommation différée. Ce serait pour utiliser un poncif actuel, une expansion durable.</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>Les ministres ont parlé de leur louable ambition de rééquilibrer l’économie vers la production et moins vers la consommation. Un premier pas serait de voter une loi qui permet des comptes en banque de stockage  n’autorisant pas les banques de produire en masse du crédit bidon favorisant les consommateurs et les débiteurs et allant contre ceux qui créent de la richesse. Avec une monnaie honnête, au lieu de la nation de consommateurs endettés que nous sommes devenus, les britanniques redeviendraient peut-être les producteurs et les épargnants qu’ils étaient.</em></div>
<div style="text-align:justify;"><em>Avec un choix entre les nouveaux comptes de stockage et les comptes d’investissement, plus aucun citoyen ne sera sans le savoir en train d’investir dans des instruments invraisemblables que même peu des membres du conseil d’administration semblent comprendre. »</em></div>
</div>
</div>
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		<title>LES VOTES DU  CONGRÈS AMÉRICAIN</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Oct 2011 16:32:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>C.E.C.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ÉDITOS-ACTUALITÉS : COMMERCE INTERNATIONAL LES VOTES DU  CONGRÈS AMÉRICAIN SUR LES QUESTIONS COMMERCIALES: BEAUCOUP DE POLITIQUE INTERNE, MAIS PAS DE STRATÉGIE RÉELLE Les votes récents du Congrès sur des traités commerciaux entre les Etats-Unis et trois pays : Panama, Colombie et Corée (seul le troisième pays est bien sûr significatif) et le vote du Sénat sur une [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=248&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;" align="center">ÉDITOS-ACTUALITÉS : COMMERCE INTERNATIONAL</p>
<p style="text-align:center;" align="center">LES VOTES DU  CONGRÈS AMÉRICAIN SUR LES QUESTIONS COMMERCIALES:</p>
<p style="text-align:center;" align="center">BEAUCOUP DE POLITIQUE INTERNE, MAIS PAS DE STRATÉGIE RÉELLE</p>
<p style="text-align:justify;">Les votes récents du Congrès sur des traités commerciaux entre les Etats-Unis et trois pays : Panama, Colombie et Corée (seul le troisième pays est bien sûr significatif) et le vote du Sénat sur une « bill » visant les pays qui sous-évaluent leur monnaie, c&#8217;est-à-dire, dans l’esprit des  sénateurs, essentiellement la Chine, m’ont inspiré quelques réflexions. La première chronique sera consacrée au Traité Corée-Etats-Unis.</p>
<p style="text-align:justify;" align="center">LE TRAITÉ COMMERCIAL ETATS-UNIS-CORÉE</p>
<p style="text-align:justify;">Il se trouve que , dans les derniers jours, je lisais le livre de Clyde Prestowitz, « The Betrayal of American Prosperity (Free Press, 2010), spécialiste des questions de commerce international<a title="" href="#_ftn1">[1]</a>, qui consacre près d’une page aux négociations préparatoires à ce traité qui se sont étalées sur plus de 5 ans. Il y montre comment les deux parties s’y prennent en général pour mener ces pourparlers et pourquoi l’une des parties est nécessairement perdante.</p>
<p style="text-align:justify;">Du côté Coréen, le Gouvernement a une vision de l’avenir du pays et une claire idée des intérêts nationaux à défendre, ce qui lui permet de discuter avec les différentes parties concernées (d’abord, les grands « Chaebols ») pour obtenir des résultats stratégiques clairs et précis concernant les secteurs où ils veulent pouvoir faire des progrès sur le marché américain pour poursuivre leur expansion sur les marchés et asseoir si possible leur domination : rechercher des baisses de droits de douane en priorité sur certains produits en faisant éventuellement des concessions sur d’autres, moins stratégiques,  protection des entreprises coréennes contre des poursuites éventuelles concernant la propriété intellectuelle et les brevets  (je cite Prestowitz)…..</p>
<p style="text-align:justify;">Du côté américain, il s’agit d’abord d’une démarche idéologique vague et imprécise visant à faire progresser le « free market », c’est à dire le libre-échange. Bien sûr, les négociateurs disposent d’une « wish List »  adressée par les industriels et les membres du Congrès  sur la base de laquelle ils vont essayer de défendre les intérêts américains. Mais, leur souci primordial est de ne pas mécontenter les parties les plus influentes politiquement et celles qui exercent le plus de pression avec tous les moyens à leur disposition (celles qui crient le plus fort en fait).  Et l’auteur de citer, comme exemple, le cas des exportations de bœuf considérées comme une priorité nationale par la partie américaine car l’homme qui défend les intérêts des éleveurs est (je cite) le Sénateur Max Baucus, représentant de l’Etat du Montana (état grand producteur de viande comme l’on peut s’en douter), mais surtout, Chairman de la Commission des Finances du Sénat….</p>
<p style="text-align:justify;">La conséquence de la signature de ce traité est simple à prévoir : Le déficit Etats-Unis-Corée va continuer à se creuser en défaveur des Etats-Unis, avec des automobiles coréennes de plus en plus compétitives qui vont tailler des croupières à des producteurs américains sauvés de la faillite à grands frais par les contribuables américains et une industrie des semi-conducteurs qui va accroitre sa domination sur un secteur aussi stratégique pour les industries de la Défense. Du côté américain, peut-être quelques morceaux de viande en plus dans les « Korean Barbecues »…..</p>
<p style="text-align:justify;">En fait, c’est toujours la même histoire qui recommence : la défense aveugle d’une simple idéologie<a title="" href="#_ftn2">[2]</a>, le « laisser-fairisme » échangiste comme disait Maurice Allais, face à des pays qui défendent leurs intérêts nationaux au nom d’une certaine vision de leur développement, conduit les économies occidentales au déclin et des catégories de la population de plus en plus nombreuses au désespoir. Mais, nous reviendrons sur toutes ces questions……</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Christian Gomez</em></p>
<div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div style="text-align:justify;">
<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Clyde Prestowitz est le fondateur et le Président du « Economic Strategic Institute » situé à Washington. Il fut négociateur principal pour les questions commerciales avec l’Asie sous l’administration Reagan et Vice-Chairman de la Commission pour le Commerce et le Développement pour la zone Asie-Pacifique sous la Présidence Clinton. Il est aujourd’hui membre du World Economic Forum et Consultant International.</p>
</div>
<div>
<p style="text-align:justify;"><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a>  Je ne peux que renvoyer aux exposés de Maurice Allais sur la question. Pour une synthèse générale, voir mon article pour le journal suisse Le Temps qui est sur ce site sous le titre : « Faut-il interdire les délocalisations ? Réponse au Professeur Imbs »</p>
</div>
</div>
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		<title>JOBS EST MORT, VIVE LE CAPITALISME!</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Oct 2011 15:50:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>C.E.C.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Edito: Marchés-capitalisme   JOBS EST MORT, VIVE LE CAPITALISME! La mort de Steve Jobs nous a tous touchés, tant chacun de nous  ressent combien cet homme a eu, par son génie, un impact sur nos vies. Le monde se souviendra longtemps de ces « Keynotes Speeches » pendant lesquels il dévoilait les dernières trouvailles de la firme [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=244&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><span style="text-decoration:underline;">Edito: Marchés-capitalisme</span></p>
<p align="center"><span style="text-decoration:underline;"> </span></p>
<p align="center">JOBS EST MORT, VIVE LE CAPITALISME!</p>
<p style="text-align:justify;">La mort de Steve Jobs nous a tous touchés, tant chacun de nous  ressent combien cet homme a eu, par son génie, un impact sur nos vies. Le monde se souviendra longtemps de ces « Keynotes Speeches » pendant lesquels il dévoilait les dernières trouvailles de la firme de Cupertino qui allaient enflammer la planète. Sa longue silhouette pouvait faire apparaitre chaque année un corps de plus en plus décharné, rongé de l’intérieur par une maladie qui progressait inexorablement, il n’en enchantait pas moins son auditoire car son âme était intacte et son esprit toujours animé du feu de la création. Charme et fascination devant cette incarnation de l’intelligence, de la volonté et de la persévérance.</p>
<p style="text-align:justify;">On a beaucoup vanté depuis le 5 octobre, avec raison, le grand créateur et le visionnaire. Je voudrais ici saluer le grand capitaliste, au sens le plus élevé du terme, le « destructeur-créateur » de Schumpeter. Le grand entrepreneur capitaliste doit être un visionnaire et un créateur mais il doit, en plus, imaginer comment faire partager ses idées au plus grand nombre en leur montrant que, grâce à ses produits ou à ses services, les gens vont travailler mieux, plus vite, moins cher et que, globalement la collectivité dans son ensemble va progresser. En bref, IL DOIT CRÉER DE LA VALEUR. Et cela, Steve l’a fait mieux que tout autre. Il a créé Apple (avec Steve Wozniak) dans le petit garage de ses parents  et il en a fait la plus grosse capitalisation boursière du monde (350  milliards de dollars !), une firme adulée sur toute la planète, car il révolutionnait plus que les techniques elles-mêmes, il changeait les rapports de l’utilisateur avec les nouvelles technologies. Il a créé PIXAR, pendant le temps d’un arrêt de jeu chez Apple, en imaginant une nouvelle manière de faire des dessins animés, bousculant ainsi toutes les vieilles firmes qui croquaient tranquillement leurs rentes de situation en recyclant indéfiniment la même camelote sous des emballages différents et qui furent obligés de changer pour ne pas sombrer. En bâtissant  par la seule force de son génie toutes ces entreprises magnifiques, Steve Jobs a encore une fois démontré  ce qu’était la quintessence de l’économie de marché et du capitalisme. Créer de la valeur et, bien sûr, en récolter les fruits, ce n’est pas « exploiter » son prochain, mais c’est au contraire trouver des chemins nouveaux pour satisfaire toujours mieux et plus les besoins humains. Certes, cela ne va  pas souvent sans souffrance et sans bouleversement (des firmes font faillite, des emplois sont menacés ou perdus…), mais c’est aussi le moteur du progrès (de nouvelles firmes naissent, de nouveaux métiers apparaissent), c’est ce qui, depuis la Révolution Industrielle, a permis à l’humanité de se donner toujours plus d’opportunités.</p>
<p style="text-align:justify;">Un parcours et une œuvre comme ceux de Jobs doivent aussi nous interpeler sur le devenir de nos sociétés au moins sous deux aspects.</p>
<p style="text-align:justify;">D’abord, Ils doivent nous permettre de distinguer les « bons » capitalistes, ceux qui créent de la valeur,  des « mauvais », ceux qui profitent sans vergogne de leurs rentes de situation et se construisent des fortunes sans prendre aucun risque. Il n’y a qu’à comparer les Jobs, Gates  (Microsoft), Ellison (Oracle) … avec tous ces « petits marquis » qui se sont construit des fortunes à la tête de grandes banques ou de grandes entreprises, à coup de salaires et de bonus mirobolants et d’octrois de stock-options à des prix d’exercice indécents. Les premiers sont l’honneur du capitalisme. Les seconds en sont la honte.</p>
<p style="text-align:justify;">Ensuite, ils doivent nous conduire à nous interroger sur la manière de susciter toujours plus de vocations de chefs d’entreprise et de créateurs et, de ce point de vue, la situation française est particulièrement désespérante. Nous baignions dans une idéologie  « socialisante » qui « démonise » l’entreprise en masquant son véritable objet, présente les chefs d’entreprise comme des exploiteurs,  casse les ambitions des individus et en valorise les tendances les plus médiocres. Notre enseignement en est la quintessence en oubliant les vérités de « bon sens » que Bill Gates, un autre grand entrepreneur, a assénées récemment à des élèves d’un lycée américain, dont je cite quelques unes<a title="" href="#_ftn1">[1]</a> : <em>(1) la vie est injuste. Il faut vous y habituer (2) Le monde n’a rien à faire de votre amour-propre. (3) Et, il s’attend à ce que vous fassiez vraiment quelque chose avant que vous vous en félicitiez vous-même. …. (4) si vous pensez que votre prof est dur avec vous, attendez d’avoir un patron…(6) si vous êtes à côté de la plaque, ce n’est pas la faute de vos parents. Cessez de vous plaindre et tirez les leçons de vos erreurs…. (8) votre école peut être exempte du système « gagnant-perdant ». Pas la vie. Certaines  écoles ont supprimé les notes de passage et vous donnent autant de chances que vous voulez pour obtenir la bonne réponse. Pas la vie…..</em> Effectivement, ce n’est pas en développant une culture de perdant que l’on forgera un état d’esprit de combattant pour les élites de demain.</p>
<p style="text-align:justify;">                                                                      *</p>
<p style="text-align:justify;"> Quelles que soient les crises que peut traverser un pays, il pourra toujours s’en sortir s’il sait nourrir en son sein des individus de la trempe de Jobs ou de Gates et les Etats-Unis en ont pléthore. Mais, nous ? Nous qui pensons plus à redistribuer les richesses, imprégnés que nous sommes par les idéologies de l’envie et du ressentiment, qu’à les créer, quel est notre avenir?  Décidément, Steve Jobs n’est pas  prêt à quitter nos pensées, lui qui trace la voie d’un vrai capitalisme, un capitalisme fondé sur le travail, l’effort et  la création, loin des miasmes d’un capitalisme financier dégénéré ou d’un socialisme inefficace, capable de partager seulement la médiocrité et d’exalter le renoncement.</p>
<p><em>Ch. GOMEZ</em></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Présent, N°7442, 28 septembre 2011</p>
<p>__________________________</p>
<p>Mots clefs : capitalisme, « Destructeur-Créateur », Schumpeter, entrepreneur, valeur, créer de la valeur, économie de marché, idéologie « socialisante », Jobs, Gates, Ellison.</p>
</div>
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		<title>DEXIA EN DÉROUTE: EN RIRE… OU EN PLEURER?</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Oct 2011 05:54:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>C.E.C.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Edito:   Crise bancaire DEXIA EN DÉROUTE: EN RIRE… OU EN PLEURER? L’écroulement de la banque DEXIA, promise au couteau des équarrisseurs financiers, est inquiétant car ce genre de phénomènes est souvent un signe avant-coureur de problèmes plus étendus dans le secteur et dans l’économie, mais il suscite  aussi des questions plus immédiates qui, tantôt, peuvent faire [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=236&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center">Edito:   Crise bancaire</p>
<p align="center">DEXIA EN DÉROUTE: EN RIRE… OU EN PLEURER?</p>
<p style="text-align:justify;">L’écroulement de la banque DEXIA, promise au couteau des équarrisseurs financiers, est inquiétant car ce genre de phénomènes est souvent un signe avant-coureur de problèmes plus étendus dans le secteur et dans l’économie, mais il suscite  aussi des questions plus immédiates qui, tantôt, peuvent faire grincer des dents, tantôt, peuvent (presque) prêter à sourire….</p>
<p style="text-align:justify;"><em>1<sup>ère</sup> question : Pourquoi les Autorités de Contrôle, en l’occurrence l’EBA (European Banking Authority) , sont-elles si incompétentes ?     </em></p>
<p style="text-align:justify;">En juillet, des stress tests furent menés sous la responsabilité de l’EBA et les résultats essentiels furent (tenez-vous bien !) : (1) « tout va très bien, madame la marquise » dans le système bancaire européen, à part de minuscules ajustements à effectuer (€2.5 milliards) sur quelques petites Caixas (Caisses d’épargne en espagnol) et « Landesbanks » ; (2) il y a vraiment de très bons « performers » en matière de « stress tests » qui ont montré un niveau exceptionnel de résistance grâce à l’importance de leurs fonds propres : Dans l’ordre : Banca March (Spain), Irish Life and Permanent (Irlande)&#8230;. Danske Bank (Danemark)…. Rabobank (Pays-Bas)…. et ….. <strong>DEXIA  en douzième position sur l’ensemble des banques européennes, et avant toutes les autres françaises, avec un « Core Tier1 » (Fonds propres « ultra-durs ») de 10,4%. </strong>Comme vous le savez, moins de 3 mois après, les fonds propres supplémentaires à injecter le plus vite possible pourrait s’élever à 200 milliards et l’Allemagne envisagerait même de ressusciter la SOFFIN, organisme de soutien du Système Bancaire allemand mis en place lors de la crise de 2008. Et, DEXIA est à l’agonie !</p>
<p style="text-align:justify;">Bien sûr, il serait facile de se gausser et de faire du mauvais esprit. En fait, c’est très grave parce que cela montre, au-delà de tout ce qui peut vous être raconté, qu’un tel système financier, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, n’est pas maitrisable et donc pas prévisible, comme l’avait vu Maurice Allais  avec tant de justesse.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Deuxième question : DEXIA mérite-t-elle le moindre apitoiement dans sa mise à mort ?   </em></p>
<p style="text-align:justify;">La réponse est claire : Aucun. Cette firme, issue à l’origine d’un département de la Caisse des dépôts est une création non de chefs d’entreprise mais de fonctionnaires à la recherche de l’aventure et de la fortune…sans risque. Originellement destinée au financement  des collectivités locales (son nom d’origine lors de sa privatisation : « Crédit Local de France » qui, au temps où j’officiais dans les salles de Marché, était une très bonne signature), l’évolution de cette firme a été complètement dévoyée par suivisme, cynisme et, surtout incompétence :<em>   </em></p>
<p style="text-align:justify;">-         Elle a cru découvrir qu’il y avait une courbe des taux et que prêter long et emprunter court pouvait générer des profits …tant que cela durait, que les taux courts plus bas que les taux longs et, surtout, que les prêteurs vous faisaient confiance è une gestion incompétente du bilan poussé jusqu’à sa limite de rupture ;</p>
<p style="text-align:justify;">-         Elle s’est lancée dans des aventures sur des marchés (Etats-Unis) et des produits (assurances)  inconnus pour elle afin de « faire comme tout le monde » et de grossir sans aucune stratégie cohérente è un management inintelligent ;</p>
<p style="text-align:justify;">-         Dans le cadre d’une stratégie de levier (leverage) imprudente, elle a accumulé par dizaines de milliards des actifs « toxiques » (135) sans en comprendre les risques intrinsèques et les impacts possibles sur ses fonds propres en cas de baisse des prix è une absence de gestion réelle des risques</p>
<p style="text-align:justify;">-         Pour améliorer ses marges, elle a développé des lignes de produits faisant prendre des risques de change et de taux inconsidérés à ses clients peu au fait de la finance è une gestion à courte vue sans principes déontologiques.</p>
<p style="text-align:justify;"> Dans son existence, finalement courte, cette firme n’a créé aucune valeur et n’a eu aucun effet bénéfique pour la collectivité dans son ensemble et les collectivités dont elle devait assurer les besoins financiers. On peut le regretter pour ses salariés, mais cette entreprise n’a plus sa place et son maintien en l’état représenterait un gaspillage de ressources.</p>
<p style="text-align:justify;">Il est difficile, sans connaitre le dossier, de dessiner ce que pourrait être le destin de ses différentes parties qui pourraient trouver preneur : la gestion de fonds, les réseaux de banque de détail en Belgique et en …. Turquie, le portefeuille de prêts sains après avoir apuré le bilan de tous les actifs toxiques regroupés dans une « bad bank ».</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Troisième question : Pourquoi l’Etat doit-il toujours intervenir et prendre toujours les risques ultimes à sa charge?</em></p>
<p style="text-align:justify;"> Dans un système bancaire à réserves fractionnaires, il y a plusieurs raisons à cela :</p>
<p style="text-align:justify;">-         Un tel système ne peut survivre que si les dépôts sont garantis par l’Etat</p>
<p style="text-align:justify;">-         Vu l’interpénétration interbancaire et les interconnections dans le système de paiement et de règlement, la rupture d’un chainon risque d’entrainer tous les éléments de la chaine.</p>
<p style="text-align:justify;">C’est pour cela qu’une réforme radicale a été proposée par des économistes comme Fisher, Friedman et Allais, une réforme qui est abondamment traitée sur ce site.</p>
<p style="text-align:justify;">D’un point de vue pratique ici, il est clair que cette obligation crée un risque considérable pour les deux états en charge du fardeau : la France et la Belgique. Il faut espérer que la « Bad Bank » ne coûte pas trop cher sachant que les temps ne sont guère propices pour la vente d’actifs quels qu’ils soient…. Et que la situation risque d’empirer.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Quatrième question : Ne faut-il pas revoir nos filières de recrutement des dirigeants d’entreprise en France ?</em></p>
<p style="text-align:justify;"> Mr Richard, le fondateur de DEXIA à partir du CLF et d’une banque belge du même type, était X-Ponts et il a probablement cherché à créer sa propre entité car il n’était pas ENA-Inspection des Finances et, donc ne pouvait aspirer à la Direction de la CdC dont il dépendait à l’époque. Cela lui permettait ainsi d’en remontrer  aux membres de ce Corps qui ne brille pas par sa modestie….   On voit le résultat ici de ce fonctionnement « à la française ».  Nul besoin d’expérience bancaire, de connaissances approfondies, de véritable culture du risque. Un parchemin montrant que vous avez ingurgité beaucoup de connaissances, que vous  savez les utiliser dans des dissertations élégamment présentées et avoir de la répartie au « grand oral »,  suffit à vous qualifier pour diriger des entreprises où chaque opération comporte des risques et nécessite une vision à long terme du métier. Il y a là un véritable scandale dont la prestation de Mr Haberer au Crédit Lyonnais nous avait <em> </em>déjà donné un avant-goût.</p>
<p style="text-align:justify;">                                                                      *<em> </em></p>
<p style="text-align:justify;">La déroute Dexia représente en somme un symptôme de toutes les faiblesses de notre système financier : instabilité foncière liée à son propre mode de fonctionnement, impuissance des autorités de contrôle, comportement moutonnier et incompétent des dirigeants, caractère explosif et dramatique des erreurs de ces derniers pour  l’ensemble de la collectivité. En bref, DEXIA est le nième exemple de la nocivité de ce système et de la nécessité d’en changer.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Ch. Gomez</em></p>
<p style="text-align:justify;">Mots-clefs : Dexia, EBA (European Banking Authority), SOFFIN, « stress tests”, Tier1, « fonds propres « durs », levier/leverage, Actifs toxiques, Crédit Local de France, courbe des taux, transformation, “bad bank”, réserves fractionnaires, Allais, Fisher, Friedman</p>
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		<title>TOUCHÉ… TOUCHÉ… TOUCHÉ ENCORE&#8230; COULÉ?</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Oct 2011 11:56:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>C.E.C.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[LA CRISE DE L’EURO   TOUCHÉ….  TOUCHÉ…TOUCHÉ ENCORE..… COULÉ? Comment l’interaction Eurozone/banques-marchés ressemble à une « bataille navale» dont le perdant est connu à l’avance   En visionnant une video (3/10/2011)[1] du très remarquable chroniqueur du Financial Times, James MacKintosh, je ne pus m’empêcher, à la lecture d’un graphique montrant l’évolution des CDS (Credit Default Swaps[2]) [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=234&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong><span style="text-decoration:underline;">LA CRISE DE L’EURO</span></strong></p>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration:underline;"> </span></strong></p>
<p align="center"><strong>TOUCHÉ….  TOUCHÉ…TOUCHÉ ENCORE..… COULÉ?</strong></p>
<p align="center"><strong>Comment l’interaction Eurozone/banques-marchés ressemble à une « bataille navale» dont le perdant est connu à l’avance</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align:justify;">En visionnant une video (3/10/2011)<a title="" href="#_ftn1">[1]</a> du très remarquable chroniqueur du Financial Times, James MacKintosh, je ne pus m’empêcher, à la lecture d’un graphique montrant l’évolution des CDS (Credit Default Swaps<a title="" href="#_ftn2">[2]</a>) sur les dettes publiques des pays européens, de penser à ce jeu de société que vous connaissez tous : « la Bataille navale ». Le graphique portait sur l’appréciation des dettes publiques. Mais la même image peut bien sûr s’adapter aux banques et, au-delà à l’euro-zone et à l’économie mondiale. Car, c’est bien de cela qu’il s’agit : de proche en proche, tous les vaisseaux, grands et petits,  de l’économie mondiale sont mis hors de combat.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><em>Les dettes publiques : la dérive vers  la dislocation s’accentue</em></strong></p>
<p style="text-align:justify;">En ce qui concerne les dettes publiques,  il y avait les petites « vedettes » déjà coulées (Grèce) ou en passe de l’être (Portugal), avec des niveaux de prix des CDS de 600bp et au delà. Il y avait les croiseurs Espagne et Italie très touchés avec des CDS déjà autour de 500bp, alors qu’ils étaient à moins de 200 pour l’Italie en Juin (!). Mais, ce qui était le plus frappant, c’était l’évolution des CDS France et Allemagne, deux pays qui, vous me le concèderez, peuvent être assimilés, dans l’ordre, à un cuirassé et à un vaisseau amiral. La France était à moins de 100 jusqu’en juin mais, depuis, le CDS a commencé à décoller pour doubler en fin septembre, soit le niveau de l’Italie en Juin. Et, enfin, le choc : l’Allemagne elle-même était touchée. Il fallait payer moins de 50 bp pour s’assurer contre sa défaillance de janvier à juin. En début octobre, il fallait 100bp. Certes au niveau des taux d’intérêt payés, ces évolutions ne se traduisent encore par des effets de hausse puissants que sur les pays de la périphérie et l’Allemagne bénéficie pleinement de son statut de « safe haven », le seul pays à inspirer malgré tout confiance. Mais, la France, dont les taux calquaient ceux de l’Allemagne jusqu’à une date récente, a commencé à s’en détacher et les « spreads » (OATs-Bunds) à s’élargir. Qu’est-ce que cela veut dire ?</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La réponse est simple</strong> : la crise de l’euro-zone ne fait que s’approfondir et, de plans de secours en plans d’urgence, avec des engagements toujours croissants des pays les plus solvables, en particulier de l’Allemagne et les autres pays de l’Europe du Nord, tout le monde est emporté par ce courant qui conduit  la zone euro vers sa  rupture, privée qu’elle est de toutes capacités de redressement, qu’elles soient fiscales (fuite dans le fédéralisme) ou monétaires (accentuation démesurée du financement monétaire par la BCE). On comprend l’Allemagne qui a dû déjà accepter de s’engager autour de 200 milliards dans l’élargissement de l’EFSF (European Financial Stability Facility) et qui résiste à toutes les tentatives pour, par des subterfuges tous plus dangereux les uns que les autres, donner à ce fonds plus de moyens afin de faire face aux crises des dettes des « grands » pays  (Italie, Espagne…. France ?). La situation est d’autant plus dramatique que les Banques sont en première ligne dans cet écroulement.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><em>Les banques dans le tourbillon avant la chute</em></strong></p>
<p style="text-align:justify;">En effet, vis-à-vis des Banques, le marché joue déjà la défaillance des grands pays, comme l’Espagne et l’Italie. C’est ce qui explique l’effondrement des valeurs bancaires et la montée en flèche des CDS à des niveaux très supérieurs à ceux atteints au « pic » de la crise de 2008-début 2009. Une restructuration de la dette grecque, dont le premier stade est déjà connu, pourrait être absorbée sans trop de difficultés. Mais, des restructurations en chaine de l’Espagne et de l’Italie, avec la France en pointe de mire, ne pourraient être « encaissées » sans un KO technique au niveau des fonds propres. Là aussi, l’image du jeu de la « bataille navale » colle très bien. Dexia est le premier bateau, d’une taille déjà respectable à sombrer, privé de tous les moyens de sauvetage. Les banques Françaises sont sauvagement attaquées, perdant plus de 50% de leur valeur par rapport au début d’année et valorisées maintenant très en deçà de leur valeur comptable (book value). Elles tendent même à devenir des pestiférés comme le montre le fort recul de Morgan Stanley en bourse en début de cette semaine, suite aux inquiétudes liées à son exposition sur les banques françaises. Elles ne se comparent pas très bien à leurs pairs en matière de fonds propres et elles sont très exposées aux pays potentiellement défaillants. Il est symptomatique  que la Commission Européenne qui se scandalisaient, il y a seulement quelques « petites » semaines, à la seule évocation d’une recapitalisation des banques européennes, commence aujourd’hui à infléchir sa position et à dire que finalement….. Mais, en fait, à y regarder de près, c’est tout le système bancaire mondial qui est touché (voir les CDS de Bank of America ou Barclays) et au-delà, c’est toute l’économie mondiale qui est au bord de la conflagration.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><em>L’économie européenne et mondiale en panne sèche en pleine tempête ?</em></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Dans la situation actuelle, les banques font face à une situation <strong>exceptionnellement </strong>dangereuse et font courir des risques à l’économie mondiale des risques <strong>exceptionnellement</strong> élevés. En effet, les banques ont des problèmes de plus en plus aigus de refinancement. Au niveau des fonds propres, il est aujourd’hui pratiquement impossible de lever des capitaux, en dehors même des problèmes liés à la dilution des anciens actionnaires vu le niveau actuel des cours. Trouver de nouveaux actionnaires serait très difficile et émettre de la dette subordonnée ne pourrait se faire qu’à des conditions extrêmement onéreuses (et ce n’est même pas sûr de trouver des investisseurs), surtout avec les conditions requises par « Bâle 3 »<a title="" href="#_ftn3">[3]</a> pour qu’elle puisse être comptabilisée même en « Tier 2 »<a title="" href="#_ftn4">[4]</a>. Face à une aversion au risque d’un niveau quasiment jamais vu chez les investisseurs institutionnels,  la source de la dette « senior » classique s’est quasiment tarie. Même, la dette « couverte » (« Covered bonds »), largement utilisée dans les dernières années, est vue maintenant avec suspicion et des agences de notation ont commencé à lancer des signaux d’alerte en en soulignant les risques pour les investisseurs. Et, cerise (ou bombe ?) sur ce gâteau immangeable : les banques ne se font plus confiance entre elles et préfèrent placer leurs fonds auprès des Banques Centrales (la BCE mais le Fed est dans la même situation), ce qui conduit chacune d’entre elles à aller se refinancer auprès de l’Institut d’émission en apportant du « collatéral ».  La conséquence de tout ce désordre : la seule variable d’ajustement est la taille du bilan et le crédit. Tous les canaux d’irrigation de l’économie sont asséchés les uns après les autres, les particuliers, les PME et, même les grandes entreprises qui, elles, ont encore, pour les meilleures d’entre elles, la possibilité d’émettre sur le marché à court-moyen-long terme. Un désastre….</p>
<p style="text-align:justify;">                                                                         *</p>
<p style="text-align:justify;">La conséquence de toute cette chienlit économique et financière, c’est que <strong>nos économies partent en vrille (image aéronautique après l’image maritime…), dans une spirale incontrôlée.</strong> L’écroulement des banques en 2007-2008 a fait exploser des dettes publiques déjà mal en point. Maintenant, les risques sur les dettes publiques poussent les banques au bord du gouffre. Pour retarder l’échéance,  les banques n’ont qu’une issue : couper dans le bilan. Mais, ce faisant, elles asphyxient tous les agents économiques et les problèmes rencontrés par ces derniers, c’est moins d’impôts, plus de déficits publics, des banques de plus en plus fragiles et ainsi de suite….. Et si les économies européenne, atlantique, mondiale devenaient une gigantesque Grèce ? Croyez-vous vraiment qu’il suffira d’imprimer de la monnaie, encore de la monnaie, toujours plus de monnaie …. pour nous en sortir ?</p>
<p><em><strong>Ch. Gomez</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Elle avait un titre évocateur. « Time to flee Euro-zone? »</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Un « Credit Default Swap » est un contrat entre deux parties où l’une accepte d’assurer l’autre contre un risque de défaillance moyennant une prime annuelle exprimée en basis point (centième de %) égale à 1000€ par €10 millions</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref3">[3]</a> Nouveau cadre règlementaire pour régir le fonctionnement des banques (capital, liquidité….)</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref4">[4]</a> Eléments du passif bancaire considérés comme du quasi-capital en function de son caractère “junior” (subordonné) par rapport à la dette classique.</p>
<p>_______________________________</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Mots clefs :    CDS, Credit Default Swaps, dette publique, euro, euro-zone, crise, défaillance bancaire, bilans bancaires, économie européenne, économie mondiale, bâle 3, crédit bancaire,  fonds propres des banques, BCE (Banque centrale Européenne), Fed (Federal Reserve Board)          </em></p>
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<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/osonsallais.wordpress.com/234/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/osonsallais.wordpress.com/234/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/osonsallais.wordpress.com/234/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/osonsallais.wordpress.com/234/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/osonsallais.wordpress.com/234/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/osonsallais.wordpress.com/234/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/osonsallais.wordpress.com/234/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/osonsallais.wordpress.com/234/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/osonsallais.wordpress.com/234/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/osonsallais.wordpress.com/234/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/osonsallais.wordpress.com/234/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/osonsallais.wordpress.com/234/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/osonsallais.wordpress.com/234/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/osonsallais.wordpress.com/234/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=234&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">C.E.C.</media:title>
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		<title>Edito: EUREKA, EURECA, …EUROCANULAR ?</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Oct 2011 16:58:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>C.E.C.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles d&#039;analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Editos]]></category>
		<category><![CDATA[Gomez]]></category>
		<category><![CDATA[Dette publique]]></category>
		<category><![CDATA[Editorial]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>

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		<description><![CDATA[CRISE DE L’EURO EUREKA, EURECA, …EUROCANULAR ? Quelques réflexions sur un « plan miracle » proposé par un cabinet de Consultants  Roland Berger Consultants (RBC), Cabinet très prestigieux  outre-Rhin, n’était pas bien connu en dehors de l’Allemagne. Maintenant, c’est fait et c’était probablement bien là le but ultime de ce plan élaboré, sans doute à la va-vite  mais avec [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=231&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><span style="text-decoration:underline;">CRISE DE L’EURO</span></p>
<p align="center"><strong><em>EUREKA, EURECA, …EUROCANULAR</em></strong><em> ?</em></p>
<p align="center"><em>Quelques réflexions sur un « plan miracle » proposé par un cabinet de Consultants</em></p>
<p style="text-align:justify;"> Roland Berger Consultants (RBC), Cabinet très prestigieux  outre-Rhin, n’était pas bien connu en dehors de l’Allemagne. Maintenant, c’est fait et c’était probablement bien là le but ultime de ce plan élaboré, sans doute à la va-vite  mais avec beaucoup de brio,  pour « sauver » la Grèce et l’euro grâce à une idée lumineuse bien que peu originale : la vente massive d’actifs pour éponger au moins une partie de la dette. Une fois ceci fait, tout deviendrait si simple, vraiment si simple, enfin presque….</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><em>Pour bien faire comprendre l’idée, transposons la à la France</em></strong> qui, elle aussi, pourrait faire face à des problèmes comparables avec une dette qui vient d’atteindre 86% de son PIB. Dans le plan RBC, c’est très simple, il faudrait vendre tout ce qui pourrait  être vendu pour atteindre un niveau acceptable de dette qui deviendrait gérable. Donc, imaginons la mise en vente : D’abord, toutes les participations de sociétés cotées (le plus simple), puis SNCF, RFF (Réseau Ferré de France), CEA, les Ports dont Marseille, les Sociétés de Navigation, comme la SNCM, … et, pourquoi pas ?, les Musées (Pompidou, Louvre), …les Châteaux à visiter, …bref tout ce qui serait susceptible de générer des revenus à l’avenir et, donc, qui a une valeur capitalistique ( je ne sais si RBC suggère aussi de vendre les Œuvres d’Art qui, elles, ont une valeur d’usage instantanée et pourraient rapporter gros). Il est facile de se rendre compte immédiatement que, derrière cette liste à la Prévert, chaque actif présente des problèmes spécifiques : (1) il y a des « loss makers » chroniques dont les pertes ne disparaitront du jour au lendemain et qu’il faudra éponger pendant un temps plus ou moins long, (2) des gens qui  sont protégés par des myriades de statuts en « béton » et donc non « ajustables » sur demande, d’autres qui ont des anciennetés qu’il faudra indemniser et (3) des tas de problèmes juridiques à débrouiller…  La liste des actifs grecs à vendre n’est pas donnée par RBC, ni la méthode de calcul de la valeur des actifs et de tous les frais afférents, mais il est facile de présumer que tout ceci a été fait avec une « grosse louche », disons à 50% près ….. avec un objectif bien précis : que ce soit assez « cher » pour se rapprocher de l’objectif requis  de réduction de la dette et sans que cela signifie vendre toute la Grèce « utile » (pour les financiers, bien sûr).</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><em> Passons maintenant à une analyse plus détaillée et plus centrée sur la Grèce en distinguant 5 points.</em></strong></p>
<p style="text-align:justify;">(1)   <strong><span style="text-decoration:underline;">Le niveau de départ de la dette</span></strong> : RBC part du niveau actuel de 145% comme si la réalisation de cette vente à une « holding » européenne pouvait se faire demain. Comme nous le montrons en (2), c’est  hautement improbable et il vaut mieux prévoir 1 à 2 ans  minimum, soit un niveau du ratio  Dette/PIB plus proche de 150/160 ( voire plus) que de celui retenu. Bien sûr, en bon financier, il serait toujours possible d’imaginer un « bridge financing » mais vu l’incertitude sur le prix des actifs, cela reviendrait à mutualiser d’emblée la dette grecque au niveau européen contre la promesse d’un collatéral à la valeur bien aléatoire….</p>
<p style="text-align:justify;">(2)   <strong><span style="text-decoration:underline;"> Le prix des actifs dans la transaction </span></strong>: Contrairement au schéma de la « Treuhand »<a title="" href="#_ftn1">[1]</a>, souvent cité, dans lequel  tous les actifs de l’ancienne Allemagne de l’Est avaient été apportés à une valeur nulle puisqu’ils n’appartenaient à personne, il s’agirait ici d’apporter des actifs à une holding détenue par un consortium d’Organismes européens pour un montant de 125 milliards d’euros. Il serait donc nécessaire d’évaluer les actifs et de  déterminer leur prix de transfert. Pour cela, il faudrait : (1) évaluer les postes du bilan (valeur à la casse) (2) évaluer les revenus potentiels de l’entreprise sur un horizon d’au moins  10 ans et toutes les économies, notamment de frais de fonctionnement (personnel en particulier) qu’il faudrait réaliser, (3) estimer toutes les charges de restructuration (indemnisation des employés licenciés par exemple) et régler les problèmes de prise en charge des droits à la retraite. …. Bref, faire un vrai « business plan » dont dépendra en définitif le   prix à payer pour chacun des actifs, sachant que le prix à payer sera : valeur estimée de l’actif- dettes reprises…. Une petite nuance dont il faut tenir compte car, on peut présumer que toutes ces entreprises croulent sous les dettes et que l’on trouvera très souvent, après redressement des  comptes, des valeurs nettes négatives.  JE PRETENDS QUE, MÊME EN ENGAGEANT TOUTES LES BANQUES D’INVESTISSEMENT DE LA   PLANÈTE, IL FAUDRAIT AU MOINS DEUX ANS POUR DÉBROUILLER TOUS LES PROBLÈMES ET TRACER DES PERSPECTIVES CLAIRES POUR CHACUN DES ACTIFS RETENUS.</p>
<p style="text-align:justify;">(3)   <strong><span style="text-decoration:underline;">A SUPPOSER CES PROBLÈMES RÉSOLUS, EST-CE QUE LE PROBLÈME DE LA DETTE SERAIT EN VOIE DE RÉSOLUTION ?  </span></strong>Certes des économies seraient réalisées sur le paiement des intérêts de la dette et sur les remboursements à effectuer, mais la dette resterait encore aux alentours de 100% (peut-être plus encore compte tenu de tous les nouveaux coûts extériorisés par le processu d’évaluation,  que le budget devrait prendre en charge, comme les régimes de retraite des entreprises publiques « vendus » par exemple) dans un contexte qui resterait très dépressif (voir point 4). Il est plus que probable que les taux d’intérêt sur la dette restante seraient supérieurs au taux de croissance de l’économie et que la dette se remettrait à croitre à nouveau sauf à dégager un excédent primaire significatif, ce qui accroitrait la pression déflationniste dans un contexte marqué par un taux de chômage extrêmement élevé (toute l’économie grecque serait en restructuration, avec dégraissages massifs)</p>
<p style="text-align:justify;">(4)    <strong><span style="text-decoration:underline;">LE TAUX DE CROISSANCE POSTULÉ APRÈS RESTRUCTURATION (+5% CONTRE -5%/-7% ACTUELLEMENT) EST COMPLÈTEMENT IRRÉALISTE :</span></strong> Il a été en fait calculé pour les besoins de la cause en postulant que (1) les fonds liés à la restructuration de l’appareil productif, qui s’ajouteraient aux fonds d’aide européens, joueraient un rôle de stimulus ; (2) les banques, débarrassées, au moins pour une part, des obligations publiques qu’elles détenaient, se remettraient à prêter, réamorçant ainsi la machine économique. En fait, réfléchissons un peu : (1) le problème de la non-compétitivité de la Grèce n’aurait pas été résolu ; (2) la politique budgétaire resterait globalement déflationniste avec  la poursuite des économies budgétaires et des tentatives de faire mieux rentrer des impôts augmentés ;  (3) les agents économiques, dans une économie en pleine restructuration, auraient plutôt tendance à se retrancher et à augmenter leur « bas le laine » ; (2) l’impact net des fonds de restructuration serait moins important qu’il n’est dit car ils seraient versés une fois (multiplicateur bien éphémère dans le contexte que nous venons de décrire), les fonds européens ayant, eux, un impact conjoncturel nul puisqu’ils existent déjà, (3) De plus, il faudrait que, très rapidement,  des dividendes prennent le chemin de la holding pour que celle-ci puisse rembourser les apporteurs des 125 milliards.</p>
<p style="text-align:justify;">(5)   <strong><span style="text-decoration:underline;">&#8230;.ET BIEN SÛR, TOUT CELA SANS COMPTER LES OBSTACLES SOCIAUX ET LES PROBLÈMES POLITIQUES : </span></strong>  les gens ne vont pas voir tout remis en cause, y compris leurs libertés politiques,  sans réagir dans une Grèce qui deviendrait une espèce de « colonie » d’un consortium européen, avec des « gauleiters » (comme l’actuelle « Troïka », la bien nommée) européens, à dominante allemande, venant « casser les reins » des syndicats grecs. Il faut ici laisser nos lecteurs à leur imagination……</p>
<p style="text-align:justify;">                                                    **************</p>
<p style="text-align:justify;">Au début de la crise, des journaux allemands avaient suggéré à la Grèce de vendre toutes ses îles à des investisseurs internationaux et cela avait fait jaser et …. frémir les grecs. Or, ce plan est un « remake » de la même idée, présenté de manière plus sophistiquée, avec tout le brio et la côté bonimenteur des grands professionnels du « Consulting » et Roland Berger Consulting fait partie de ceux-là. Qu’une telle idée ait pu être prise au sérieux et rapportée dans de grands journaux et dans d’autres grands media comme un possible remède miracle pour résoudre la crise européenne et écraser les « méchants spéculateurs »  montre la profondeur de la désespérance de certains milieux pro-européens mais aussi une  incompétence problématique.  Heureusement, Angela Merkel et Wolfgang Schaüble ne font pas partie de ceux-là et gardent « la tête sur leurs épaules » !</p>
<div><em>Christian Gomez</em></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Treuhand : organisme chargé au début des années 90  des opérations de restructuration et de privatisation des entreprises industrielles et commerciales d’Allemagne de l’Est.</p>
</div>
</div>
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	</item>
		<item>
		<title>Ni de droite, ni de gauche !</title>
		<link>http://osonsallais.wordpress.com/2011/10/01/ni-de-droite-ni-de-gauche/</link>
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		<pubDate>Sat, 01 Oct 2011 07:05:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>C.E.C.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[article d'analyse]]></category>
		<category><![CDATA[banques]]></category>
		<category><![CDATA[système bancaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Une page extraite du site anglais &#8220;positive money&#8221; http://www.positivemoney.org.uk/2011/07/our-proposals-left-wing-or-right-wing/ ___________________________ Proposals: Left-wing or Right-wing? By Mira Tekelova (Positive Money) 15 The kind of proposals that we’re advocating are neither left wing nor right wing. They get support from both sides of the political spectrum, sometimes for different reasons, and sometimes for the same reasons. The [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=229&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><em><strong>Une page extraite du site anglais &#8220;positive money&#8221;</strong><a href="http://www.positivemoney.org.uk/2011/07/our-proposals-left-wing-or-right-wing/" target="_blank"><br />
<strong>http://www.positivemoney.org.uk/2011/07/our-proposals-left-wing-or-right-wing/</strong></a></em></p>
<p style="text-align:center;">___________________________</p>
<h3>Proposals: Left-wing or Right-wing?</h3>
<div>By <a title="Posts by Mira Tekelova (Positive Money)" href="http://www.positivemoney.org.uk/author/mira-tekelova/" rel="author">Mira Tekelova (Positive Money)</a></div>
<div>
<div><a title="Comment on Our Proposals: Left-wing or Right-wing?" href="http://www.positivemoney.org.uk/2011/07/our-proposals-left-wing-or-right-wing/#comments">15</a></div>
</div>
<div>
<p style="text-align:justify;">The kind of proposals that we’re advocating are neither left wing nor right wing. They get support from both sides of the political spectrum, sometimes for different reasons, and sometimes for the same reasons.</p>
<p style="text-align:justify;">The proposal denies the commercial banks their power to create money. It is pure common-sense, and it should be welcomed by all. If you are a socialist on the left you should welcome the <strong>fairness and possibility of better public services</strong>, and if you are a capitalist business owner on the <strong>right</strong> you should welcome the <strong>easier access to cheap, affordable credit</strong>! If you believe in free markets then you should welcome the removal of subsidies for the huge corporations that we know as banks, and the removal of the distorting influence that this has. And everyone should welcome the ending of a situation where the interests of banks overrule the interests of democracy.</p>
<p style="text-align:justify;">Those on the “right” and “left” alike ought to be equally as disgusted by the shocking waste of public money involved in borrowing our nation’s money supply from banks when it could be created debt-free. All we hear about these days is ‘cutting out the waste in public spending’. This proposal addresses the biggest, most fundamental source of wasted public money – including the £100bn in hidden subsidies given to the banking sector each year.</p>
<p style="text-align:justify;">We are not against free market, not against lending or interest. We are <strong>against mixing</strong> <strong>the two activities</strong> of providing society with a medium of exchange, and intermediating money between savers and borrowers. We believe, that <strong>only if we give the free market a nationalised money supply, can it really work for the public benefit. </strong></p>
<p style="text-align:justify;">The proposed reform would bring the important advantage of <strong>separating</strong> control of <strong>how much</strong> <strong>money</strong> is in circulation from decisions on <strong>how the money is used</strong>. The way commercial banks now create money <strong>involves their controlling its use</strong>. In deciding whether to grant a loan they decide whether to invest in businesses, property bubbles or other forms of speculation. But, in a market economy which aspires to be free, open and efficient, decisions affecting the monetary order itself – including the amount of money in circulation – should not be part of the money-making process.</p>
<p style="text-align:justify;">Our reform will not restrict the freedom of the banks to give and take loans against interest. Far from being a step on the road to any kind of inefficient, centrally planned economy, it will contribute to <strong>freer, more open and more efficient functioning of the market economy </strong>– for banks as for everyone else.</p>
<p style="text-align:justify;">If after this reform a bank should fail, only the bank’s own money will be at stake. Customers’ money on current accounts will no longer be part of its balance sheet.</p>
<p style="text-align:justify;">A debt-free money base, a less indebted government, a better balanced government budget, a lowered tax burden, a better moneyed civil society – all these will contribute to a <strong>higher level of net income</strong> and a <strong>larger </strong><strong>capital base for both businesses and private households</strong>.</p>
<p style="text-align:justify;">This will help to make them <strong>less dependent on subsidies</strong> and allowances and external capital, and better able to provide for themselves and one another.</p>
<p style="text-align:justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align:justify;">What we do want to achieve is to <strong>abolish fractional reserve banking</strong> – and this is something that many economists from the both sides of political spectrum in the past and today strongly criticized and strived to achieve.</p>
<p style="text-align:justify;">In this post we would like to introduce the most well known, important and famous economists calling for the end of fractional reserve banking.</p>
<p style="text-align:justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align:justify;">Let’s start from the <strong>right</strong> – the <strong>Austrian school of economics</strong>, which is associated with libertarian political perspectives. They argue for an extremely limited role for government and the smallest possible amount of government intervention in the economy.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Ludwig von Mises</strong> was the first twentieth-century economist to propose the establishment of a banking system with a 100-percent reserve requirement on demand deposits.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Nobel Laureate Friedrich.A. Hayek</strong> also speaks of establishing a banking system based on a 100-percent reserve requirement.</p>
<p style="text-align:justify;">Professor <strong>Murray N. Rothbard</strong> (in 1962) develops his proposal for a pure gold standard based on a free-banking system with a 100-percent reserve requirement. <em>Rothbard <strong>compares the banker who operates with a fractional reserve with the criminal who commits the crime of misappropriation.</strong></em></p>
<p style="text-align:justify;">In Europe, the Frenchman <strong>Maurice Allais</strong>, who received the <strong>Nobel Prize</strong> for Economics in 1988, has championed the proposal of a banking system subject to a 100-percent reserve requirement.</p>
<p style="text-align:justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align:justify;">On the other side of political spectrum there is the old tradition established by some members of the <strong>Chicago School</strong>. While with different theoretical roots and with totally different objectives<strong>, they came to the same conclusion – the call for abolishment of fractional reserve banking. </strong></p>
<p style="text-align:justify;">(The Austrian theorists see the 100-percent reserve requirement as an imperative which is vital for the correct functioning of a market economy. Economists of Chicago school proposed a 100-percent reserve requirement to make government monetary policy more effective and predictable – to assist governments in administering a stable monetary policy by preventing the elastic, distorting credit expansion which all fractional reserve banking systems generate from nothing.)</p>
<p style="text-align:justify;">They suggested monetary reforms, including a call to end the fractional reserve banking and impose 100% reserves on demand deposits in memorandum that came to be known as the <strong>&#8220;Chicago plan&#8221;</strong>. The Chicago plan was a proposal to radically change the structure of the financial system.</p>
<p style="text-align:justify;">Supporters of the plan were: <strong>F. H. Knight, L. W. Mints, Henry Schultz, H. C. Simons, G. V. Cox, Aaron Director, Paul Douglas, and A. G. Hart</strong>.</p>
<p style="text-align:justify;">The memorandum generated much interest and discussion among lawmakers but the suggested reforms were set aside and replaced by watered down alternative measures.</p>
<p style="text-align:justify;">When after an apparent recovery in the mid-1930s, America was again in recession in 1939 economists circulated a draft proposal titled  “<em>A Program for Monetary Reform”</em> calling once more for an end to fractional-reserve banking. It resurrected proposals for banking and monetary reform from the Chicago plan.</p>
<p style="text-align:justify;">The program was sent to the most complete list of academic economists available at the time. General <strong>approval of the program was expressed by 235 economists</strong> from 157 universities and colleges; another 40 economists approved of it with some reservations; only 43 economists expressed disapproval.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>A Program for Monetary Reform</em> was coauthored by six notable economists:<strong> Paul H. Douglas, Frank D. Graham, Earl J. Hamilton, Willford I. King, Charles R. Whittlesey and  Irving Fisher (</strong>a celebrated American economist and professor of economics who is best known for his work on the quantity theory of money. Fisher was a true celebrity and one of the major influences on Milton Friedman’s monetarism. Friedman called Fisher &#8220;<strong>the greatest economist the United States has ever produced)</strong></p>
<p style="text-align:justify;">There is one more outstanding economist who has backed monetary reform. It is our <strong>Nobel Prize winner Milton Friedman, </strong>is known now as one of <strong>the most influential economists</strong> of the 20th century. He wrote a book in 1960 called, <strong>A Program For Monetary Stability</strong>. On page 65 he stated that he was in favor of what Henry Simons and Lloyd Mints were advocating, that is, 100% reserve. In other words, he advocated that governments, rather than private banks, issue the money supply. Dr. Friedman also praised american <a href="http://www.themoneymasters.com/monetary-reform-act/"><em>Monetary Reform Act</em> </a> (<a href="http://www.themoneymasters.com/monetary-reform-act/">http://www.themoneymasters.com/monetary-reform-act/</a>) – which is similar to the proposal of Positive Money.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>In more recent years</strong> there is an increasing number of economists who are advocating a sound and stable monetary system based on 100% reserves:<strong> Laurence Kotlikoff, Josef Huber, James Robertson, James Tobin (</strong> who received the Nobel Prize for Economics in 1981, has proposed a “deposit currency” system which incorporates many aspects of the Chicago Plan for a 100-percent reserve requirement.)<strong>, John Kay, Jesus Huerta de Soto etc.</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Jesus Huerta de Soto</strong> is today’s leading Austrian school economist, who in his book “Money, Bank Credit and Economic Cycles” published a proposal of a reform of banking system. He suggests a transition from the most controlled systems (those with central planning in the banking and financial sector) to the least controlled ones (those in which the central bank has been abolished and complete freedom prevails) which consists of 5 stages.</p>
<p style="text-align:justify;">What is really interesting and what could be seen as a <strong>connecting link between “right” and “left” </strong>is the <strong><em>third stage of the transition</em></strong>, in which</p>
<p style="text-align:justify;">“the central bank would remain independent, and a radical step would be taken in the reform: <strong>a 100-percent reserve requirement would be established for private banks</strong>. This step would necessitate certain legislative modifications to the commercial and penal codes. These changes would allow us to eradicate most of the current administrative legislation issued by central bankers to control deposit and credit institutions. <strong>The sole, remaining function of the central bank would be to guarantee that the monetary supply grows at a rate equal to or slightly lower than the increase in productivity in the economic system.”</strong></p>
<p style="text-align:justify;">This stage is actually very similar to Positive Money’s proposal of reform.</p>
<p style="text-align:justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align:justify;">Finally, we want to conclude our list with such very important persons of financial world as:</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Mervyn King, the governor of the Bank of England</strong>, who said in 2010&#8230;<br />
<em>&#8220;Another avenue of reform is some form of functional separation. The Volcker Rule is one example. Another, more fundamental, example would be to divorce the payment system from risky lending activity – that is <strong>to prevent fractional reserve banking</strong>”</em></p>
<p style="text-align:justify;">and</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Herman Daly, former Senior Economist at the World Bank</strong>, who strongly endorses full reserve banking:</p>
<p style="text-align:justify;"><em>“I think we can really do a whole lot for our economy if we would just move away from fractional reserve banking and go back in the direction of 100% reserve requirement.” </em></p>
<p style="text-align:justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p style="text-align:justify;">Reform of the monetary and banking system is not about being on left or right side. It is about fixing what is fundamentally wrong.</p>
<p style="text-align:justify;">Our proposal is not about giving government more or less power. It is rather about taking this “magic box of money creation” from the hands of both &#8211; private banks and governments – and putting it on a transparent place in the centre of the society, so that everybody knows where it is and how exactly it is being used and nobody can abuse it</p>
</div>
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		<item>
		<title>Des réserves fractionnaires au 100 % monnaie.</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Dec 2010 14:05:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>C.E.C.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles d&#039;analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Jégu]]></category>
		<category><![CDATA[100% monnaie]]></category>
		<category><![CDATA[réserves fractionnaires]]></category>
		<category><![CDATA[système bancaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Extrait d&#8217;un article plus complet du site de Jean Jégu, article intitulé &#8220; Pour une régulation monétaire mondiale.&#8221; (chargement pdf de l&#8217;article complet) ________________________________ 1. Les « réserves fractionnaires ». Pour comprendre les questions monétaires il ne faut pas, en premier lieu, s&#8217;appesantir sur les gains des traders, les « stock options » ou autres [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=216&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Extrait d&#8217;un article plus complet du <a href="http://jegu.jean.pagesperso-orange.fr/" target="_blank">site de Jean Jégu</a>, article intitulé &#8220;</em> <strong>Pour une régulation monétaire mondiale.</strong>&#8221; <em>(<a href="http://jegu.jean.pagesperso-orange.fr/pdf/regmonmond.pdf" target="_blank">chargement pdf de l&#8217;article complet</a>)</em></p>
<p>________________________________</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>1. Les </strong><strong>«</strong><strong> r</strong><strong>é</strong><strong>serves fractionnaires </strong><strong>»</strong><strong>.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Pour comprendre les questions monétaires il ne faut pas, en premier lieu, s&#8217;appesantir sur les gains des traders, les « stock options » ou autres sujets qui font la une de nos journaux. Ce ne sont là que des conséquences, des prolongements d&#8217;un état d&#8217;esprit qui s&#8217;est répandu partout : le profit, toujours plus de profit.</p>
<p style="text-align:justify;">La profession bancaire n&#8217;est certes pas la seule à se soumettre à la loi du profit maximum mais elle est probablement celle qui a commencé et de la manière la plus efficace. Sans refaire l&#8217;histoire de la banque – ce qui ne manquerait pas d&#8217;être instructif – nous expliquerons le plus clairement possible ce que d&#8217;aucuns appellent parfois « le privilège bancaire ». Nous préférons parler de manière plus neutre de « principe bancaire ».</p>
<p style="text-align:justify;">Il ne faut pas rechercher la culpabilité de tel ou tel. Notre conviction est que l&#8217;affaire dépasse le niveau des choix individuels. Il s&#8217;agit d&#8217;abord d&#8217;un fait de société. Les évolutions relèveront d&#8217;autres faits de société et notamment d&#8217;une prise de conscience générale à laquelle nous nous efforçons de contribuer</p>
<p style="text-align:justify;">Comprendre le « principe bancaire » est essentiel pour entrevoir une solution à nos problèmes financiers actuels. L&#8217;expliquer se heurte à de sérieuses difficultés. Ce fait social existe depuis quelques siècles. Il reste discret, peu enseigné si ce n&#8217;est à la sauvette, plutôt inavoué &#8211; peut-être parce qu&#8217;inavouable – parfois même contesté par les banquiers eux-mêmes, en tout cas ignoré du public qui ne peut le voir. Le vocabulaire financier échappe à la plupart d&#8217;entre nous comme tout vocabulaire spécialisé. Mais, si vous écartez ce vocabulaire, vous voici taxé d&#8217;ignorance. C&#8217;est pourtant ce que nous n&#8217;hésiterons pas à faire préférant être compris.</p>
<p style="text-align:justify;">Prenons, par exemple, un individu habitant un appartement estimé à 300 000 € dont il est propriétaire. Il détient par ailleurs un épargne de 30 000 €, un compte courant de 3000 € et 300 € en espèces dans son portefeuille. Son patrimoine atteint donc 333 300 € dont 33 300 € disponibles pour ses affaires, en particulier 3 300 € en monnaie liquide. Voilà pour le langage courant. Un spécialiste vous demandera de préciser de quelle nature est l&#8217;épargne de 30000 €. Un livret A n&#8217;est pas de même nature que la détention de SICAV, ni celle-ci que des avoirs en actions. On vous expliquera que les 300 € en espèces sont de la monnaie de base, que les 3000 € sont de la monnaie bancaire ( généralement connue sous l&#8217;appellation de M1 ) tandis qu&#8217;un compte d&#8217;épargne n&#8217;en est pas ; ce n&#8217;est que de la quasi-monnaie comptabilisée dans un ensemble gigogne englobant le premier et appelé M2 ou M3 selon le cas. En bref avec la monnaie de base sur laquelle nous aurons à revenir, il y a d&#8217;autres avoirs financiers classables selon leur nature dans une collection d&#8217; « agrégats financiers » emboités comme des poupées russes et comme si on voulait un peu cacher ce qu&#8217;il y a à l&#8217;intérieur.</p>
<p style="text-align:justify;">La vérité est pourtant simple et peut être dite en langage ordinaire : à la base il y a les billets ( et, pour mémoire, les pièces bien sûr). Plus exactement il y a les comptes tenus par la BCE, comptes avec lesquels leurs titulaires peuvent acheter des billets. Notez bien que seules les banques et le Trésor Public ont des comptes ouverts à la BCE ( ou à la BdF qui en est aujourd&#8217;hui une annexe). Nous dirons donc qu&#8217;à la base, <strong>il y a les « €-base ». </strong>Notre homme détient donc, en billets, 300 «€-base». Les 3000 € sur son compte bancaire ne sont pas des « €-base » mais l&#8217; engagement de la banque de lui fournir sur demande jusqu&#8217;à 3000 « €-base ». Cet engagement est sérieux et crédible tant que la banque qui l&#8217;a pris est elle-même sérieuse et crédible. On peut donc dire que notre homme possède <strong>3000 « €-promesses d&#8217;€-base » qui valent, normalement, exactement 3000 « €-base » sans toutefois être 3000 « €-base »</strong>. C&#8217;est ici l&#8217;élément clé pour comprendre le « principe bancaire ».</p>
<p style="text-align:justify;">Chacun utilise son compte comme si c&#8217;était des billets, c&#8217;est à dire des « €-base ». Les banques exécutent les ordres qu&#8217;elles reçoivent (chèques, virements, retraits, …) exactement comme si elles détenaient des billets. Les banques détiennent bien en effet des billets et des « comptes de billets », c&#8217;est à dire des « €-base ». Mais <strong>le « principe bancaire » exprime le fait que chacune ne détient en « €-base » qu&#8217;une faible fraction du total promis en « €-promesse d&#8217;€-base » et comptabilisé sur les comptes bancaires qu&#8217;elle gère.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;explication est simple : la banque ne conserve que le minimum d&#8217;argent nécessaire pour honorer tous les ordres reçus de sa clientèle. Elle joue pour cela sur le fait que <strong>tous les clients ne sont pas demandeurs simultanément. </strong>C&#8217;est le phénomène souvent rapporté sous le terme de « multiplicateur » de crédits. Quand elle a 100 « €-base », elle peut gérer par exemple 400 « €-promesses d&#8217;€-base ». Ceci revient à dire que quand une banque possède 100 « €-base », elle peut naturellement les prêter en inscrivant 100 « €-promesses d&#8217;€-base » sur le compte d&#8217;un client, mais en plus elle peut prêter 300 « €-base » supplémentaires bien qu&#8217;elle ne les possède pas.</p>
<p style="text-align:justify;">Quand tout va bien, c&#8217;est à dire quand les affaires marchent et que la confiance règne, la banque empoche des intérêts sur le total des € prêtés. Si les conditions économiques se dégradent et que la suspicion gagne, il peut y avoir banqueroute : si la clientèle multiplie les mouvements d&#8217;argent simultanés et/ou les retraits en billets, la banque ne possède pas assez d&#8217; « €-base » pour exécuter les ordres et/ou faire face aux retraits. Elle finit par se trouver en état de cessation de paiements.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce système dit de « réserves fractionnaires », issu de l&#8217;histoire, a ses avantages et ses inconvénients. Quand la monnaie de base était constituée de métaux précieux et rares ( or ou argent ) le multiplicateur de crédits, utile pour gonfler les revenus des banques, l&#8217;était aussi pour augmenter la masse monétaire disponible pour les clients. Mais que de fois certains de ceux-ci ne se sont-ils pas retrouvés grugés pour avoir fait confiance à un banquier imprudent, c&#8217;est à dire trop enclin à prêter au delà du gérable. Aujourd&#8217;hui la situation est tout autre puisqu&#8217;aucune monnaie n&#8217;est désormais arrimée aux métaux précieux et donc n&#8217;est soumise à une rareté de fait. La production de monnaie n&#8217;est plus une question d&#8217;extraction de minerai aurifère mais relève de la décision politique. Ceci permet de réexaminer sans crainte les mécanismes de la création monétaire et autorise la <strong>remise en cause du système des « réserves fractionnaires »</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>2. Le </strong><strong>«</strong><strong> 100 % monnaie </strong><strong>»</strong><strong>.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Nous avons pris connaissance du « multiplicateur de crédit », c&#8217;est à dire du fait que les banques comptabilisent bien plus d&#8217;argent sur les comptes de leurs clients que ce qu&#8217;elles en ont en réalité. Interrogeons-nous maintenant sur la nature et l&#8217;origine de cet argent de base qui se trouve ainsi multiplié. D&#8217;où viennent les billets et – ce qui est équivalent – les « comptes d&#8217;€-base » qui permettent aux banques d&#8217;en obtenir ? L&#8217;or existe, est extrait de mines, mis en pièces ou en lingots ; on en a ou on n&#8217;en a pas. Mais les billets ne sont que du papier imprimé. Qu&#8217;est-ce qui en fait de la monnaie ? Qui plus est, qu&#8217;est-ce qui en fait la base de la monnaie, base sur laquelle repose tous les comptes bancaires ? Après les « réserves fractionnaires » il faut ici expliquer la « monétisation ».</p>
<p style="text-align:justify;">La monétisation est l&#8217;introduction de moyens de paiements supplémentaires dans les circuits économiques. La monétisation la plus courante est celle liée à l&#8217;attribution d&#8217;un crédit bancaire. Quand un client d&#8217;une banque s&#8217;engage à lui rembourser dans un délai fixé un certain capital et des intérêts calculés sur ce capital, la banque porte sur son compte le capital correspondant ( en « €-promesse d&#8217;€-base ») et lui en attribue l&#8217;usage. Ceci se fait – nous l&#8217;avons déjà vu &#8211; sans que la banque ait besoin de disposer au préalable de la totalité des « €-base » promis. Il lui suffit d&#8217;en disposer d&#8217;une partie statistiquement suffisante pour faire face aux demandes de sa clientèle. Lorsque le crédit attribué est effectivement mobilisé il peut s&#8217;en aller vers le compte d&#8217;un client d&#8217;une autre banque. Cette autre banque, cliente de la Banque Centrale, voit ainsi son « compte d&#8217; €-base» ( en €-base) augmenter du capital correspondant conformément à la promesse de la banque ayant accordé le crédit initial ( en €-promesse de €-base ). Que ce « compte d&#8217; €-base » soit lui-même partiellement ou en totalité reprêté à tel ou tel autre client de cette banque et cela à un taux générant un certain revenu n&#8217;a rien de choquant. Qu&#8217;il le soit une deuxième ou troisième fois – la banque en faisant son affaire – l&#8217;est davantage. Non seulement il y a multiplication discutable des intérêts perçus, mais surtout, il en résulte une fragilisation du système monétaire, les banques étant incapables de tenir leurs promesses autrement qu&#8217;en jonglant avec le comportement statistique de leurs clientèles.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>L&#8217;introduction de monnaie de base ( €-base) est réservée aux Banques Centrales</strong>. Il y a une Banque Centrale pour chaque devise et par zone économique. Les « €-base » naissent d&#8217;un crédit accordé par la Banque Centrale à l&#8217;un ou l&#8217;autre de ses clients (banques, Trésor Public) ou encore du paiement de titres financiers achetés par la Banque Centrale. Seuls les « €-base » sont garantis par la Banque Centrale, c&#8217;est à dire la collectivité qu&#8217;elle représente, mais il y en a beaucoup moins que les « €-promesses de €-base » qui circulent de comptes en comptes dans les banques commerciales pour les besoins de l&#8217;économie. Aujourd&#8217;hui, avec des monnaies entièrement libérées de la rareté des métaux précieux, rien ne justifie que cette pratique contestable se perpétue.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce point de vue n&#8217;est pas une nouveauté. Il existe toute une école de pensée économique qui le dit depuis longtemps (notamment Irving Fisher (<em>100 % money</em>, 1935) et Maurice Allais (depuis 1943) ). Cette position, connue sous l&#8217;appellation de <strong>« 100 % monnaie », consiste à ne reconnaître comme monnaie que le « €-base », c&#8217;est à dire à interdire les « €-promesse d&#8217;€-base »</strong>. L&#8217;économie réelle qui n&#8217;utilise aujourd&#8217;hui, pour l&#8217;essentiel, que les « €-promesses d&#8217;€-bases » serait ainsi éloignée des manipulations permises par ce jeu de promesses Les méfaits des produits dérivés, de la spéculation sur les titres et les devises résisteraient peut-être à la mise en œuvre du « 100 % monnaie » mais en seraient probablement réduits car ils reposent en bonne partie sur la capacité des banques à produire la monnaie bancaire ( les « €-promesse d&#8217;€-base » ). Notre monnaie – bien public s&#8217;il en est – ne serait plus mise en péril par des opérations spéculatives privées. Les moyens de financement liés à l&#8217;épargne préalable resteraient utilisables mais limiter la monnaie aux &#8220;€-base&#8221; serait <strong>une mesure de salubrité publique </strong>qui, bien que connue et techniquement possible, est curieusement et systématiquement passée sous silence jusqu&#8217;à ce jour par le monde financier.</p>
<p style="text-align:justify;"><em> Jean Jégu</em><br />
<em>30 novembre 2010</em></p>
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	</item>
		<item>
		<title>Le retour à l&#8217;État du privilège exclusif de la création monétaire</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Nov 2010 12:06:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>C.E.C.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles d&#039;Allais]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://osonsallais.wordpress.com/?p=211</guid>
		<description><![CDATA[Extraits de « l&#8217;impôt sur le capital et la réforme monétaire » Maurice Allais &#8211; Ed Hermann  &#8211; Nouvelle édition octobre 1988 – pages 200 à 209 _____________________________________ Il résulte de l&#8217;analyse qui précède que le système du crédit est entaché de défauts essentiels et la question se pose de savoir si ces défauts ne [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=211&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><em>Extraits de « </em><em><strong>l&#8217;impôt sur le capital et la réforme monétaire</strong> » Maurice Allais &#8211; Ed Hermann  &#8211; </em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Nouvelle édition octobre 1988 – pages 200 à 209</em></p>
<p style="text-align:justify;">_____________________________________</p>
<p style="text-align:justify;">Il résulte de l&#8217;analyse qui précède que le système du crédit est entaché de défauts essentiels et la question se pose de savoir si ces défauts ne sont pas inhérents à toute économie décentralisée et de propriété privée. En fait il n&#8217;en est rien, et une réforme relativement facile à mettre en œuvre pourrait affranchir le système actuel du crédit de ses inconvénients majeurs.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><em>DÉFAUTS MAJEURS DU SYSTEME ACTUEL DE CRÉDIT</em></strong><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Pour six raisons au moins, la création (ou la destruction) irresponsable de monnaie par les décisions des banques et des particuliers, la très grande sensibilité du mécanisme du crédit à la situation conjoncturelle, l&#8217;instabilité foncière qu&#8217;il engendre, l&#8217;altération des conditions d&#8217;une efficacité maximale et l&#8217;altération de la distribution des revenus qui en sont les conséquences, et enfin l&#8217;impossibilité de tout contrôle efficace du système du crédit par l&#8217;opinion publique et le parlement en raison de son extraordinaire complexité, l&#8217;organisation actuelle du crédit, dont l&#8217;origine historique a été tout à fait contingente, apparaît comme tout à fait irrationnelle.</p>
<p style="text-align:justify;">En tout état de cause, il serait souhaitable que la masse monétaire globale augmente à une allure régulière, ce qui, de toute évidence, paraît impossible au regard de la structure actuelle du système du crédit.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La création de monnaie et de pouvoir d&#8217;achat par le mécanisme du crédit, les profits </strong><strong>correspondants et l&#8217;altération de la distribution des revenus</strong><strong></strong></p>
<p style="text-align:justify;">La répartition des revenus constituant l&#8217;objet essentiel de ce livre, il paraît souhaitable de rappeler brièvement comment la distribution des revenus est altérée par le mécanisme du crédit.</p>
<p style="text-align:justify;">Le mécanisme du crédit a pour effet d&#8217;augmenter la masse monétaire d&#8217;un montant égal au montant global des dépôts que leurs détenteurs considèrent comme des encaisses, déduction faite de leur couverture en monnaie de base. Les dépôts bancaires considérés par leurs détenteurs comme constituant des encaisses comprennent tous les dépôts à vue et la plus grande partie des dépôts à terme.</p>
<p style="text-align:justify;">Au moins en première approximation, la fraction des dépôts à terme jouant le rôle de monnaie peut être estimée aux deux tiers environ des dépôts à terme. Cette fraction représente approximativement le montant global des dépôts à terme de moins de trois mois.</p>
<p style="text-align:justify;">La masse monétaire peut ainsi être estimée comme égale au montant global de la monnaie de base (billets et pièces, comptes courants postaux, dépôts à la Banque de France et au Trésor) et du montant global des dépôts bancaires jouant le rôle de monnaie (dépôts à vue et deux tiers des dépôts à terme) et non couverts par de la monnaie de base. La monnaie créée par le mécanisme du crédit est égale à l&#8217;excès de la masse monétaire sur la monnaie de base <sup>5</sup>. Quant à la distribution des revenus, les effets du mécanisme du crédit peuvent s&#8217;analyser à un double point de vue. Tout d&#8217;abord le mécanisme du crédit permet la création chaque année d&#8217;un pouvoir d&#8217;achat supplémentaire égal à l&#8217;augmentation de l&#8217;excès de la masse monétaire sur la monnaie de base. Ce pouvoir d&#8217;achat est compensé en comptabilité par un endettement vis-à-vis des banques des agents économiques qui en bénéficient. Lorsque leurs emprunts sont remboursés la création initiale de pouvoir d&#8217;achat se trouve compensée par la destruction d&#8217;un pouvoir d&#8217;achat égal, mais si les banques reprêtent indéfiniment les sommes remboursées, la création initiale de pouvoir d&#8217;achat devient définitive. Si les banques ne renouvelaient pas leurs prêts non couverts par de la monnaie de base, le seul pouvoir d&#8217;achat créé correspondrait aux intérêts courus, mais comme en fait l&#8217;excès de la masse monétaire sur la monnaie de base croît constamment, l&#8217;accroissement chaque année de cette différence correspond à une création définitive de pouvoir d&#8217;achat <em>ex nihilo </em>qui se traduit par la hausse des prix et la perte d&#8217;un pouvoir d&#8217;achat égal de l&#8217;ensemble des consommateurs. De 1968 à 1975 le pouvoir d&#8217;achat ainsi créé <em>ex nihilo </em>par le mécanisme du crédit bancaire a représenté en moyenne une fraction d&#8217;environ 5,2 % du revenu national. Au cours des années 1974 et 1975 il a représenté en moyenne 8,6 % du revenu national.</p>
<p style="text-align:justify;">Un second point de vue consiste à considérer non pas le pouvoir d&#8217;achat nouveau créé <em>ex nihilo </em>dans l&#8217;année considérée, mais les intérêts correspondant au montant global de la monnaie bancaire existant à l&#8217;époque considérée (dépôts bancaires à vue et approximativement deux tiers des dépôts bancaires à terme) non couverts par de la monnaie de base. Ce montant est égal à l&#8217;excès de la masse monétaire sur la monnaie de base. Le montant global de ces intérêts est approximativement égal, au produit de l&#8217;excès de la masse monétaire sur la monnaie de base par le taux d&#8217;intérêt à long terme des obligations de premier rang. Au 31 décembre 1975 l&#8217;excès de la masse monétaire sur la monnaie de base correspondait approximativement à 40 % du revenu national et le taux d&#8217;intérêt à long terme des obligations de premier rang était de l&#8217;ordre de 9%. Les intérêts annuels correspondants représentaient donc environ 3,6 % du revenu national. Cette fraction correspondait aux profits distribués, plus ou moins aveuglément, pendant l&#8217;année considérée à une foule de parties prenantes par le mécanisme du crédit.</p>
<p style="text-align:justify;">Que l&#8217;on adopte l&#8217;un ou l&#8217;autre point de vue le mécanisme du crédit a pour effet d&#8217;altérer profondément la distribution des revenus au profit de certains et au détriment des autres. Si on admet les principes d&#8217;équité et de justice sociale qui paraissent communément admis par les majorités politiques d&#8217;aujourd&#8217;hui, il conviendrait d&#8217;attribuer à l&#8217;État, et à l&#8217;État seul, le bénéfice de la création monétaire.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Principes d&#8217;une réforme du crédit</strong><strong></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Si l&#8217;on veut pallier les défauts majeurs du système du crédit, il convient de le réformer profondément. Cette réforme doit s&#8217;appuyer sur deux principes fondamentaux :</p>
<p style="text-align:justify;">— Le domaine de la création monétaire doit relever de l&#8217;État et de l&#8217;État seul. Il convient de lui donner une maîtrise totale de la masse monétaire.</p>
<p style="text-align:justify;">— Il convient d&#8217;éviter toute création monétaire autre que celle de la monnaie de base de manière que personne en dehors de l&#8217;État ne puisse bénéficier des faux droits résultant actuellement de la création de monnaie bancaire, c&#8217;est-à-dire de manière que toute dépense trouve son origine dans un revenu effectivement reçu.</p>
<p style="text-align:justify;">Ces deux principes impliquent que tout dépôt à partir duquel des paiements peuvent être effectués soit intégralement couvert en monnaie de base.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Fondements d&#8217;une réforme</strong><strong></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Pour éviter les inconvénients majeurs du système actuel du crédit, les fonctions bancaires assurées aujourd&#8217;hui par les banques et les intermédiaires financiers devraient être réparties après une période de transition convenable entre deux types d&#8217;établissements, les banques de dépôt et les banques de prêts.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Les banques de dépôt </em>assureraient la garde des dépôts en monnaie de base et effectueraient sur leur demande les encaissements et les paiements de leurs clients. Les services correspondants seraient facturés. Il serait interdit aux banques de dépôt de procéder à quelque activité de prêt que ce soit. Le principe de leur gestion serait celui d&#8217;une couverture intégrale des dépôts en monnaie de base. Tous les dépôts seraient des dépôts à vue.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Les banques de prêts </em>assureraient comme aujourd&#8217;hui le négoce des promesses de payer, mais la règle de leur gestion, au contraire de ce qui est pratiqué aujourd&#8217;hui, serait que tout prêt d&#8217;un terme donné devrait être financé à partir d&#8217;un emprunt de terme au moins aussi long. Ainsi au lieu d&#8217;emprunter à court terme pour prêter à long terme, elles emprunteraient à long terme pour prêter à plus court terme. Elles devraient avoir l&#8217;obligation de publier la distribution des éléments de leurs actifs et de leurs passifs suivant leur maturité. Il serait interdit à ces banques de recevoir des sommes en dépôts à vue et d&#8217;effectuer des encaissements ou des paiements pour le compte de leurs clients.</p>
<p style="text-align:justify;">Ces dispositions s&#8217;appliqueraient intégralement aux filiales des banques étrangères •situées en France, non seulement pour les dépôts en francs, mais également pour tous les dépôts stipulés en monnaies étrangères.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans le cadre de ces principes, le contrôle de la gestion des établissements financiers serait bien plus aisé que le contrôle du système actuel de couverture fractionnaire.</p>
<p style="text-align:justify;">Tous les financements effectués actuellement par le système bancaire resteraient possibles, mais ils seraient assurés suivant des modalités différentes. En fait, l&#8217;intérêt des banques de prêts les amènerait à égaliser autant que possible leurs emprunts et leurs prêts d&#8217;un terme donné, condition en tout état de cause nécessaire pour la réalisation d&#8217;une situation d&#8217;efficacité maximale de l&#8217;économie.</p>
<p style="text-align:justify;">Naturellement l&#8217;ensemble du système bancaire ne pourrait assurer une couverture intégrale des dépôts à vue et de ceux des dépôts à terme qui jouent actuellement le rôle d&#8217;encaisses que si lors de la mise en application de la réforme du crédit, l&#8217;État, par l&#8217;intermédiaire de la Banque de France, accordait au secteur bancaire un prêt à long terme portant intérêt dont le montant global serait égal à l&#8217;excès de la masse monétaire sur la monnaie de base. Le taux d&#8217;intérêt pourrait être au départ relativement faible, mais il serait progressivement porté au niveau des taux d&#8217;intérêt correspondant aux obligations de premier ordre diminué de 2 % ( note : Les frais de fonctionnement des banques représentent environ 2 % du montant global des dépôts. On peut encore dire que la différence entre la moyenne des taux d&#8217;intérêt actifs (c&#8217;est-à-dire des taux d&#8217;intérêt reçus par les banques) et la moyenne des taux d&#8217;intérêt passifs (c&#8217;est-à-dire des taux d&#8217;intérêt payés par les banques) est de l&#8217;ordre de 2 %.)</p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi qu&#8217;il a déjà été indiqué, les ressources supplémentaires susceptibles d&#8217;être obtenues par la réforme proposée du crédit peuvent être estimées à au moins 3 % du revenu national &#8220;. Cette estimation à 3 % environ du revenu national des ressources supplémentaires permises par la réforme du crédit correspond à une hausse modérée des prix de 2 %. Si cette hausse était plus forte par exemple de 6 % par an, cette estimation devrait être majorée et portée de 3 % à 4,5 % environ.</p>
<p style="text-align:justify;">Enfin dans le cadre d&#8217;une telle réforme, il conviendrait de restituer au secteur privé toutes les activités des banques nationalisées (à l&#8217;exclusion naturellement de la Banque de France) ainsi que les fonctions de dépôt et de virement assurées actuellement par les Comptes courants postaux. De même le Conseil national du Crédit n&#8217;aurait plus d&#8217;autre utilité que de contrôler que les règles de fonctionnement des banques de dépôt et de prêt sont effectivement observées.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Avantages ou système proposé</strong><strong></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Une telle organisation permettrait la réalisation simultanée de six conditions tout à fait fondamentales :</p>
<p style="text-align:justify;">—L&#8217;impossibilité de toute création monétaire en dehors de celle de la monnaie de base.</p>
<p style="text-align:justify;">—La suppression de tout déséquilibre potentiel résultant du financement d&#8217;investissements à long terme à partir d&#8217;emprunts à court terme.</p>
<p style="text-align:justify;">—L&#8217;égalité approximative du montant global des investissements et des épargnes d&#8217;un terme donné pour les banques de prêts, et la facturation effective des coûts des opérations de garde et de transfert de fonds pour les banques de dépôt, conditions nécessaires d&#8217;efficacité pour l&#8217;économie.</p>
<p style="text-align:justify;">—L&#8217;expansion de la masse monétaire globale au taux souhaité par les autorités monétaires.</p>
<p style="text-align:justify;">—Le retour à la collectivité des gains provenant de la création monétaire et l&#8217;allégement en conséquence des impôts existants.</p>
<p style="text-align:justify;">—Un contrôle aisé par l&#8217;opinion publique et par le parlement de la politique monétaire et de ses implications.</p>
<p style="text-align:justify;">Tous ces avantages seraient essentiels. La profonde réforme que leur obtention implique se heurterait à de puissants intérêts et à des préjugés fortement enracinés. Mais, au regard des crises majeures que le système actuel du crédit ne cesse de susciter et que les autorités monétaires se révèlent incapables de maîtriser, elle apparaît comme une condition nécessaire de survie de l&#8217;économie décentralisée et efficace du monde occidental.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Les objections</strong><strong></strong></p>
<p style="text-align:justify;">De nombreuses objections ont été présentées à rencontre de cette réforme. Je me bornerai ici à discuter les plus importantes :</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Le système du crédit ne pourrait plus fonctionner</em></p>
<p style="text-align:justify;">Il est bien exact qu&#8217;il ne pourrait plus fonctionner comme maintenant, mais toutes les opérations actuellement effectuées par les banques resteraient possibles.</p>
<p style="text-align:justify;">Les paiements et encaissements continueraient à être effectués par les banques de dépôt pour le compte de leurs clients ainsi que la tenue de leurs comptes. La seule différence serait que ces services seraient facturés à leurs coûts véritables.</p>
<p style="text-align:justify;">Toutes les opérations de prêt qui se constatent aujourd&#8217;hui resteraient parfaitement possibles. Elles seraient assurées par les banques de prêt avec cette seule différence que ces banques emprunteraient à terme pour prêter à plus court terme.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Le système du crédit n&#8217;offrirait plus la même souplesse qu&#8217;aujourd&#8217;hui</em></p>
<p style="text-align:justify;">Tout dépend évidemment du sens que Ton donne au mot « souplesse <em>». </em>Si l&#8217;on entend par là le fonctionnement efficace du système bancaire, il resterait tout aussi efficace qu&#8217;aujourd&#8217;hui. Mais si l&#8217;on interprète ce terme comme la possibilité de créer <em>ex </em><em>nihilo </em>de la monnaie et du pouvoir d&#8217;achat au profit de certains et aux dépens des autres, alors il est bien certain que la « souplesse » actuelle disparaîtrait. Mais pour toutes les raisons qui ont été développées il paraît bien difficile de la considérer comme avantageuse pour la collectivité. En tout état de cause c&#8217;est là un des objectifs essentiels de la réforme suggérée que de la faire disparaître.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Les encaisses des entreprises et des particuliers seraient moins bien utilisées qu&#8217;actuellement</em></p>
<p style="text-align:justify;">Il est bien certain que le système actuel de couverture fractionnaire des dépôts permet une duplication des encaisses, duplication qui deviendrait totalement impossible avec le système proposé. En fait l&#8217;argument consistant à dire que le système du crédit permet de réaliser une économie d&#8217;encaisses était certainement valable au dix-neuvième siècle. A une époque en effet où la monnaie de base était fondamentalement constituée par des espèces métalliques, on pouvait valablement considérer comme raisonnable un système qui permettait d&#8217;effectuer plus de paiements avec moins d&#8217;encaisses métalliques. Mais aujourd&#8217;hui que la monnaie a été entièrement détachée de tout bien réel, c&#8217;est là un argument qui n&#8217;a plus de valeur.</p>
<p style="text-align:justify;">Il convient d&#8217;ailleurs de rappeler que si au dix-neuvième siècle le système de la couverture fractionnaire du crédit a effectivement permis une économie d&#8217;espèces métalliques, il a constamment conduit à une instabilité foncière et à des crises de grande ampleur qui ont gravement compromis le fonctionnement de l&#8217;économie toute entière.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Le système proposé élèverait les taux d&#8217;intérêt et rendrait impossible le financement du développement économique</em></p>
<p style="text-align:justify;">Tout d&#8217;abord en ce qui concerne les taux d&#8217;intérêt, la politique préconisée dans cet ouvrage, sur la base d&#8217;une hausse des prix modérée de 2 % et d&#8217;un accroissement de la production de 4 % environ, permettrait d&#8217;abaisser le taux d&#8217;intérêt nominal des obligations à long terme de premier rang à environ 5,5 % correspondant à un taux d&#8217;intérêt réel très modéré de 3,5 %.</p>
<p style="text-align:justify;">En second lieu si, comme il est suggéré ci-dessous, les nouveaux emprunts des sociétés industrielles étaient indexés, en principal et en intérêts, elles trouveraient pour des taux d&#8217;intérêt réels de l&#8217;ordre de 3 à 5 % tous les capitaux dont elles auraient besoin, dès lors que leurs investissements seraient effectivement rentables.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>La réforme du crédit aboutirait à pénaliser les bénéficiaires actuels du système du crédit</em></p>
<p style="text-align:justify;">On pourrait encore avancer que la réforme générale projetée pénaliserait particulièrement tous ceux qui bénéficient actuellement des avantages tirés de la création de pouvoir d&#8217;achat <em>ex nihilo </em>par le mécanisme du crédit, qu&#8217;il s&#8217;agisse des déposants qui sont affranchis pour une très large part du coût de la gestion de leurs comptes ou qui obtiennent une rémunération de leurs dépôts, ou qu&#8217;il s&#8217;agisse de tous ceux qui du fait de la structure actuelle du crédit peuvent effectivement emprunter à des conditions plus avantageuses. Il est hors de doute que les bénéficiaires du système de crédit verraient disparaître les profits dont ils bénéficient, mais on voit difficilement comment l&#8217;on pourrait défendre le maintien de tels privilèges. Il n&#8217;y a pas lieu de rendre gratuitement des services qui en tout état de cause ont un coût qu&#8217;il faut bien supporter. Si un déposant est affranchi des frais relatifs à la tenue de son compte, la banque doit les supporter. Dans la situation actuelle elle peut le faire, car elle bénéficie des profits correspondant à la création de monnaie par le mécanisme du crédit. Qui en supporte réellement le coût ? L&#8217;ensemble des consommateurs pénalisés par la hausse des prix entraînée par l&#8217;accroissement de la masse monétaire. Dans le cadre de la réforme proposée et pour une même augmentation de la masse monétaire ces consommateurs resteraient pénalisés par la même hausse des prix, mais ils recevraient par ailleurs une compensation, puisque les gains provenant de la création monétaire revenant totalement à la collectivité pourraient financer une diminution égale des impôts qu&#8217;ils supportent.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Le système proposé ne serait pas applicable s&#8217;il n&#8217;était pas adopté par les autres pays</em></p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est là un argument qui ne saurait être valablement soutenu dès lors que les filiales des banques étrangères situées en France seraient soumises aux mêmes obligations que les banques françaises. Pour l&#8217;essentiel en effet la réforme envisagée implique deux conséquences : la vérité des prix en ce qui concerne les coûts des opérations bancaires et les taux d&#8217;intérêt, le retour à l&#8217;État des profits résultant de la création de monnaie. Aucune d&#8217;elles n&#8217;implique l&#8217;application universelle de la réforme. En tout état de cause, c&#8217;est là un argument qui n&#8217;a jamais été avancé par les adversaires du plan de « 100%-Money» lors de sa discussion aux États-Unis.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Le plan de couverture intégrale des dépots</strong><strong></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Dans son principe le plan de couverture intégrale des dépôts n&#8217;est pas fondamentalement nouveau. A la suite de la spéculation intense et alimentée par le crédit qui a précédé la crise de 1929, et de la Grande Dépression qui a suivi, un certain nombre d&#8217;économistes américains de l&#8217;Université de Chicago <sup>,5</sup> ont préconisé en 1933 un système de couverture intégrale des dépôts à vue, système dit de « 100 % money » dans les pays anglo-saxons. Cette proposition a été reprise en 1935 par Irving Fisher qui lui a consacré un livre entier, <em>100 % Money, </em>où ses différents aspects y sont complètement discutés &#8220;. Après la guerre elle a été à nouveau défendue par différents auteurs dont Milton Friedman ( <em>Monetary and Fiscal Framework for Economie Stability, </em>1948) &#8220;. En France, l&#8217;idée a été soutenue par Pierre Cauboue <em>(Philosophie de la banque, </em>1937) &#8216;* et par l&#8217;auteur du présent ouvrage <em>{Économie et intérêt, </em>1947) &#8220;. L&#8217;argumentation essentielle en faveur de ce plan a été excellemment résumée par Irving Fisher :</p>
<p style="text-align:justify;"><em>« La proposition de &#8221; 100% money &#8221; — de porter le taux de couverture des dépôts à vue de </em><em>10%, ou à peu près, à 100% — peut apparaître étonnante à première vue. Mais c&#8217;est un fait </em><em>historique que, dans les premiers temps du système des dépôts bancaires, une couverture à </em><em>100% des dépôts en monnaie de base était exigée.</em><em></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>« Le fait de faire revivre maintenant l&#8217;ancien système de couverture intégrale des dépôts, avec </em><em>les réajustements impliqués par les conditions d&#8217;aujourd&#8217;hui, empêcherait effectivement l&#8217;inflation et la déflation monétaire suscitées par notre système actuel, c&#8217;est-à-dire stopperait effective</em><em>ment la création et la destruction irresponsables de monnaie par nos milliers de banques </em><em>commerciales qui agissent aujourd&#8217;hui comme autant d&#8217;instituts privés d&#8217;émission. Pour ces </em><em>raisons, et d&#8217;autres encore, un système de &#8221; 100% money &#8221; présenterait un grand avantage, </em><em>même pour les banquiers&#8230;</em><em></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>« Le plan est si simple qu&#8217;il peut être complètement exposé en quelques pages ; mais il affecterait </em><em>la structure bancaire d&#8217;aujourd&#8217;hui, si complexe, et ses relations avec les affaires, de tant de </em><em>manières que sa très grande simplicité et sa très grande portée soulèvent une multitude de ques</em><em>tions dans les esprits de ceux qui sont familiers avec le système actuel bien plus compliqué&#8230; </em><em>« L&#8217;essence du plan &#8220;100% money &#8221; est de rendre la monnaie indépendante des prêts, c&#8217;est-à-</em><em>dire de séparer le processus de création et de destruction de monnaie du processus de prêt aux </em><em>affaires. Un sous-produit tout à fait incident serait de rendre l&#8217;activité bancaire plus sûre et plus </em><em>profitable ; mais de loin le résultat le plus important serait de prévenir les grands &#8221; booms &#8221; des </em><em>affaires et les profondes dépressions en mettant fin aux inflations et aux déflations chroniques </em><em>qui ont toujours constitué la grande calamité de l&#8217;évolution économique de l&#8217;humanité et qui ont </em><em>été généralement suscitées par le système bancaire&#8230;</em><em></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>« Je suis arrivé à la conviction que ce plan, convenablement élaboré et appliqué, constitue </em><em>incomparablement la meilleure proposition qui ait jamais été faite pour résoudre, rapidement et </em><em>durablement, le problème des dépressions, car il supprimerait la principale cause à la fois des </em><em>&#8221; booms &#8221; et des dépressions, savoir l&#8217;instabilité des dépôts à vue, liés, comme ils le sont mainte</em><em>nant, aux prêts bancaires.»</em><em></em></p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, quelle que soit sa valeur, le plan de l&#8217;École de Chicago néglige complètement la monétisation de tous les actifs des banques et des intermédiaires financiers autres que ceux correspondants aux dépôts à vue et il ne saurait être considéré comme suffisant pour faire disparaître les défauts majeurs du système actuel du crédit.</p>
<p style="text-align:justify;">La conclusion essentielle de l&#8217;argumentation d&#8217;Irving Fisher, c&#8217;est la nécessité de séparer la création monétaire de l&#8217;activité de prêts. Cependant, la couverture intégrale des dépôts à vue ne saurait suffire pour assurer cette séparation et là se trouvait le défaut essentiel du plan de l&#8217;École de Chicago et d&#8217;Irving Fisher. Pour la réaliser il convient de dissocier complètement les deux activités de banques de dépôts et de  banques de prêts, ainsi qu&#8217;il a été indiqué. En fait, la répartition de l&#8217;activité bancaire actuelle entre deux sortes d&#8217;établissements tout à fait indépendants est une condition indispensable pour assurer une dissociation effective de la création monétaire et du négoce des promesses de payer.</p>
<p style="text-align:justify;">En tout état de cause, l&#8217;argumentation d&#8217;Irving Fisher se fondait pour l&#8217;essentiel sur la considération des fluctuations conjoncturelles. Ce n&#8217;est pas là le seul argument à considérer. Du point de vue de cet ouvrage la répartition des revenus représente un élément d&#8217;une importance majeure.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La création de monnaie de base</strong><strong></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le projet de réforme qui vient d&#8217;être analysé concerne uniquement la structure des activités bancaires de dépôts et de prêts. Mais l&#8217;attribution à l&#8217;État et à l&#8217;État seul, du droit de créer de la monnaie et d&#8217;en percevoir les avantages ne signifie pas que la poursuite des errements actuels de la politique monétaire de l&#8217;État soit souhaitable.</p>
<p style="text-align:justify;">Il serait en fait essentiel que la création de monnaie de base et son utilisation pour les dépenses de l&#8217;État soient soumises à un contrôle parlementaire effectif. La gestion des comptes courants postaux devrait être transférée aux banques de dépôt dont l&#8217;activité serait désormais limitée à l&#8217;exécution des encaissements et des paiements pour le compte de leurs clients. Les fonds drainés par les Caisses d&#8217;Épargne devraient être utilisés pour le financement d&#8217;investissements productifs de manière à assurer aux déposants une sécurité en valeur réelle. Dans tous ces domaines le principe général devrait être l&#8217;abandon des pratiques malsaines actuelles et la gestion des finances publiques dans des conditions de simplicité et de transparence rendant possible un contrôle efficace du parlement et de l&#8217;opinion publique. D&#8217;une manière générale la politique monétaire devrait faire l&#8217;objet d&#8217;une loi cadre définissant ses objectifs et ses conditions d&#8217;application sous le contrôle du parlement.</p>
<p style="text-align:justify;">Le volume de la monnaie de base devrait être augmenté chaque année à une allure régulière de manière à assurer une croissance du niveau moyen des prix de l&#8217;ordre de 2 % par an. A cet effet le taux d&#8217;accroissement de la monnaie de base pourrait être fixé chaque année par la loi à une valeur égale au taux d&#8217;accroissement du produit national brut réel majoré de 2%..</p>
<p style="text-align:justify;">Le sens de cette proposition est de fixer le rythme de la création de monnaie à un niveau suffisant pour permettre l&#8217;expansion en termes réels du produit national brut, ce niveau étant calculé avec une marge inflationniste modérée de 2 % par an. Cette disposition permettrait de ne jamais freiner l&#8217;expansion et d&#8217;assurer constamment une demande globale suffisante pour assurer l&#8217;écoulement effectif de la production à des prix lentement croissants .</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Vue d&#8217;ensemble</strong><strong></strong></p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;ensemble de l&#8217;analyse qui précède soulève trois ordres de questions :</p>
<p style="text-align:justify;">— Le fonctionnement actuel du mécanisme du crédit peut-il, ou non, être considéré comme satisfaisant? La distribution plus ou moins aveugle à une foule de parties prenantes des profits provenant de la création monétaire est-elle, ou non, justifiée ? Quelle est l&#8217;importance des profits ainsi distribués relativement au revenu national ?</p>
<p style="text-align:justify;">— Si l&#8217;on juge ce fonctionnement indésirable, quelle réforme conviendrait-il de mettre en place? Quelles ressources l&#8217;État pourrait-il ainsi s&#8217;assurer relativement au revenu national au regard de l&#8217;expansion monétaire considérée comme souhaitable ?</p>
<p style="text-align:justify;">— Une nouvelle organisation institutionnelle du crédit étant jugée désirable, comment envisager la transition de la situation actuelle à cette nouvelle organisation ?</p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est à ces questions qui, de toute façon, se posent à notre société, que j&#8217;ai tenté de donner des éléments de réponse. Si les mesures proposées étaient mises en œuvre, il n&#8217;y aurait plus d&#8217;inflation ni de récession notables ; il y aurait une croissance régulière du produit national brut réel, et cette croissance serait la croissance maximale compatible avec l&#8217;ensemble des autres données de l&#8217;économie. La masse monétaire serait toujours plus que suffisante pour permettre l&#8217;expansion du produit national brut réel, puisque son taux d&#8217;accroissement serait toujours supérieur de 2 % au taux de croissance du produit national brut réel. Il ne pourrait non plus y avoir d&#8217;inflation notable puisque l&#8217;accroissement de la masse monétaire ne dépasserait jamais plus de 2 % l&#8217;accroissement du produit national brut réel. Il y aurait une expansion régulière dans un régime en équilibre dynamique, la vitesse de circulation de la monnaie restant, dans de telles conditions, pratiquement constante.</p>
<p style="text-align:justify;">Non seulement les réformes proposées répondent à tous les enseignements que l&#8217;on peut dégager de tous les éléments connus de l&#8217;histoire monétaire au cours des derniers siècles, mais ces réformes constituent l&#8217;aboutissement naturel de toutes les analyses de la dynamique monétaire qui ont été effectuées dans ces cent dernières années. Elles ont pour objet essentiel d&#8217;assurer à la fois le plein emploi, la croissance, une stabilité modérée des prix et l&#8217;équité de la répartition des revenus. L&#8217;objectif fondamental de ces propositions est double. Il est tout d&#8217;abord d&#8217;assurer l&#8217;équité de la répartition des revenus. Il est en second lieu de régulariser la croissance économique en évitant tout aussi bien les « <em>surchauffes </em>» inflationnistes que les coups de frein déflationnistes qui en sont la conséquence inévitable et qui se succèdent périodiquement pour le plus grand dommage de l&#8217;économie.</p>
<p style="text-align:justify;">Je ne me dissimule en aucune façon le caractère révolutionnaire des propositions qui précèdent dans la mesure où elles aboutissent à dessaisir les grands organismes de crédit de la possibilité de créer de la monnaie scripturale, c&#8217;est-à-dire du droit de battre monnaie, et à réserver à l&#8217;État seul le droit de créer de la monnaie à une allure déterminée.</p>
<p style="text-align:justify;">Sans doute ces propositions ne peuvent que susciter l&#8217;opposition de puissants intérêts et aller à rencontre de nombreux préjugés, mais il est certain que les mécanismes actuels du crédit reposent sur des bases pour une très grande part irrationnelles, dont l&#8217;origine historique est tout à fait empirique, qui n&#8217;ont cessé de se révéler très dommageables, et qui n&#8217;ont jamais été pensées très sérieusement, sauf par une minorité d&#8217;économistes, et cela aussi bien en France que dans les autres pays d&#8217;Europe occidentale et aux États-Unis.</p>
<p style="text-align:justify;">Le principe essentiel du crédit et de la génération de la monnaie bancaire repose essentiellement sur la possibilité de prêter de l&#8217;argent qu&#8217;on ne possède pas ; c&#8217;est ce qui explique ses « miracles », et c&#8217;est ce qui en constitue à la fois l&#8217;irrésistible attrait et la très grande fragilité.</p>
<p style="text-align:justify;">Toutes les crises monétaires du dix-neuvième siècle ont dérivé de cette situation. La grande crise des années trente aux États-Unis a eu pour cause essentielle un accroissement incontrôlé et déraisonnable du crédit et de l&#8217;endettement sur des bases fragiles. Il en a été de même de toutes les crises monétaires de ces dernières années. La situation économique actuelle des États-Unis (si prospère qu&#8217;elle puisse apparaître, et si sage qu&#8217;ait été dans l&#8217;ensemble la politique monétaire américaine de ces dernières années, si on la compare à la politique monétaire française), est pour les mêmes raisons potentiellement instable. De même encore la prolifération des euro-dollars a mené l&#8217;ensemble du monde occidental à une situation extrêmement dangereuse. Pour la France l&#8217;inflation a été constamment alimentée et permise, sinon suscitée, par le mécanisme du crédit.</p>
<p style="text-align:justify;">En fait, si au cours du dix-neuvième siècle tant de crises financières sont survenues, et si au vingtième siècle tant de désordres monétaires se sont constatés et continuent d&#8217;être constatés, c&#8217;est qu&#8217;il doit y avoir à cela quelque raison. Cette raison, c&#8217;est que les hommes ont jusqu&#8217;ici insuffisamment réfléchi sur le rôle de la monnaie dans la vie de nos sociétés et sur les modalités suivant lesquelles la monnaie est créée au gré des contingences conjoncturelles et des intérêts particuliers, alors que cette création constitue certainement un des facteurs majeurs qui conditionnent leur vie économique et politique et qu&#8217;elle doit relever d&#8217;une politique consciente et rationnelle de l&#8217;État. Sur le plan national comme sur le plan international les principes fondamentaux sur lesquels repose le système monétaire doivent être entièrement repensés (<span style="text-decoration:underline;">Note</span> :  La réforme du système du crédit qui a été définie dans ce chapitre n&#8217;a naturellement rien de commun avec le projet de nationalisation du secteur bancaire du Programme Commun de gouvernement de l&#8217;Union de la Gauche. La réforme proposée ici a en effet pour objet d&#8217;attribuer à l&#8217;État et à l&#8217;État seul le privilège de la création de monnaie et les profits correspondants. Mais quant aux activités des banques de dépôts et de prêts telles qu&#8217;elles ont été définies elles seraient entièrement exercées par le secteur privé)</p>
<p style="text-align:justify;">________________________</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Note 1 </strong>: L&#8217;examen détaillé des mesures à prendre pour assurer la transition de la situation actuelle à la nouvelle organisation du crédit sort naturellement du cadre restreint de cet ouvrage. Les seules questions à résoudre sont des questions techniques qui ne soulèvent aucune difficulté de principe. Qu&#8217;il suffise ici d&#8217;en souligner les aspects essentiels.</p>
<p style="text-align:justify;">— La mise en place de la réforme suppose tout d&#8217;abord que toute banque qui actuellement a la double activité de dépôts et de prêts opte entre l&#8217;activité de banque de dépôts et l&#8217;activité de banque de prêts.</p>
<p style="text-align:justify;">—  Dés la date fixée comme départ de la réforme, les banques de prêts cesseraient toute activité de paiement ou d&#8217;encaissement pour le compte de leurs clients dont les dépôts seraient transférés dans les banques de dépôts de leur choix. A partir de la même date, les banques de dépôts continueraient de gérer les prêts antérieurement consentis, mais elles ne consentiraient aucun nouveau prêt.</p>
<p style="text-align:justify;">—  A cette même date, la Banque de France, agissant pour le compte du Trésor, consentirait à l&#8217;ensemble du secteur bancaire un prêt d&#8217;un montant global à l&#8217;excès de la masse monétaire M sur la monnaie de base B à cette date. Ce prêt serait réparti entre les banques de dépôts et de prêts de telle sorte de tous les dépôts à vue et tous les dépôts dont le terme est de moins de trois mois soient intégralement couverts par de la monnaie de base. Les dépôts à terme dont le délai d&#8217;échéance est de moins de trois mois seraient transformés en dépôts à vue.</p>
<p style="text-align:justify;">— Tous les dépôts à vue détenus par des banques de prêts seraient transférés avec leur contrepartie en monnaie de base dans des banques de dépôts au choix des clients.</p>
<p style="text-align:justify;">— Les avances effectuées par la Banque de France aux banques de dépôts pour leur permettre d&#8217;assurer la couverture intégrale de leurs dépôts en monnaie de base porteraient intérêt au bénéfice du Trésor, le taux d&#8217;intérêt étant progressivement élevé au taux des obligations de premier rang diminué de 2%.</p>
<p style="text-align:justify;">— A mesure que les prêts antérieurement consentis à leurs clients par les banques de dépôts leur seraient remboursés par leurs clients, elles en reverseraient les montants à la Banque de France en remboursement des avances reçues de sa part. La Banque de France serait ainsi en mesure de les reprêter à long terme aux banques de prêts de manière à ce qu&#8217;elles puissent faire face à toute les nouvelles demandes d&#8217;emprunts à court, à moyen et à long terme.</p>
<p style="text-align:justify;">— Au total on voit ainsi que par de simples transferts de banques à banques on passerait dans un délai relativement bref à une situation où la totalité des dépôts serait gérée par les banques de dépôts avec une couverture intégrale de leurs dépôts en monnaie de base et où la totalité des prêts serait gérée par les banques de prêts.</p>
<p style="text-align:justify;">Lorsque tous les prêts antérieurement consentis par les banques de dépôts et les banques de prêts leur auraient été remboursés par leurs clients, le passif de l&#8217;ensemble des banques de dépôts serait égal au montant global des dépôts à vue et il serait compensé à l&#8217;actif par un montant égal en monnaie de base (billets et pièces, et dépôts à la Banque de France) correspondant aux dépôts de leurs clients. Le passif des banques de prêts serait constitué par les emprunts qu&#8217;elles auraient fait soit à la Banque de France, soit au public ; leur actif serait constitué par les créances correspondant aux prêts qu&#8217;elles auraient consenti <em>à des termes plus courts </em>à leurs clients.</p>
<p style="text-align:justify;">_______________</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Note 2:</strong> Le taux d&#8217;augmentation de la monnaie de base pourrait être fixé chaque trimestre, sa valeur étant égale au taux d&#8217;augmentation du produit national brut réel le trimestre précédent majoré de 0,25 %.</p>
<p style="text-align:justify;">Comme je l&#8217;indiquais en 1967, cette proposition est analogue à celle de Milton Friedman, qui propose de fixer le taux d&#8217;expansion de la masse monétaire à 4 % par an (A Program for Moneta-ry Stability, pp. 90 et 100). Mais en fixant le taux d&#8217;accroissement de la masse monétaire à une valeur indépendante du taux d&#8217;accroissement du volume de la production Milton Friedman introduit une rigidité peu désirable.</p>
<p style="text-align:justify;">Milton Friedman a montré de manière convaincante que dans la plupart des cas les interventions des autorités monétaires américaines ont joué à contresens (voir son très intéressant ouvrage : A Monetary History of the United States, 1867-1960, National Bureau of Economie Research, 1963). La même démonstration pourrait sans doute être faite en ce qui concerne l&#8217;action des autorités monétaires françaises au cours du dernier siècle.</p>
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		<item>
		<title>Ch. Gomez: &#8220;faut-il interdire les délocalisations ?&#8221;</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Oct 2010 07:40:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>C.E.C.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles d&#039;analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Gomez]]></category>
		<category><![CDATA[Mondialisation]]></category>
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		<description><![CDATA[UNE THÉORIE CORRECTE, UNE APPLICATION ERRONÉE Réponse à l’article de Jean Imbs : « faut-il interdire les délocalisations ? » Le Professeur Imbs (Le Temps du 14 février) nous a délivré un trés intéressant plaidoyer en faveur de ce qu’on appelle aujourd’hui le Mondialisme, justifiant théoriquement les développements économiques actuels et nous promettant des lendemains radieux « dans le long [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=osonsallais.wordpress.com&amp;blog=10948182&amp;post=194&amp;subd=osonsallais&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>UNE THÉORIE CORRECTE, UNE APPLICATION ERRONÉE</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><em> Réponse à l’article de Jean Imbs : « faut-il interdire les délocalisations ? »</em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le Professeur Imbs (Le Temps du 14 février) nous a délivré un trés intéressant plaidoyer en faveur de ce qu’on appelle aujourd’hui le Mondialisme, justifiant théoriquement les développements économiques actuels et nous promettant des lendemains radieux « dans le long terme », c’est à dire, dans le langage des économistes, dans un avenir difficile a préciser, compris entre 2 jours et plusieurs décennies&#8230;&#8230;Pour ce faire, la théorie ricardienne des coûts comparatifs est largement mise à contribution, sous l’autorité du grand <strong>Samuelson</strong>, ce qui peut donner aux lecteurs non avertis  l’impression que le débat est tranché sur le plan scientifique et qu’ils n’ont qu’à s’incliner devant les arguments de la <strong>S</strong>cience et de l’idéologie dominante réunies. Aussi mon propos est-il  de tempérer le propos en arguant que si la théorie mentionnée est correcte en soi, elle l’est dans les limites de ses hypothèses. Or, aucune de celles-ci n’est réalisée dans le monde actuel. Dès lors, son application erronéee peut avoir des conséquences dramatiques dans un contexte marqué par l’émergence de pays gigantesques ( le tiers de l’Humanite), disposant « d’armées industrielles de réserve » immenses et ayant des <strong>capacités technologiques incontestées </strong>(Chine, Inde&#8230;)<strong>.</strong> Personnellement, j’utiliserai aussi un des plus grands économistes de ce temps (<strong>Maurice Allais</strong>, <strong>Prix Nobel 1988</strong>), pourtant réputé comme un grand esprit libéral, qui a fait de ce combat contre le « laisser-fairisme » un des derniers grands combats de sa vie. Le problème ici n’est pas de prendre partie, mais d’évaluer les problèmes et les risques des évolutions actuelles.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Théorie correcte, la démonstration de la théorie des coûts comparatifs supposent des conditions d’application très restrictives qui n’ont rien à voir avec les conditions d’aujourd’hui.</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong><span id="more-194"></span><br />
</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align:justify;">La théorie des coûts comparatifs, telle qu’exposée par Ricardo, est abondamment illustrée dans l’article du Prof. Imbs. Elle revient à démontrer que, même si une économie A est plus efficiente en tous produits qu’une économie B, un surplus global ( accroissement de revenu) peut etre créé si chaque pays accepte l’échange international et se spécialise dans les produits où il est <strong>relativement </strong>le plus <strong> </strong>fort ( pays A), ou <strong>relativement</strong> le moins faible (pays B). Si A est  4 fois plus efficient que B <strong>en moyenne, </strong>A se spécialisera dans les productions ou son rapport d’efficience relativement à B est supérieur à 4,  B se spécialisant dans toutes celles où le rapport est inférieur à ce niveau. Dans une version ultérieure plus sophistiquée de la théorie, présentée par les grands économistes suédois Ecksher et Ohlin, il est démontré que, derrière les avantages comparatifs, tels que définis par Ricardo, il y a des quantités relatives de facteurs (capital,travail, terre) et que chaque pays exporte en fait les produits qui contiennent relativement le plus de facteurs dans lesquels il est relativement le plus riche (des facteurs donc relativement moins chers chez lui) et importe des produits contenant relativement plus de facteurs dans lesquels il est relativement le plus déficient (donc relativement plus chers chez lui).  Derrière les produits, ce sont donc des quantités de facteurs qui s’échangent et cela n’est pas sans effets sur la répartition des revenus dans les deux pays : Si A, par exemple, est relativement riche en facteur Capital et pauvre en facteur Travail, l’échange international revient pour lui à ‘importer’ du travail via des produits a ‘haute intensité’-main d’oeuvre et à ‘exporter’ du capital via des produits riches dans ce facteur, ce qui va tendre, toutes choses égales par ailleurs ( à revenu global constant), à abaisser le prix du travail et à augmenter le prix du capital en A. La réciproque est bien sur vrai pour B.</p>
<p style="text-align:justify;">La démonstration semble impeccable. Alors, où sont les problemes ?  Ils résident en fait dans les hypothèses mêmes du modèle quand on les confronte à la réalite et dans les déductions totalement erronées qui sont tirées des enseignements de ce modèle.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Premier problème : que représentent les taux de change aujourd’hui ?</strong></p>
<p style="text-align:justify;">La théorie des coûts comparatifs suppose que les balances commerciales sont équilibrées en moyenne et que le taux de change (1) s’ajuste de telle manière que les rapports des rémunérations salariales au taux de change en vigueur reflètent le rapport des productivités moyennes et (2) égalise les niveaux moyens des prix nationaux ( par exemple, si la productivité moyenne du pays A est 4 fois celle du pays A, les charges salariales par employé de B dans la monnaie du pays A devraient être en moyenne 4 fois inférieures). Qui peut prétendre que nous sommes dans une telle situation aujourd’hui ? Quel économiste serait assez naïf pour fonder ses prévisions de taux de change sur les PPA (Parités de Pouvoir d’Achat) ? Les changes sont soumis a des flots spéculatifs qui font chaque jour plusieurs centaines de fois le volume nécessaire aux transactions commerciales et ils peuvent varier dans des proportions énormes dans des laps de temps trés courts. Certains pays, parmi les plus importants aujourd’hui, comme la Chine ou le Japon, contrôlent leurs monnaies et l’utilisent sans vergogne pour gérer leurs problèmes internes par du dumping monétaire. En l’absence d’un système monétaire international digne de ce nom, parler de l’application de la théorie des coûts comparés parait un tantinet surréaliste.</p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Second problème : le modèle ne prévoit pas l’investissement exterieur&#8230;&#8230;.</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align:justify;">En supposant même que les taux de changes soient dans la situation d’équilibre postulée par la théorie, que se passe-t-il si on introduit l’investissement extérieur, c’est a dire la mobilité du capital ? La théorie l’exclut puisque, comme on l’a vu, c’est par l’échange de produits finis  que les pays compensent leurs déficiences relatives en facteurs de production. C’est bien sûr un point capital dans un monde où les flux d’épargne et de crédit sont totalement libres. Or, cela change radicalement le modèle. Si, dans notre exemple, le pays B peut mettre en oeuvre le capital investi sur son territoire par des entrepreneurs du pays A avec la même efficience  (ou même plus, en raison de lois sociales moins contraignantes ou inexistantes) que dans le pays A, pour des salaires 4 fois inférieurs, alors même les industries réputées compétitives ( du strict point de vue de la théorie des coûts comparatifs ) du pays A , vont nécessairement se trouver déstabilisées. En fait, dans un environnement caractérisé par des coûts de communication pratiquement nuls et des coûts de transports réduits, il est probable que le pays A gardera, au moins dans un premier temps, les services administratifs et la recherche, tandis que seront délocalisées progressivement toutes les autres fonctions productives de l’entreprise.  La presse se fait l’echo tous les jours de processus de ce type, et cela maintenant va toucher un nombre de plus en important de types d’emplois tertiaires ( informatique, Back-office&#8230;.), le seul obstacle rencontré étant finalement la barrière linguistique&#8230;&#8230; Et, comme les « arméees industrielles de réserve » dans les pays de type B sont presque sans limites, les salaires des pays d’accueil mettront « beaucoup » de temps (euphémisme) à s’élever. Le processus de délocalisations peut donc durer longtemps et creuser trés profond dans le tissu économique des pays a hauts salaires de type A&#8230;&#8230;.</p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Troisième Problème : les coûts de transition ne sont pas pris en compte</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align:justify;">Dans tout mouvement de ce type, les coûts de transition sont considérables : des travailleurs des pays industrialisés sont  mis au chomage, avec des espoirs nuls souvent de reclassement et donc à la charge de la collectivité pour de longues périodes ( aux coûts monétaires s’ajoutent donc des coûts psychologiques),  des investissements passés sont envoyés à la casse, des savoir-faire entretenus pendant des décennies sont irrémédiablement perdus, des régions entières   sont dévastées, la croissance même, au niveau global, est cassée ,sans compter les autres « externalités » liées aux conséquences sociales de ces changements ( cf point suivant). En face de cela , « où est la monnaie de cette politique » ? Où sont les avantages, en termes d’augmentation du bien-être de la population, qui est le but ultime, il ne faut pas l’oublier, de tous ces remue-ménages ?  Là, les réponses deviennent évasives&#8230;L’on nous parle essentiellement de prix relatifs des biens de consommation moins élevés, en oubliant bien sûr que les consommateurs sont les mêmes gens qui produisent ( et donc supportent baisses de revenus, chômage et incertitude) et paient leurs impôts (et donc le coût des « externalités »). On attend toujours de la part des « laisser-fairistes » un véritable bilan en valeur actuelle comparant les coûts d’aujourd’hui et les gains ‘estimés’ de demain. Il est probable que la plupart ne se sont même pas posé la question, puisque le dogme leur donnait déjà la réponse. Ceux, probablement les sceptiques, qui ont essayé d’y regarder de plus près arrivent à des conclusions plûtot mitigées. Comme le dit Allais : «<em>ce que montrent a la fois l’observation et l’analyse théorique ,c’est que les avantages obtenus dans le commerce international résultent bien plus de l’amélioration des productivités sous la pression de la concurrence sur les marchés que de la réalisation des surplus correspondant à des avantages comparatifs. Ces derniers sont en général tout a fait surestimés » (Allais,1997, p160)</em></p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Quatrième problème : Les conséquences sociales sont totalement sous-estimées</strong></p>
<p style="text-align:justify;">En fait, derrière ces évolutions, se cache un fantastique bouleversement dans la répartition des revenus. Les travailleurs non qualifiés ( mais le niveau de qualification menacé s’élève tous les jours&#8230;)  de nos pays industrialisés sont désormais toujours trop chers&#8230;.Dans les pays où les salaires sont relativement flexibles (USA), on voit d’une manière palpable la dégradation relative (graphique 2). Dans la plupart des pays, cela se traduit par le sous-emploi (apparent et caché par le traitement social de l’emploi), l’apparition des « working poors », misérable population de travailleurs précaires, la stagnation des salaires pour la plus grande partie de la population, ceux-ci décrochant complètement de l’évolution de la productivité (graphique 1)&#8230;.Bien entendu, comme les revenus nationaux augmentent quand même, cela veut dire qu’il y a des gagnants, mais je laisse le soin à chacun de les identifier&#8230;&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;</p>
</div>
<div style="text-align:justify;">
<p><strong>Revenu des ménages et productivité aux Etats-Unis 1947-2003</strong></p>
<p style="text-align:center;"><strong>(Revenu familial median)</strong></p>
</div>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://osonsallais.files.wordpress.com/2010/10/gomez1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-196" title="gomez1" src="http://osonsallais.files.wordpress.com/2010/10/gomez1.jpg?w=450&#038;h=306" alt="" width="450" height="306" /></a></p>
<div style="text-align:justify;"></div>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://osonsallais.files.wordpress.com/2010/10/gomez2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-197" title="gomez2" src="http://osonsallais.files.wordpress.com/2010/10/gomez2.jpg?w=450&#038;h=445" alt="" width="450" height="445" /></a></p>
<div style="text-align:justify;"></div>
<div style="text-align:justify;"></div>
<p style="text-align:justify;">En fait, en citant Samuelson, le Professeur Imbs aurait dû aussi mentionner le fameux théorème de ce dernier sur « la tendance à l’égalisation des revenus des facteurs au plan international en situation de concurrence pure et parfaite ». En gros, cela revient a démontrer, entre autres, que les salaires des employés des pays industrialisés en concurrence avec ceux, par exemple, de Chine ou d’Inde, verront leurs salaires s’aligner sur les salaires de ces derniers&#8230;..qui devraient tout de même un peu augmenter&#8230;.. C’est pourquoi que, lorsque les supporters du « laisser-fairisme » intégral parlent de « s’adapter », c’est toujours de réductions de coûts salariaux qu’il s’agit. Le problème, c’est qu’ils ne disent jamais de combien il faudrait abaisser les salaires pour retrouver « l’équilibre »&#8230;&#8230;&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Cinquième Problème : Il y a des « spécialisations » meilleures que d’autres&#8230;.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">A lire le  Professeur Imbs, on a l’impression que, certes, il peut y avoir des problèmes « temporaires », mais que finalement tout le monde gagne <strong>nécessairement</strong> au  « laisser-fairisme ». C’est faire preuve, pour le moins, d’un optimisme très exagéré. On a déjà vu ce qu’il fallait en penser au plan des differentes catégories d’employés. Mais, même au niveau des pays et des groupes de pays, la réponse n’est pas évidente. En statique ( répartition  du gain global déjà créé ou à créer par une spécialisation), Stuart Mill ( au XIXème siecle !) avait deja noté le problème en signalant que toutes les spécialisations n’étaient pas identiques du point de vue de la répartition des gains de l’échange, certains pays pouvant gagner, d’autres non, en fonction de la nature des produits dans lesquels ils se spécialisaient (cela dépendait des élasticités-prix plus ou moins forte de la demande internationale). En dynamique, on peut se demander si toutes les spécialisations sont bonnes à prendre quand il s’agit de conserver sa capacité de croissance à long terme et ses aptitudes à l’innovation, de sauvegarder son indépendance, ne serait-ce qu’alimentaire, ou son environnement, et son pouvoir de choisir son avenir. La réponse est clairement non. En fait, une des hypothèses majeures de la théorie des coûts comparatifs, souvent peu explicitée, est que les avantages doivent etre permanents pour justifier la spécialisation. Ce qui est rarement le cas. En dehors des ressources naturelles ou des avantages climatiques, rien n’est permanent. Tout peut évoluer. Et il n’y a aucune grande réussite economique de l’Avant et de l’Après-guerre  qui ne se soit appuyée sur un refus des spécialisations spontanées et sur une <strong>construction </strong>des avantages comparatifs.</p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Sixieme problème : Le « laisser-fairisme » n’est pas synonime « d’allocation optimale des ressources »</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align:justify;">Dans le discours dominant, c’est l’argument ultime : Etre pour ou contre cette fameuse « allocation optimale », tel serait le dilemme. Et avec ce corrollaire : Laisser faire le Marché et tout ira pour le mieux&#8230;.Là aussi, c’est la plus grande confusion qui règne. Il vaut donc mieux laisser parler les experts et, a priori, celui qui a recu un Prix Nobel précisément sur ces sujets, Maurice Allais : « <em>cette proposition repose essentiellement sur la confusion de deux concepts : le concept d’efficacité maximale de l’économie et le concept d’une répartition optimale des revenus&#8230;En fait, il n’y a pas <strong>une </strong>situation d’efficacité maximale, mais une <strong>infinité</strong> de telles situations. La théorie économique permet de définir sans ambiguité les conditions d’une efficacité maximale , c’est à dire d’une situation sur la frontière entre les situations possibles et les situations impossibles. Par contre, elle ne permet pas de définir parmi toutes les situations d’efficacité maximale, celle qui doit etre considére comme préférable. Ce choix ne peut être effectué qu’en fonction de considérations éthiques et politiques relatives â la répartition des revenus et à l’organisation de la société. »(Allais, 2002,p77) </em></p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align:center;">*                     *                         *</p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi, il doit apparaitre en toute clarté qu’il n’y a aucune nécessité « théorique » à accepter le discours dominant et que rien, absolument rien ne garantit un avenir radieux et une confiance béate dans je ne sais quelle « main invisible » (le fameux « marché ») qui conduirait de manière inéluctable notre destin. Le mérite de l’ intéressant article du Professeur Imbs est de lancer le débat à un bon niveau. Il est temps qu’il ait lieu réellement devant l’opinion publique, jusqu’ici abreuvée de pseudo-arguments « scientifiques », de propos lénifiants et de jugements définitifs sans valeur réelle, alors que ce qui est remis en question , souvent de la manière la plus directe et la plus brutale, c’est notre avenir même et surtout celui de nos enfants. Abraham Lincoln disait : « <em>On peut tromper tout le monde quelque temps ou quelques uns tout le temps, mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps »</em> . Comme les conséquences des dérives actuelles sont inévitables si rien n’est fait pour en modifier le cours, la vérité éclatera nécessairement et nul ne peut prédire ce qui arrivera alors. Il ne s’agit pas de prôner un repliement frileux sur nos terroirs. Mais, entre une autarcie irréalisable et peu recommandable et un « laisser-fairisme » échevelée et naif, qui met nos peuples à genoux, il y a peut-être une voie pour un libre-échange pensée et organisée. A  ma connaissance, les vrais libéraux n’ont jamais été des partisans de la « loi de la Jungle ».</p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Christian GOMEZ</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>[Docteur d’Etat en Economie, CG est aujourd’hui en charge des activités en Suisse- hors Banque Privée- d’une grande banque internationale. Ayant débuté sa carrière dans l’enseignement et la recherche en France, sous la Direction de Maurice Allais, il a eu par la suite une longue carrière bancaire internationale en France, Asie ( Japon et Asie-hors Japon) et Grande-Bretagne dans les marchés de capitaux et la Banque d’investissement] </em></p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Note : pour en savoir plus sur Maurice Allais</em></p>
<ul>
<li style="text-align:justify;"><em>Combats pour l&#8217;Europe, 1992-1994, Clément Juglar, Ed, 1997</em></li>
<li style="text-align:justify;"><em>Combats pour l&#8217;Europe 1995-2002, Clément Juglar, Ed, 2002</em></li>
<li style="text-align:justify;"><em>La Crise Mondiale d&#8217;Aujourd&#8217;hui, Clément Juglar, Ed, 1999</em></li>
<li style="text-align:justify;"><em>La mondialisation, le destruction d&#8217;emplois et de la croissance: L&#8217;évidence empirique, Clément Juglar, Ed, 2003 </em></li>
</ul>
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